Pêche et aquaculture : le Conseil national met en avant ses résultats et ses priorités pour 2026
Lors de la réunion du Conseil national de la pêche et aquaculture, 05 février 2026, Rabat © LeBrief
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Selon le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture, ces actions traduisent « une stratégie intégrée visant à concilier préservation des ressources halieutiques et création de valeur socio-économique au niveau territorial ».
Parmi les initiatives majeures figure le projet de domestication du barbeau bleu, développé dans le cadre du programme « Ghabati Hayati », financé par l’Agence française de développement (AFD) et appuyé techniquement par Expertise France.
Ce programme vise à développer un protocole scientifique permettant la reproduction contrôlée de cette espèce afin de soutenir les opérations de repeuplement et la restauration durable des populations naturelles.
Selon le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture, « la domestication des espèces autochtones constitue un levier stratégique pour renforcer la résilience des écosystèmes aquatiques et sécuriser les programmes de repeuplement ».
En 2025, plusieurs missions d’échanges scientifiques ont été organisées entre les équipes nationales et l’INRAE en France, permettant la réalisation d’investigations préliminaires et la collecte de données scientifiques nécessaires à l’élaboration du protocole de domestication.
Pêche sportive : 51 sites classés et plus de 2.400 permis délivrés
La pêche sportive continue également de progresser, portée par la promotion de la pêche écologique et du concept « No Kill ». Au total, 51 sites de pêche sportive classés sont actuellement opérationnels, tandis que 2.453 permis de pêche ont été délivrés toutes catégories confondues durant la saison.
« Le développement de la pêche sportive écologique contribue à la fois à la préservation des ressources et à la diversification de l’offre touristique rurale », souligne le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture.
Dans ce cadre, une convention de partenariat a été signée avec la Fédération marocaine de la pêche écologique (FMPE), donnant lieu à plusieurs initiatives, dont l’organisation d’un événement de promotion à Essaouira en novembre 2025 et la mise en œuvre d’actions de formation destinées aux associations de pêche.
Des projets d’aménagement de parcours de « rando fishing » sont également en cours au niveau du cours d’eau Fellat ainsi que des lacs Aguelmam Sidi Ali et Tiguelmamine, avec l’appui du WWF, renforçant l’attractivité des territoires concernés.
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Aquaculture continentale : une production privée de 900 tonnes
Le secteur de l’aquaculture de production poursuit sa progression, avec une production privée estimée à 900 tonnes, principalement composée de truite, de tilapia, d’anguille et de carpe. Cette évolution s’accompagne d’un intérêt croissant des agriculteurs pour l’intégration de l’élevage piscicole dans les réservoirs d’irrigation.
Pour le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture, « l’introduction de systèmes aquacoles dans les infrastructures hydrauliques existantes constitue une solution efficiente pour optimiser l’usage de l’eau tout en générant des revenus complémentaires pour les exploitants agricoles ». Cette orientation s’inscrit dans une logique de diversification économique des zones rurales et de valorisation des ressources hydriques.
L’exercice 2026 prévoit plusieurs projets structurants, notamment la mise à niveau des infrastructures techniques du Centre national d’hydrobiologie et de pisciculture d’Azrou (CNHP). Ce programme comprend la modernisation et l’équipement des laboratoires, la rénovation de l’écloserie de Ras El Ma ainsi que la mise en place d’un système de management de la qualité visant la certification des installations.
Selon le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture, « le renforcement des capacités scientifiques et techniques constitue une condition essentielle pour assurer un suivi hydrobiologique rigoureux des eaux continentales et améliorer l’efficacité des programmes de conservation ». L’objectif est également d’assurer le suivi de l’état de santé des milieux aquatiques, notamment dans les parcs nationaux et les zones écologiquement sensibles.
Station de salmoniculture d’El Haouz : repeuplement et écotourisme
Un autre projet majeur concerne l’aménagement d’une station de salmoniculture dans la région d’El Haouz, destinée à renforcer les opérations de repeuplement piscicole et à soutenir la reconstitution des populations naturelles de truite. Le projet prévoit la création d’écloseries et de bassins de grossissement ainsi que la mise en place d’infrastructures pédagogiques et récréatives, incluant une école de pêche.
Le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture estime que « la combinaison des actions de repeuplement, de formation et de valorisation touristique permettra de développer un véritable pôle d’écotourisme halieutique dans la région du Toubkal ». La promotion de la restauration basée sur des produits aquacoles issus des coopératives locales est également envisagée dans la vallée de l’Ourika, contribuant à la création de nouvelles opportunités économiques locales.
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Dans le domaine de la pêche commerciale continentale, plusieurs programmes visent à améliorer les conditions de vie des pêcheurs opérant notamment sur les plans d’eau d’El Wahda, Hassan Eddakhil et El Mansour Eddahbi. Les mesures prévues comprennent la mise à disposition de matériels de pêche, de cages, d’enclos et de barques homologuées, ainsi que la création d’éco-débarcadères destinés au conditionnement des produits halieutiques.
« La structuration de la chaîne de valeur de la pêche continentale passe par l’amélioration des moyens de production, l’organisation des circuits de commercialisation et le renforcement des capacités professionnelles des pêcheurs », souligne le Conseil national. Des programmes de formation et d’appui technique accompagneront également le développement de projets d’aquaculture en cages flottantes.
Aquaculture désertique : création d’aquapôles régionaux intégrés
La stratégie sectorielle prévoit par ailleurs la mise en place d’aquapôles régionaux pour promouvoir l’aquaculture en zones désertiques, notamment dans les régions de l’Oriental, de Drâa-Tafilalet et de Souss-Massa. Ces pôles intégrés auront pour mission de soutenir la production, la valorisation et la formation en aquaculture adaptée aux environnements arides.
Selon le Conseil national, « l’aquaculture désertique représente un potentiel important de création d’activités économiques dans les régions à faible disponibilité agricole, notamment grâce à la valorisation des bassins de stockage d’eau destinés à l’irrigation ». Les actions prévues incluent l’accompagnement des entrepreneurs aquacoles, la mise en place de systèmes de production résilients et le renforcement des capacités des aqua-agriculteurs.
L’ensemble des indicateurs de la saison 2025-2026 — 51 sites de pêche sportive, 2.453 permis délivrés, 900 tonnes de production aquacole privée et plusieurs projets structurants programmés pour 2026 — confirme la montée en puissance progressive de la pêche continentale et de l’aquaculture en tant que secteurs stratégiques du développement territorial.
Pour le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture, « la consolidation des investissements scientifiques, l’amélioration des infrastructures et l’accompagnement des acteurs économiques permettront de renforcer la contribution du secteur à la sécurité alimentaire, à l’emploi rural et à la préservation durable des ressources aquatiques ». Cette orientation s’inscrit dans une stratégie nationale visant à faire de la gestion durable des ressources halieutiques continentales un levier de développement socio-économique et environnemental à long terme.
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