L’offshoring au Maroc, une nouvelle dynamique pour l’économie numérique

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L'offshoring au Maroc une nouvelle dynamique pour l'économie numériqueAllocution de Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée auprès du chef du Gouvernement chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration, 27 janvier 2026, Rabat © LeBrief

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L’économie numérique, pilier des orientations royales, s’appuie fortement sur l’offshoring pour l’exportation de services numériques au Maroc. Aujourd’hui, le secteur se positionne au cœur des métiers mondiaux, avec une croissance mondiale estimée à 8% jusqu’en 2027 en termes de volumes d’affaires. Face à cette dynamique, le Maroc, en tant que hub stratégique, a lancé une offre ambitieuse pour consolider et étendre sa position à l’international.

 

« En tant que partenaire économique, le Maroc bénéficie d’une position stratégique avantageuse : première destination en Afrique pour l’attractivité et la stabilité, deuxième en Afrique et dans le monde arabe pour le climat des affaires, et 28ᵉ au niveau mondial dans le domaine de l’offshoring », déclare Amal El Fallah Seghrouchni, ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration.

Cette position repose sur des atouts majeurs : proximité avec l’Europe et porte d’entrée vers l’Afrique, environnement politique stable et cadre réglementaire favorable, ressources humaines qualifiées et multilingues avec une expertise reconnue mondialement dans l’IT et l’ISO, infrastructures modernes en constante évolution, écosystème technologique développé et coûts compétitifs par rapport aux marchés européens.

Le secteur de l’offshoring se distingue particulièrement dans le CRM (Customer Relationship Management) et le Business Process Management (BPM), qui représentent plus de 70% de l’ensemble des activités d’offshoring en 2024.

Les enjeux de l’offshoring face à l’IA et à la cybersécurité

Cependant, « le secteur évolue rapidement vers des domaines à très forte intensité technologique tels que l’Intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et le développement logiciel », avertit la ministre, ajoutant que, pour s’adapter aux évolutions internationales, le Maroc a inscrit sa stratégie d’offshoring dans le cadre de Maroc Digital 2030 et du contrat-programme 2024‑2030.

Lire aussi : Offshoring : le Maroc redéfinit son positionnement à l’horizon 2030

En effet, l’élément central de cette nouvelle dynamique est la circulaire n° 15‑2025, adoptée et publiée par le chef du gouvernement et finalisée le 31 juillet 2025, explique Amal El Fallah Seghrouchni. Cette circulaire, qui marque une rupture avec les pratiques antérieures, s’articule autour de quatre piliers majeurs.

Le premier met l’accent sur les plateformes industrielles intégrées (P2I). Cinq P2I sont déjà opérationnelles, et quatre nouvelles sont en cours de lancement en partenariat avec la CDG (Casablanca, Agadir, Dakhla et Lyon), assurant une couverture territoriale étendue. Ces plateformes offrent, en plus de l’immobilier, un guichet unique et une offre de télécommunications SLA (Service Level Agreement). Le projet de Data Embassy à Dakhla s’inscrit également dans cette vision d’infrastructures modernes, incluant cloud et data centers.

Le deuxième pilier concerne les ressources humaines. Pour développer un capital humain adapté aux besoins du secteur, « le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration (MTNRA) a lancé des initiatives telles que Jazari, les écoles de formation, y compris des high schools spécialisées dans la data et l’IA, ainsi que le programme Job Intake avec BXC », énumère la ministre. Elle a également souligné l’importance de renforcer les effectifs de doctorants, avec plus de 250 doctorats lancés depuis janvier 2025 dans des domaines de pointe comme la cybersécurité, l’IA et la data, et l’ambition d’en lancer 568 entre 2025 et 2027, pour former 100.000 jeunes par an à l’horizon 2030.

Stimuler l’offshoring par les avantages fiscaux et les primes de formation

Le troisième pilier se concentre sur le cadre réglementaire du secteur. La circulaire introduit de nouvelles mesures incitatives pour favoriser un emploi stable et renforcer l’attractivité des entreprises. « Il s’agit notamment d’avantages fiscaux pour l’impôt sur le revenu (IR) et l’impôt sur les sociétés (IS), ainsi que de primes à l’emploi et à la formation, plafonnées à 300.000 dirhams par individu, destinées à toutes les entreprises d’offshoring (in et out) situées en dehors des P2I », précise la ministre. La circulaire prévoit également une extension de la durée d’éligibilité à la prime à l’emploi, portée de 4 à 6 ans, pour garantir la stabilité.

Lire aussi : Le gouvernement publie une circulaire encadrant l’Offre Offshoring Maroc

Enfin, le quatrième pilier se concentre sur la gouvernance et la digitalisation. Sur ce point, le MTNRA a mis en place un Comité de pilotage et un Comité technique de l’offshoring. En partenariat avec l’Agence pour le Développement Digital (ADD), une plateforme digitale a également été développée.

Prévue pour être lancée le 31 mars 2026, cette plateforme vise à simplifier la gestion des dossiers et des mesures incitatives. « Elle gère les avantages fiscaux (IR et IS) et sert de portail dédié au secteur, permettant à terme une interopérabilité avec les producteurs de données tels que la CNSS ou la DGI », indique Amal El Fallah Seghrouchni. L’objectif est d’étendre la gestion à la prime à l’emploi (PAE) et à la prime à la formation (PAF), tout en réduisant significativement les documents exigés.

En définitive, le contrat-programme scelle l’engagement de l’État et des fédérations, avec pour objectif de créer 270.000 emplois directs stables d’ici 2030 et 190.000 emplois d’ici 2026, tout en visant un chiffre d’affaires à l’export de services de 40 milliards de dirhams en 2030 et 25 milliards en 2026.

L’État s’engage par ailleurs à poursuivre la formation du vivier de talents et à mettre à disposition des P2I performantes, tandis que les fédérations s’engagent à orienter les filières vers des segments à plus forte valeur ajoutée, à dynamiser l’écosystème et à contribuer activement à l’effort de formation.

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