Prix de l’or : une hausse qui interpelle
Des bijoux en or © depositphotos
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L’or est depuis longtemps considéré comme un refuge sûr face aux incertitudes économiques et géopolitiques. Son prix est historiquement sensible à plusieurs facteurs, tels que la stabilité politique mondiale, le taux d’inflation et les variations des devises. Mais récemment au Maroc, la flambée des prix de l’or est encore plus marquée, avec des écarts significatifs par rapport aux prix internationaux.
Dans un contexte de pénurie de matière première et de pression accrue sur les marchés locaux, le métal précieux atteint des sommets inédits. Les bijoutiers et les consommateurs marocains doivent composer avec une situation complexe, caractérisée par des coûts en hausse et une demande toujours soutenue.
Comment expliquer cette hausse des prix ?
La situation est encore plus complexe. Interrogé par LeBrief, Abdelkarim Chakiri, bijoutier à Casablanca, a précisé que le prix du gramme d’or dans le Royaume s’élève actuellement à 750 DH, un montant nettement supérieur au prix international de 650 DH. Ce décalage de prix, selon lui, s’explique par une «pénurie de matière première» qui se fait durement ressentir dans les ateliers et boutiques de bijoux à travers le pays. Cette rareté du métal amplifie la hausse des prix, rendant l’or encore plus cher pour les consommateurs marocains.
Autre raison de cette hausse du prix : la présence d’un monopole sur le marché intérieur, empêchant les prix locaux de suivre directement les cours internationaux. Cette situation de monopole freine la concurrence et limite l’accès à des prix plus compétitifs pour les acheteurs. Ainsi, même si le marché mondial affiche une baisse ou une stabilisation des prix, les tarifs au Maroc peuvent rester élevés, affectés par ces dynamiques locales.
Cependant, malgré ces prix élevés, la demande pour l’or reste soutenue. Abdelkarim Chakiri constate que les Marocains, face aux incertitudes économiques mondiales, adoptent une nouvelle mentalité d’investissement. «Les femmes marocaines préfèrent aujourd’hui investir dans l’or et le revendre plus tard en cas de besoin, plutôt que d’acheter des futilités», explique-t-il. Cette tendance démontre un changement dans les habitudes de consommation, où l’accent est mis sur l’épargne et la sécurité financière à long terme.
En parallèle, certains modèles spécifiques, tels que les Louis d’or, connaissent une popularité grandissante, malgré des prix pouvant atteindre 900 à 1.000 DH le gramme, voire plus. Ces pièces, souvent associées à un héritage familial ou à des valeurs historiques, sont très recherchées, ce qui renforce encore plus leur prix sur le marché.
Enfin, selon l’Association nationale des bijoutiers, les prévisions pour l’avenir sont inquiétantes : les prix de l’or pourraient encore augmenter. Certains professionnels estiment que le gramme d’or en bijouterie pourrait dépasser les 1.000 DH d’ici à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine.
Cette anticipation reflète les incertitudes économiques globales et les contraintes locales qui pèsent sur le marché de l’or au Maroc. Les acteurs du secteur s’attendent donc à une demande continue, poussée par la volonté des investisseurs de sécuriser leur épargne contre les fluctuations économiques.
Les syndicats du BPO de France, du Maroc et de Tunisie se réunissent le 21 juin à Casablanca pour débattre de l’IA, de l’emploi et des nouvelles contraintes réglementaires.
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