Le roi Mohammed VI a adressé un message au Congrès mondial des collectivités locales
Portrait du roi Mohammed VI © DR
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Le roi Mohammed VI a adressé un message aux participants du 8e Congrès mondial des Cités et Gouvernements Locaux Unis, organisé à Tanger, mettant en avant la place centrale des territoires dans le développement durable et la gouvernance moderne.
Le Souverain a salué la tenue de cet événement international, qui réunit responsables locaux, décideurs publics et experts autour des défis contemporains liés à la gouvernance territoriale. Dans son message, lu par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, il a souligné l’importance croissante des collectivités locales dans la promotion de la démocratie, de l’équité territoriale et du développement durable.
Le Roi a également mis en avant le rôle stratégique de Tanger, carrefour entre continents et cultures, incarnant l’ouverture du Maroc et sa volonté de renforcer les échanges internationaux. Le thème du congrès, axé sur une nouvelle génération de services publics locaux, reflète selon lui une évolution majeure : la gouvernance territoriale devient un levier essentiel pour réduire les inégalités et rapprocher les citoyens des institutions.
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Une vision territoriale tournée vers l’avenir
Le Souverain a rappelé que la régionalisation avancée constitue un pilier du modèle de développement marocain. Ce choix stratégique vise à renforcer la démocratie locale, dynamiser l’économie régionale et adapter les politiques publiques aux spécificités de chaque territoire. Il a insisté sur la nécessité d’une action publique fondée sur la concertation, l’efficacité et l’impact direct sur la vie des citoyens.
Dans un contexte mondial marqué par les défis climatiques, démographiques et sociaux, le roi Mohammed VI a appelé à repenser les modèles de gouvernance pour garantir des services publics accessibles, équitables et performants. Il a également plaidé pour une coopération internationale renforcée, notamment à travers les collectivités territoriales, considérées désormais comme des acteurs à part entière de la gouvernance mondiale.
En conclusion, le message royal invite à bâtir une gouvernance territoriale innovante, inclusive et durable, capable de répondre aux attentes des citoyens et d’accompagner les grandes transformations du monde contemporain.
Texte intégral du discours royal
« Louange à Dieu.
Paix et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Il Nous plait, à l’occasion du huitième Congrès mondial de l’Organisation des Cités et Gouvernements Locaux Unis, qui se tient sous Notre Haut Patronage, à Tanger, de souhaiter la bienvenue aux participants et participantes : dirigeants locaux et régionaux, responsables gouvernementaux, élus, experts et représentants d’organismes et de réseaux internationaux. Nous les assurons de toute l’estime que Nous leur portons.
Nous sommes fier que le Royaume du Maroc accueille les assises de cette auguste assemblée mondiale, dont le propos est de débattre de questions inscrites au cœur des dynamiques futures de développement et de gouvernance dans le monde, avec, au premier chef, la promotion de la pratique démocratique, le renouvellement de la gouvernance locale, la consolidation de la justice territoriale, le renforcement du rôle central des cités, des régions et des collectivités territoriales dans la construction d’un avenir porteur de plus d’équité et respectueux de l’exigence de durabilité.
En tant que ville hôte de ce congrès, Tanger atteste, de fort belle manière, son statut de cité ouverte aux divers flux civilisationnels et celui de carrefour stratégiquement situé à la confluence des continents et des étendues marines. Elle démontre également toute sa valeur de creuset d’échanges et de métissages entre les peuples et les cultures et incarne l’idée d’un Maroc ouvert sur son voisinage, confiant dans ses choix, attaché à son identité, résolument orienté vers l’avenir.
Le thème que vous avez retenu pour ce congrès : « une nouvelle génération de services publics locaux universels » reflète une prise de conscience accrue chez tous que la gouvernance territoriale n’est plus seulement une affaire d’ordre administratif ou de logique organisationnelle. Elle s’affirme désormais comme un levier essentiel pour consolider la justice territoriale, réduire les inégalités sociales, restaurer la confiance entre le citoyen et les institutions, décliner les engagements internationaux majeurs sous forme de projets concrets dans les cités, les régions et le reste des collectivités territoriales.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Depuis Notre Accession au Trône de Nos Glorieux Ancêtres, Nous avons érigé la réforme territoriale en orientation stratégique clé du projet sociétal et développemental de notre pays, mû en cela par la ferme conviction qu’un Etat ne doit pas sa modernité uniquement à la solidité de ses institutions centrales, mais aussi à sa capacité à doter ses domaines territoriaux d’un pouvoir de prise d’initiative et de participation, à rendre la décision publique plus accessible aux citoyens, à concevoir le développement territorial comme le fruit d’efforts concertés et complémentaires engageant l’Etat, les collectivités territoriales et le reste des intervenants.
A cet égard, la Régionalisation avancée dont Nous avons posé les fondements au Maroc représente un choix stratégique à travers lequel l’Etat tend à moderniser ses structures, à consolider la démocratie locale, à libérer les potentiels et les énergies, à consacrer le principe d’équité entre les régions, à articuler le développement de chaque territoire avec ses spécificités, ses atouts et les besoins de sa population.
A la faveur de cette vision, la Région se confirme comme un espace propice à la planification stratégique, à la mobilisation de l’investissement, à la stimulation de l’économie locale, à la poursuite d’une transversalité accrue entre les programmes sectoriels et territoriaux. Le rôle des préfectures, des provinces et des collectivités s’en est également trouvé renforcé dans le cadre d’une complémentarité institutionnelle fondée sur la libre gestion, la solidarité et la coopération, la reddition des comptes.
Nous attendons de ce chantier qu’il débouche sur la mise en place d’une organisation territoriale innovante qui ne se limite pas à gérer les besoins quotidiens, mais qui se dote des ressources nécessaires pour anticiper les transformations potentielles, encadrer l’investissement, accompagner la transition numérique et écologique, améliorer la qualité des services publics, favoriser l’insertion des jeunes, des femmes et des catégories vulnérables dans la dynamique de développement.
L’expérience marocaine en matière de décentralisation et de régionalisation avancée tire sa force du fait qu’elle s’inscrit dans une vision plus large du développement territorial intégré. De fait, Nous concevons le domaine territorial comme un terrain propice à la libération des énergies et à la mobilisation des ressources, à la construction de partenariats, à la mise en adéquation des programmes nationaux avec les initiatives locales.
En appui à cette orientation, Nous avons lancé une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré qui traduit une volonté inébranlable de remettre à neuf les méthodes de l’action publique. Ce travail commence par une identification rigoureuse des besoins de la population, l’écoute prêtée aux acteurs locaux, la définition de l’ordre des priorités en fonction de leur impact direct sur la vie des citoyens, notamment dans les secteurs de l’emploi, de l’éducation, de la santé, de l’eau, de la mise à niveau territoriale. Le but recherché est de créer un cadre de vie digne et d’en améliorer les conditions.
L’importance de ces programmes ne réside pas seulement dans le volume ou l’envergure des projets qu’ils portent, mais bien plus encore dans la méthodologie qu’ils instaurent. Celle-ci repose sur la concertation, la contractualisation, le suivi, l’évaluation, l’efficience dans l’allocation des ressources ainsi que sur la corrélation entre les objectifs fixés et les résultats escomptés.
C’est ainsi que le développement territorial se conçoit désormais comme un processus commun dans lequel l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé et la société civile assument, conjointement, la responsabilité d’élaborer les projets, d’en assurer l’exécution et d’en évaluer l’impact.
Mesdames, Messieurs,
Votre assemblée se tient dans une conjoncture internationale sensible, marquée par les effets accentués des changements climatiques, des pressions démographiques et des flux migratoires. Cette situation s’accompagne d’un creusement des disparités sociales et territoriales, ainsi que d’une demande croissante pour des services publics de plus grande proximité, de meilleure qualité, plus efficients et plus équitables.
Ces défis confirment, jour après jour, que l’avenir ne se construit pas seulement à travers des décisions centralisées mais aussi par l’implication des territoires. C’est en effet à cette échelle que se concrétisent les politiques publiques dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale, qu’il s’agisse d’éducation, de santé, de logement, d’eau, d’environnement, de transport, de culture, de loisirs ou de création d’emplois.
Par ailleurs, le thème de votre conférence rejoint, dans son essence même, l’action que Nous nous attachons à mener au Royaume du Maroc, en veillant notamment à ce que les politiques publiques territoriales soient au service de l’Homme. De même, Nous considérons que l’accès aux services de base est un droit du citoyen et non un privilège lié à son lieu de résidence ou à son statut social.
C’est dans cette optique que s’inscrit l’importance particulière du débat amorcé autour de l’avenir des services publics locaux universels, du nouveau pacte social local, du financement du développement territorial, de la transformation numérique, de la justice climatique et de la diplomatie territoriale.
De fait, il appelle à une relation renouvelée entre les gouvernements, les collectivités locales et les populations, qui soit adossée aux principes de proximité, d’écoute, de concertation, de transparence, de participation et de protection, et qui soit conçue comme une responsabilité publique commune poursuivant la finalité d’un développement équitable et durable.
De la même manière, l’initiative « 100 jours de multilatéralisme local », qui place votre congrès au centre d’un processus international intégré, témoigne de la conviction grandissante que les gouvernements locaux et régionaux ne sauraient plus être réduits à de simples instances d’exécution des engagements internationaux. Ils s’imposent désormais comme des partenaires à part entière, contribuant à leur élaboration et comme une force de proposition au sein du système de gouvernance mondiale.
Mesdames, Messieurs,
Au Royaume du Maroc, la dynamique de développement demeure intimement liée aux Constantes qui font intrinsèquement l’unanimité de la Nation et qui constituent les piliers de sa stabilité et de son progrès.
Dans cet esprit, Nos provinces du Sud, au Sahara marocain, et à la faveur d’une vision intégrée fondée sur la solidarité, l’intégration régionale et le co-développement, continuent de voir se concrétiser de grands projets de développement, qui en ont fait un pôle de croissance et de stabilité, ainsi qu’un levier de consolidation de la coopération africaine et atlantique.
Dans le même contexte, Nous avons lancé, au profit du continent africain, des initiatives guidées par une vision renouvelée de la coopération Sud-Sud. Parmi celles-ci figurent l’Initiative visant à favoriser l’accès des États du Sahel à l’Océan Atlantique, le projet de Gazoduc Africain Atlantique, ainsi que le Processus des États Africains Atlantiques.
Ces initiatives font de la façade atlantique africaine un espace stratégique de coopération et de prospérité partagée et confortent le rôle du Maroc en tant qu’acteur crédible et partenaire engagé au service d’un développement africain stable et intégré.
De surcroît, le Maroc continue de faire de la coopération internationale décentralisée un levier opérationnel de partage d’expériences et d’expertises entre les collectivités territoriales, tout particulièrement avec leurs consœurs africaines.
C’est précisément la mission dévolue au Fonds Africain d’Appui à la Coopération Décentralisée Internationale (FACDI) des collectivités territoriales, qui, quelques années après sa création en 2020, est devenu un mécanisme novateur pour accompagner des partenariats territoriaux à impact réel et pour ancrer une coopération interafricaine axée sur le développement local, la bonne gouvernance, le renforcement des capacités et l’échange de savoir-faire.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
La réussite de la gouvernance territoriale demeure tributaire de la capacité des institutions élues à assumer pleinement leurs rôles, ainsi que du niveau de qualification des élus, du renforcement des mécanismes de concertation et du développement des partenariats entre les différents niveaux de gestion des affaires publiques.
À cet égard, Nous vous invitons à approfondir la réflexion sur les voies devant conduire à la mise en place d’une nouvelle génération de modèles de gouvernance territoriale. Celle-ci, fondée sur la proximité, l’équité, la durabilité et l’efficience, devra doter les gouvernements locaux et régionaux des ressources nécessaires à l’accomplissement de leurs missions, qu’il s’agisse de financements, de renforcement des capacités, de transformation numérique ou de partenariats avec les institutions internationales, les Banques de développement, le secteur privé et la société civile.
De même, Nous vous exhortons à formuler des recommandations pratiques, de nature à conforter le rôle des cités, des régions et du reste des collectivités locales face aux défis communs et à ouvrir des perspectives prometteuses pour des services publics plus intégrés, plus proches des citoyens, plus à même de préserver leur dignité et de concrétiser leurs aspirations légitimes.
En conclusion, Nous prions le Très-Haut de couronner vos travaux de succès et de guider vos pas, implorant le Tout-Puissant de faire de vos assises un nouveau jalon dans la consolidation d’une gouvernance territoriale plus équitable, solidaire et durable.
Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouhou« .
Message royal adressé au nouveau président colombien, saluant son élection et appelant à renforcer la coopération et les relations d’amitié entre Rabat et Bogotá.
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