PLF 2025 : impôt sur le revenu, à quels changements s’attendre ?

Avatar de Farah Nadifi

Temps de lecture :

DGI: 1er avril, dernier délai de déclaration du chiffre d'affairesPhoto illustration. DR

A
A
A
A
A

Dans le cadre de son projet de loi de finances (PLF) au titre de l’année 2025, le gouvernement affiche sa volonté de poursuivre la réforme fiscale. Celle-ci s’aligne sur les recommandations formulées lors des Assises de la fiscalité, qui se sont tenues en mai 2019 à Skhirat. Détails.

Cette réforme s’inscrit dans une démarche visant à optimiser le système fiscal du pays, tout en favorisant l’augmentation du pouvoir d’achat des citoyens.

Au cœur de cette réforme, l’impôt sur le revenu (IR) fait l’objet d’une révision significative. Selon Mohamed Rahj, professeur à l’Université et consultant expert des questions en fiscalité, l’objectif principal de ce projet est de «rehausser le salaire net des employés sans accroître la charge des employeurs». Cette ambition s’articule autour de la restructuration du barème de l’IR, qui se compose désormais de six tranches.

Un barème restructuré en six tranches

Le nouveau barème proposé pour le budget 2025 concerne l’ensemble des employés, qu’ils soient du secteur privé, fonctionnaires ou retraités. Les modifications essentielles, présentées dans l’article 8 du PLF et l’article 73 du Code général des impôts (CGI), sont les suivantes (revenus nets annuels pour l’employé) :

  • Tranche exonérée : les revenus ne dépassant pas 40.000 dirhams sont exonérés d’impôt.
  • Taux de 10% : s’applique aux revenus compris entre 40.001 et 60.000 dirhams.
  • Taux de 20% : s’applique à la tranche de 60.001 à 80.000 dirhams.
  • Taux de 30% : s’applique aux revenus entre 80.001 et 100.000 dirhams.
  • Taux de 34% : applicable pour les revenus de 100.001 à 180.000 dirhams.
  • Taux de 37% : ce taux s’applique sur le surplus (au-delà de 180.000 dirhams), représentant une baisse d’un point par rapport à l’ancien barème.

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) plaide pour un abaissement supplémentaire à 35%.

L’augmentation de la première tranche de revenu exonéré, passant de 30.000 à 40.000 dirhams (nets), permet désormais d’exonérer tous les salaires mensuels inférieurs à 6.000 dirhams (bruts). Parallèlement, la révision des autres tranches vise à élargir leur champ d’application tout en réduisant les taux d’imposition, entraînant ainsi une diminution de ces derniers allant jusqu’à 50%.

Mohamed Rahj souligne que ces ajustements ont été possibles grâce à des simulations rigoureuses, qui ont assuré la viabilité des revenus de l’État issus de l’IR, représentant environ 52% des recettes fiscales.

Lire aussi : Grands axes du PLF 2025 : santé, éducation et emploi au premier plan

Des perspectives encourageantes

Historiquement, au Maroc, la fonction de l’impôt sur le revenu a été principalement financière, se traduisant par la nécessité de maintenir une trésorerie positive. Toutefois, cette réforme envisage une diversification des fonctions de l’impôt.

Sur le plan économique, elle pourrait inciter à l’investissement, par exemple via des exonérations fiscales liées à l’implantation dans des zones nécessitant un développement. Sur le plan social, l’impôt pourrait se transformer en un outil de redistribution des richesses, contribuant ainsi à réduire les inégalités.

En matière de déductions fiscales, la question des charges de famille a également été révisée. La déduction annuelle, qui était de 30 dirhams par personne à charge, est désormais portée à 40 dirhams. Cette déduction, qui concerne les personnes à charge au sein du foyer, requiert une collaboration entre l’employeur et l’employé. L’employeur devra déclarer les nouvelles situations familiales, tandis que l’employé sera tenu de fournir les justificatifs nécessaires.

Concernant les auto-entrepreneurs, aucun changement n’est prévu depuis l’ajustement de 2023. Les revenus générés par un même client au-delà de 80 000 dirhams sont soumis à une imposition de 30%, en lieu et place du taux antérieur de 31%.

Pour conclure, Mohamed Rahj évoque les perspectives encourageantes de cette réforme, en mettant en lumière la feuille de route gouvernementale contre le chômage, dont la publication est imminente. Cette initiative pourrait, en effet, élargir le nombre de contribuables soumis à l’impôt sur le revenu en 2025, renforçant ainsi le cadre fiscal national tout en contribuant au dynamisme économique du pays.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
FNACAM : de nouvelles mutations qui redessinent le terrain des assurances

Philippe Rocard décrypte les mutations de l’assurance, entre financiarisation, climat, IA, numérique et émergence de nouvelles solutions de couverture.

Mouna Aghlal - 8 octobre 2026
Royal Air Maroc et Boeing signent un partenariat pour rénover sept B787-8

La RAM et Boeing ont signé à Marrakech une convention pour rénover les cabines de sept B787-8 et renforcer le confort des passagers avant les grands rendez-vous.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
IMC 2026 : comment rendre l’exploitation minière africaine plus responsable grâce à l’ESG ?

L’IMC 2026 met l’ESG au cœur de la gouvernance minière africaine, entre performance environnementale, acceptabilité sociale, partage de la valeur et rôle des communautés.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
Port Dakhla Atlantique : un chantier achevé à 65%

Le chantier du port Dakhla Atlantique a atteint environ 65% d’avancement, avec une mise en service prévue en 2029.

Rédaction LeBrief - 8 octobre 2026
L’aéronautique marocaine vise 5 milliards de dollars d’exportations

La filière aéronautique marocaine pourrait atteindre cinq milliards de dollars d’exportations d’ici 2026, selon son groupement professionnel. Détails.

Rédaction LeBrief - 8 octobre 2026
Paiement par carte : BAM abaisse la commission à 0,5%

Bank Al-Maghrib abaisse à 0,5% le plafond des commissions sur les paiements par carte au Maroc, avec un taux réduit pour les commerces de proximité.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Carburants : augmentations des prix à partir du 30 mars 2026 à minuit

Économie - Cette augmentation devrait impacter le budget des usagers, notamment les automobilistes et les professionnels du transport.

El Mehdi El Azhary - 28 mars 2026
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire