Lutte anticorruption : le Maroc reste à la traîne

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Lutte anticorruption : le Maroc reste à la traîneCorruption (image d'illustration) © depositphotos

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Le classement de Transparency International vient de tomber et il montre, une fois de plus, que malgré quelques tentatives de réforme, le Maroc n’enregistre aucune amélioration en matière de lutte contre la corruption. Les détails.

Le dernier classement établi par Transparency International révèle une situation sombre pour le Maroc, soulignant la nécessité d’une refonte des mécanismes de transparence et de reddition de comptes, condition sine qua non pour relever les défis croissants en matière de lutte contre la corruption.

Lutte contre la corruption : malgré les efforts, le Maroc stagne

Le dernier indice de perception de la corruption (IPC) 2024, publié par Transparency International, dresse un tableau préoccupant du secteur public dans la région du Moyen‑Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). Au cœur de ce constat, le Maroc se retrouve dans une situation critique.

Avec un score de 37 sur 100 (contre 38 en 2023), le Royaume montre peu d’évolution positive malgré des années d’efforts. Ce chiffre, bien en deçà de la moyenne mondiale de 43, témoigne d’une corruption profondément enracinée et d’un manque flagrant de mécanismes de reddition de comptes.

Transparency International évoque, en particulier, la concentration du pouvoir entre les mains d’élites politiques et administratives, laquelle a engendré, selon les auteurs du rapport, une corruption systémique. Les mécanismes de contrôle et de transparence étant insuffisants, ces élites peuvent abuser de leur autorité et de réprimer activistes, journalistes et organisations de la société civile.

Dans ce contexte, la même source rappelle que le gouvernement a récemment adopté le projet de loi 03.23. Cette législation controversée empêche les ONG d’engager des poursuites judiciaires en cas de détournement de fonds impliquant des élus ou des fonctionnaires, sauf si le procureur général du Roi en fait expressément la demande. «Ce dispositif renforce indirectement la position des responsables, en limitant les possibilités de recours judiciaire et en consolidant leur pouvoir», peut-on lire dans le rapport. D’ailleurs, les experts soulignent que, sans une refonte en profondeur des systèmes de gouvernance et une responsabilisation accrue des dirigeants, le Maroc risque de stagner dans une spirale de corruption auto-entretenue.

Lutte conte la corruption : le Maroc chute de trois places en 2023

La moyenne régionale à un niveau historiquement bas

Au-delà du cas marocain, le rapport 2024 de Transparency International révèle que la corruption dans la région MENA et en Afrique du Nord reste un problème structurel aux dimensions multiples. Sur une échelle allant de zéro (extrêmement corrompu) à 100 (très propre), l’IPC classe 180 pays et territoires en se basant sur la perception de la corruption dans le secteur public. La moyenne des États arabes est tombée cette année à 34, un niveau historiquement bas, ce qui montre un recul notable par rapport aux attentes internationales.

Parmi les meilleurs scores figurent les Émirats arabes unis (68), le Qatar (59) et l’Arabie saoudite (59), qui, malgré quelques réserves, affichent une certaine efficacité dans leurs dispositifs de contrôle. À l’inverse, des pays comme la Libye, le Yémen et la Syrie affichent des scores très faibles, respectivement de 13, 13 et 12, traduisant un niveau de corruption endémique exacerbé par des conflits et une gouvernance autoritaire.

Néanmoins, certains pays ont enregistré des progrès. C’est le cas du Bahreïn qui voit son score passer de 36 en 2017 à 53 aujourd’hui, soit une amélioration de 17 points. De même, le Koweït a progressé, atteignant 46 points, contre 39 il y a quelques années. Ces améliorations sont attribuées à des réformes internes et à l’adoption de nouvelles technologies dans la gestion publique.

Cependant, tous les pays ne bénéficient pas d’un tel dynamisme. Le Liban, par exemple, a enregistré le déclin le plus marqué. Son score a chuté de six points, passant de 28 à 22. Ce déclin est représentatif des difficultés structurelles auxquelles le pays est confronté, tant sur le plan de la gouvernance que sur celui de la gestion des crises.

Notons que c’est le Danemark qui se distingue comme l’un des pays les moins corrompus au monde, avec un score de 90 sur 100. Parmi les mieux classés, on retrouve aussi la Finlande avec un score de 88, suivie de Singapour (84) et de la Nouvelle-Zélande (83). Le Luxembourg, la Norvège et la Suisse sont au même niveau avec 81/100.

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Un commentaire

  1. Merci pour la synthèse de l’information
    Le problème de la corruption est malheureusement endémique dans notre pays.
    Sur ce volet la situation s’aggravera davantage de plus en plus avec l’avale des décisions de lois passées par le parlement via les responsables du gouvernement.
    Dans ce cas, il n’est plus nécessaire de voter en raison de la non crédibilité de nos élus.
    A bon entendeur salut.

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