Mort de Fakir à Bologne : une enquête ouverte après une interpellation controversée
Manifestations suite à la mort de Abderrahim Fakir, un Marocain de 42 ans, décédé lors de son interpellation par la police à Bologne © DR
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La mort de Abderrahim Fakir, un Marocain de 42 ans décédé lors de son interpellation par la police à Bologne, continue de susciter une forte émotion en Italie. Installé dans le pays depuis l’âge de cinq ans, il est mort après avoir été immobilisé au sol par des policiers dans des circonstances qui font désormais l’objet d’une enquête judiciaire.
Des vidéos filmées par des témoins, largement relayées sur les réseaux sociaux et dans les médias italiens, montrent l’homme maintenu face contre terre pendant plusieurs minutes. On l’entend appeler à l’aide avant de perdre progressivement connaissance. Selon les images, il reste ensuite inerte tandis que les policiers poursuivent leur intervention.
Les autorités ont indiqué que les forces de l’ordre étaient intervenues après des signalements faisant état d’un homme en état de forte agitation. Les enregistrements des caméras-piétons des agents ont été remis à la justice afin de contribuer aux investigations.
Les autorités italiennes promettent de faire toute la lumière
Face à l’émotion provoquée par cette affaire, le parquet de Bologne a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes du décès. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a estimé que les responsabilités devaient être établies avec la plus grande rigueur, soulignant que toute la vérité devait être recherchée. De son côté, le maire de Bologne, Matteo Lepore, a également appelé à un examen approfondi des faits.
Plusieurs centaines de personnes ont participé à un rassemblement dans le centre-ville pour rendre hommage à la victime et réclamer justice. Les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un usage disproportionné de la force lors de l’interpellation.
Lire aussi : Décès d’un Marocain à Bologne : le consulat poursuit le suivi du dossier
Des interrogations sur la technique d’immobilisation
L’affaire relance le débat sur les méthodes employées lors des interventions policières. Barbara Spinelli, avocate au barreau de Bologne spécialisée dans les droits humains, rappelle que la technique d’immobilisation ventrale utilisée dans cette affaire a déjà été critiquée par la Cour européenne des droits de l’Homme en raison des risques qu’elle peut représenter.
L’avocate, qui avait accompagné Abderrahim Fakir dans une procédure administrative liée à son titre de séjour, décrit un homme respectueux, intégré et installé depuis plus de trente ans en Italie. Elle estime également que le rôle du personnel médical présent sur les lieux devra être examiné dans le cadre de l’enquête.
L’avocat de la famille, Fabio Anselmo, demande quant à lui que toutes les images disponibles, notamment celles des caméras portées par les policiers, soient intégralement exploitées afin de garantir une enquête indépendante et transparente.
La famille réclame vérité et justice
Les proches de Abderrahim Fakir refusent que cette affaire soit oubliée. Sa nièce, Yossra Fakir, a pris la parole lors d’un rassemblement à Bologne pour rappeler que son oncle était avant tout un homme, un membre d’une famille et non un simple fait divers. Sa sœur, Khadija Fakir, a également exprimé sa douleur et son incompréhension, estimant que les forces de l’ordre ont pour mission de protéger les citoyens.
L’ambassade du Maroc en Italie a indiqué suivre cette affaire avec une grande attention. Elle a annoncé avoir mobilisé les services consulaires afin d’accompagner la famille et maintenir un contact permanent avec les autorités judiciaires italiennes. Le Royaume a réaffirmé son souhait de voir toute la lumière faite sur ce drame dans le respect des procédures judiciaires en cours.
Près de 1,9 million de Marocains résidant à l’étranger ont rejoint le Royaume depuis le début de Marhaba 2026, soutenue par un vaste dispositif d’accueil.
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