Temps de lecture : 5 minutes

Accueil / Culture / Le SIEL 2024 aurait-il réconcilié les Marocains à la littérature ?

Le SIEL 2024 aurait-il réconcilié les Marocains à la littérature ?

Temps de lecture : 5 minutes

Gros plan

Temps de lecture : 5 minutes

Tombée de rideau pour la 29e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL). Et qu’en reste-t-il ? Une édition empreinte de quelques scandales, mais aussi de présence de grandes stars internationales… si peu littéraires soient-elles. Allons bon, ne soyons pas mauvaises langues. Après tout, il s’agit là de la meilleure édition que le Maroc n’ait jamais eue. Retour sur un univers exceptionnel.

Temps de lecture : 5 minutes

Année après année, les communiqués de presse tombent. Ils se ressemblent tous et relatent les mêmes faits. Une conférence par-ci, une présentation de livre par-là. Compliqué de réconcilier les Marocains et la lecture dans ce contexte, pour le peu, monotone.

Mais cette année, oh oui, cette année a relevé le défi de rassembler jeunes et moins jeunes dans un seul et même lieu en invitant de grandes signatures de la littérature internationale et marocaines.

Sur les réseaux sociaux, tout le monde en parle, et pour cause, deux gros évènements ressortent du lot. Le premier, choix très judicieux de la part de l’organisation : la présence de l’auteur Osamah Almuslim, qui a ramené de nombreux jeunes des quatre coins du pays à se déplacer jusqu’au SIEL. La seconde, un peu moins limpide : l’invitation surprise de l’artiste égyptien Mohamed Ramadan. Ah ça, pour une surprise, c’en était une. Nombreux sont ceux qui cherchent encore le lien entre littérature et l’interprète de BUM BUM et Ensay… Erreur de date ? Il faut dire que Mawazine se déroule au même endroit, mais quelques semaines plus tard.

Quoi qu’il en soit, c’est un pari gagnant. Les réseaux sociaux se sont affolés, le public était au rendez-vous, sans parler du prix du billet, de 10 dirhams, qui était plus que symbolique, pour soutenir la culture de notre pays.

Lire aussi : Bousculades au SIEL : qui est Osamah Almuslim ?

Un nombre de visiteurs record – Cap sur les enfants

Clôturée dimanche soir, cette édition a enregistré une affluence record de plus de 316.000 visiteurs, soit une augmentation notable de 32% par rapport à l’année précédente. Rien que ça ! Et dire que beaucoup pensaient que le changement de ville, de Casablanca à Rabat, n’était pas une si bonne idée que ça.

Le salon a attiré 743 exposants provenant de 48 pays, offrant un éventail documentaire de près de 100.000 titres couvrant divers domaines de la connaissance. En invitée d’honneur, nul autre que l’UNESCO. Il faut dire que les enfants étaient réellement au cœur de cette édition. À commencer par l’espace DC Comics de Marvel, premier à apparaître dès l’entrée. Plus de 51 activités y ont été organisées, attirant plus de 15.000 participants tout au long du SIEL. Avec un petit cadeau à l’accueil, un livret retraçant l’épopée des Lions de l’Atlas au Mondial 2022, dessinée par les créateurs de Marvel et DC, eux-mêmes !

SIEL

Epopée des Lions de l’Atlas, dessinée par Marvel-Dc Comics

 

Ce n’était pas seulement un stand, mais un monde parallèle, où petits et grands ont pu retracer l’épopée de ces héros. Au rendez-vous : Spiderman, Wonder woman, Batman, mais surtout… Baby Yoda !

Trêve de fanatisme, revenons aux faits. En termes de bouquins, les stands proposaient de la littérature jeunesse à foison. Que ce soit chez Sochepress, La croisée des chemins, En toutes lettres, Al Madariss, Le Fennec, Yanbow Al Kitab, ou encore Langages du Sud, les éditeurs marocains étaient au rendez-vous. Ces derniers ont su marquer leur présence par de belles parutions, mais aussi de belles promotions, allant jusqu’à une réduction de 70%.

SIEL

Collection Aïcha découvre…

Chez Langages du Sud, la confiture Aïcha ne se mange pas, mais nourrit l’imaginaire des enfants avec des collections de voyages. Al Madariss a diffusé des livres de traduction français-arabe, car oui, tout le monde ne maîtrise pas forcément l’arabe ! Au niveau de la croisée des chemins, c’est une belle surprise qui nous attendait sur le stand : le prix du meilleur éditeur jeunesse au niveau du continent africain décerné par le salon international de Bologne, pour Yanbow Al Kitab. Pour cette année, ils ont tablé sur l’édition de livres expliquant aux enfants les différentes maladies, telles que l’autisme, le TDAH, la dyspraxie…

Lire aussi : Hommage à Abdelkader Retnani à la 29e édition du SIEL

Pour les jeunes visiteurs, le SIEL 2024 a offert un programme éducatif et récréatif intitulé « Le bonheur en couleurs ». Ce programme visait à enrichir les connaissances et développer les compétences des enfants à travers plus de 10.000 ateliers.

Difficilement égalable

Les stands ruisselaient de beauté, un effort réel a été mis en place pour faire de ce salon un évènement exceptionnel. Pour n’en citer qu’un seul, l’Istituto italiano di cultura a su marquer les esprits avec une pièce Immersion, où les visiteurs pouvaient profiter d’image en 3D de l’Histoire du pays.

Cette édition restera dans les mémoires, et sera difficilement égalée à l’avenir. L’édition du SIEL 2024 a proposé une programmation culturelle riche et diversifiée. Plus de 1.480 activités culturelles ont été organisées, rassemblant penseurs, chercheurs, romanciers et poètes. Parmi elles, 320 activités ont été initiées directement par le ministère ou en collaboration avec des centres de recherche et des institutions gouvernementales. En tout, ces activités ont attiré plus de 3.703 participants, dont 885 dans le cadre du programme du ministère.

La couverture médiatique de cette édition a été assurée par 68 médias audiovisuels et écrits, marocains et étrangers. Cette couverture médiatique souligne l’importance et la portée de l’événement, témoignant du rôle central du Siel dans la promotion de la culture et de la lecture.

Le voyage a certes été trop court, mais il aura valu le détour.

 

La fin fait partie du voyage.

Avengers : Endgame, Tony Stark à Pepper Potts.

 

Laissez-nous vos commentaires

Temps de lecture : 5 minutes

La newsletter qui vous briefe en 5 min

Chaque jour, recevez l’essentiel de l’information pour ne rien rater de l’actualité

Et sur nos réseaux sociaux :

SIEL

Musiques sacrées de Fès : le concert de la discorde

Dès son apparition sur la scène de Bab El Makina, le public n’a pas caché sa joie. Et le chanteur britannique musulman né à Téhéran, leur a …
SIEL

Appropriation d’un caftan fassi : le Maroc saisit l’UNESCO contre l’Algérie

Une nouvelle bataille culturelle vient de s'ouvrir entre le Maroc et l'Algérie. Le Royaume, riche de son histoire millénaire et dépositaire …
SIEL

Livres : la langue amazighe toujours à la traîne (rapport)

Dans le monde passionnant des livres, les publications imprimées dominent largement le paysage éditorial marocain, représentant 92% de la pr…
SIEL

Festivals 2024 : la scène culturelle s’anime à nouveau

De la musique aux arts visuels, en passant par la danse et le théâtre, plusieurs rendez-vous culturels sont attendus cet été. Ils réuniront …
SIEL

Festival Gnaoua 2024 : les organisateurs voient les choses en grand

"La culture, c’est ce qui reste quand on aura tout oublié", disait l’académicien français Édouard Herriot. Depuis 1998, la culture Gnaoua n’…
SIEL

Nouvel an amazigh : une reconnaissance culturelle et linguistique

Cette célébration, riche en symbolisme, marque l'entrée dans la nouvelle année selon le calendrier agricole berbère, qui est aligné sur les …
SIEL

Rétrospective 2023 : en avant la culture !

Sans doute le tremblement de terre d’Al Haouz, survenu le 8 septembre dernier, aura contraint la scène culturelle et artistique marocaine à …
SIEL

Triomphe du cinéma marocain à la 20e édition du FIFM

La 20ᵉ édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM) vient de s'achever. Dans un contexte marqué par la guerre à Gaza, les o…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire