Multilatéralisme en transition : le Sud global à l’heure des recompositions

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Multilatéralisme en recomposition entre crise occidentale et opportunité stratégique pour le Sud globalLors d'une rencontre au Policy center of the new south de l'UM6P de Rabat, il a été question de comprendre les origines des crises actuelles, le 16 janvier 2026, Rabat © LeBrief

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Le multilatéralisme traverse une phase de tension profonde, marquée par une érosion de la confiance et une fragmentation croissante de l’ordre international. Les intervenants de la première séquence dressent le constat d’un système hérité de l’après-Seconde Guerre mondiale désormais mis à l’épreuve par des mutations rapides et simultanées.

Dans les capitales occidentales, la situation est largement perçue comme une crise. Cette lecture s’appuie sur plusieurs symptômes convergents, notamment la montée des populismes nationaux, l’affaiblissement de l’appétit pour la coopération multilatérale et la paralysie d’institutions clés.

Le Conseil de sécurité des Nations unies est fréquemment cité comme l’exemple le plus emblématique d’un déficit de légitimité, sa composition ne reflétant plus les équilibres géopolitiques actuels, notamment l’absence de représentation permanente de l’Afrique.

Lire aussi: Les côtes atlantiques face aux chocs géopolitiques, criminels et climatiques

À cette crise de légitimité s’ajoute une contestation structurelle du système de gouvernance mondiale. L’émergence des BRICS et de leur Nouvelle Banque de Développement illustre une remise en cause directe du monopole exercé par les institutions financières multilatérales traditionnelles.  Ce phénomène s’inscrit dans un déplacement progressif du pouvoir économique et politique, accentuant la compétition normative autour des notions mêmes de démocratie et de multilatéralisme.

Contestations et fragmentation de la gouvernance mondiale

Lors de cette réunion, Andy Sumner, professeur au King’s College et Stephan Klingebiel, responsable du programme de recherche à l’Institut allemand du développement et de la durabilité (IDOS) ont souligné également l’incapacité croissante des grandes enceintes, telles que le G7 ou le G20, à produire des consensus solides, parfois même à publier des déclarations finales communes.

Cette multiplication d’organisations concurrentes et de cadres parallèles contribue à une complexité institutionnelle accrue, fragilisant l’efficacité collective face aux défis globaux, notamment le changement climatique.

Loin d’une lecture exclusivement pessimiste, cette phase de recomposition est appréhendée comme une opportunité historique de rééquilibrage. En effet, les crises successives, pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, conflit à Gaza, guerres commerciales et perturbations des chaînes d’approvisionnement, ont affecté l’ensemble du système international, mais leurs effets ont été particulièrement lourds pour les pays les plus vulnérables. La hausse de l’endettement souverain et la contraction de l’aide publique au développement ont mis en évidence la fragilité des modèles existants.

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Une crise perçue comme opportunité

Face à cette situation, les pays du Sud global ne se positionnent plus comme de simples récepteurs de normes. Ils privilégient désormais une logique de multi-alignement, refusant de choisir entre blocs rivaux et cherchant à maximiser leurs marges de manœuvre. Le renforcement de la coopération Sud-Sud, l’expansion des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai, ainsi que la création de nouveaux instruments financiers et monétaires, traduisent cette volonté de réduire la dépendance vis-à-vis de l’architecture occidentale.

Cette dynamique s’accompagne d’un recentrage stratégique sur le développement, placé au cœur des agendas portés par plusieurs présidences du G20 issues du Sud global. Dans ce contexte, la fragmentation de l’ordre international est perçue moins comme un effondrement que comme un levier pour négocier de meilleures conditions, renforcer la souveraineté économique et faire émerger une multipolarité plus inclusive.

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