Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances © DR

Temps de lecture : 6 minutes


Maroc : la croissance prévue à 1,5% en 2022 et à 4,5% en 2023

Temps de lecture : 6 minutes

Catégorie Économie , Gros plan

Temps de lecture : 6 minutes

La croissance de l’économie marocaine devrait afficher un ralentissement à 1,5% en 2022, contre 3,2% prévu initialement par la loi de Finances. C’est ce qui ressort des prévisions de l’année en cours présentées par la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui. Elle précise que le déficit budgétaire s’est allégé de 11 MMDH à fin juin dernier. Les prévisions pour 2023 sont toutefois positives malgré une conjoncture internationale perturbée. Détails.

Temps de lecture : 6 minutes

Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des finances, a présenté, mercredi 27 juillet, devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, un exposé sur « l’exécution du budget 2022 et la programmation budgétaire triennale 2023-2025 ».

Lire aussi : L’essentiel de la note de conjoncture de la DEPF

 

Une croissance prévue à 1,5% en 2022

Lors de son exposé, la ministre a indiqué que la croissance de l’économie marocaine devrait afficher un ralentissement à 1,5% en 2022, contre 3,2% prévu initialement par la loi de Finances.

Elle a expliqué que ce ralentissement est dû à la baisse de la demande étrangère adressée au Maroc, notamment en provenance de la zone euro, et au recul de la récolte céréalière.

À cet égard, la responsable a souligné qu’à l’échelle internationale, les prévisions de croissance économique mondiale pour 2022 ont été revues à la baisse. Cela peut être expliqué par l’impact et les effets de la guerre en Ukraine. Celle-ci a entraîné une hausse des prix des matières premières et une perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales, ainsi qu’une exacerbation des pressions inflationnistes et l’augmentation des taux d’intérêt par les banques centrales de par le monde.

En ce qui concerne les développements les plus importants liés à l’économie nationale, la cheffe du département a évoqué le retard des précipitations au début de la campagne agricole qui a entraîné une baisse importante de la récolte céréalière, et la grande reprise des secteurs du tourisme et des transports après l’ouverture des frontières aériennes. À cela s’ajoutent les résultats disparates dans d’autres secteurs après avoir retrouvé leurs niveaux d’avant la crise sanitaire.

Il s’agit également de l’accélération des crédits accordés au secteur privé en plus d’une légère baisse du taux de chômage sans pour autant retrouver ses niveaux d’avant-crise.

Aussi, la ministre a indiqué que le taux d’inflation devrait dépasser 5,3% en 2022, contre 1,4% en 2021, en raison d’une hausse des prix des produits alimentaires de 7,8% et des produits non alimentaires de 3,4%.

Lire aussi : Sécheresse au Maroc : la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme

 

Le déficit budgétaire en baisse de 11 MMDH au 1er semestre 2022

Dans son exposé, la ministre a fait savoir que le déficit budgétaire s’est allégé de 11 milliards de DH (MMDH), à fin juin dernier, pour se situer à 18,3 MMDH. Elle a aussi souligné que ce niveau représente environ 25% de celui prévu par la Loi de Finances de 2022.

Pour ce qui est des recettes, la responsable gouvernementale a souligné que les recettes fiscales se sont accrues de 21,8%, enregistrant un taux de réalisation de 59%. Les recettes non fiscales ont, quant à elles, augmenté d’environ 4,2 MMDH. Les financements innovants ont, pour leur part, atteint 5,2 MMDH. Au total, les recettes ont enregistré une amélioration d’environ 28 MMDH (+23,5%).

S’agissant des dépenses, la ministre a indiqué qu’elles ont augmenté de près de 27 MMDH (+16,9%). Les dépenses ordinaires se sont, de leur côté, inscrites en hausse de 15%, principalement en raison de la hausse des charges de compensation.

Au vu des chiffres du premier semestre 2022, ainsi que des perspectives d’évolution du cadre macroéconomique durant le reste de l’année, la ministre a estimé que le déficit budgétaire devrait s’établir à 5,3 % du PIB.

Lire aussi : Peut-on concilier écologie et économie ?

 

La croissance économique attendue à 4,5% en 2023

En dépit d’une conjoncture internationale perturbée, la ministre a affirmé que la croissance économique nationale devrait atteindre 4,5% en 2023.

Elle a souligné que ces prévisions sont basées sur les hypothèses d’une récolte céréalière de 75 millions de quintaux (Mqx) en 2023, d’un repli du prix du gaz butane à 700 dollars/tonne et d’une baisse du cours du pétrole à 93 dollars/baril, et par conséquent, le retour du taux d’inflation à 2%.

Parallèlement, la cheffe du département a noté que ces prévisions sont susceptibles d’être revues à la baisse en cas de poursuite de détérioration des perspectives de reprise de l’économie mondiale en 2023, en particulier dans l’Union européenne, et ce, pour plusieurs raisons. On en évoque notamment les répercussions de la guerre en Ukraine et ses effets sur les prix des matières premières et les chaînes mondiales de production et d’approvisionnement, en plus du durcissement des politiques monétaires pour maîtriser les tensions inflationnistes.

Ainsi, le ministère cible l’atténuation du déficit budgétaire en 2023 à 4,5% et à 3,5% en 2025, a-t-elle fait savoir.

Et d’estimer que l’atteinte de ces objectifs passe par une série de réformes et mesures nécessitant la mobilisation de ressources supplémentaires.

Taxation des secteurs réalisant de gros profits

Lors de la réunion de la commission des finances et du développement économique, le ministre délégué chargé du budget, Fouzi Lekjaa, a mis avant la décision prise par le chef de l’exécutif. Elle consiste à imposer des taxes de solidarité à un ensemble de secteurs qui réalisent de grands profits, dans le cadre de la solidarité avec les groupes nécessiteux.

«Ces taxes concerneront les secteurs financier et bancaire, le BTP, et les hydrocarbures», a-t-il déclaré.

À cet égard, le responsable a assuré que le produit de ces impôts de solidarité profitera aux groupes démunis. Il a, par ailleurs, noté que le projet de Loi de Finances pour l’année 2023 aura une dimension sociale forte.


Recommandé pour vous

Retour des MRE : l’économie reprend des couleurs

Temps de lecture : 3 minutes

Le bon déroulement de l’opération Marhaba 2022 se fait déjà sentir. L’économie nationale retrouve enfin des couleurs. Après une absence de deux…

CMI : bonne tenue de l’activité monétique au premier semestre 2022

Temps de lecture : 5 minutes

Le Centre monétique interbancaire (CMI) a dévoilé, vendredi 12 août, les chiffres de l’activité monétique marocaine au premier semestre de 2022…

Économie nationale : un redressement de 7,9% de la croissance en 2021

Temps de lecture : 4 minutes

Après une récession sans précédent provoquée par la crise sanitaire, l’économie mondiale a enregistré une forte reprise en 2021. Au Maroc, la c…

10 août : le Maroc célèbre la Journée nationale du migrant

Temps de lecture : 4 minutes

Le 10 août marque la Journée nationale du migrant. Cette année, le thème de cette célébration concerne la contribution des Marocains résidant à…

Les orientations du NMD au cœur de la Stratégie nationale de développement durable

Temps de lecture : 4 minutes

Le développement durable est devenu un réel projet de société au Maroc. Le Royaume s’est engagé à mettre en place divers chantiers liés à ce do…

Made in Morocco : pour la valorisation du savoir-faire marocain

Temps de lecture : 5 minutes

Faire du Made In Morocco une véritable marque de fabrique, sur les plans national et international, ainsi qu’un véritable moteur de développeme…

PLF 2023 : ce qu’il faut retenir de la note de cadrage de Aziz Akhannouch

Temps de lecture : 5 minutes

Dans sa note de cadrage du projet de loi de Finances (PLF), Aziz Akhannouch réitère la détermination du gouvernement à continuer de mener en 20…

Forbes : le Maroc, un modèle de transition énergétique

Temps de lecture : 3 minutes

Le magazine économique Forbes vante le grand potentiel du Maroc à produire de l’énergie propre grâce à la richesse de ses ressources naturelles…

DTFE : la dette publique s’est établie à 388,1 MMDH à fin mars 2022

Temps de lecture : 2 minutes

Selon le bulletin de la direction du Trésor et des finances extérieures (DTFE), la dette publique s’établit à 388,1 milliards de DH (MMDH) en m…

Emploi : le taux de chômage au Maroc est passé de 12,8% à 11,2%

Temps de lecture : 4 minutes

Depuis le début de la crise économique liée à la pandémie de la Covid-19, l’accès à l’emploi est devenu de plus en plus compliqué. Au Maroc, ce…

Balance commerciale : le tourisme et l’OCP en tête de liste

Temps de lecture : 3 minutes

«La hausse des importations de biens concerne la quasi-totalité des groupes de produits», révèle le dernier rapport de l’Office des changes. On…

Étude : 75% des Marocains n’utilisent pas les applications de livraison de repas

Temps de lecture : 4 minutes

La crise sanitaire a entraîné des changements considérables dans la façon de consommer les repas hors domicile. La fermeture des restaurants a …