Guerre au Moyen-Orient : les États multiplient les mesures pour amortir le choc économique
Des missiles tirés depuis l'Iran sont photographiés dans le ciel nocturne au-dessus de Jérusalem le 14 juin 2025. © Menahem Kahana, AFP
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La guerre au Moyen-Orient contraint de nombreux États à activer un arsenal de mesures d’urgence pour contenir la flambée des coûts de l’énergie et protéger ménages, entreprises et finances publiques. Réduction des taxes, plafonnement des carburants, soutien direct aux transporteurs, recours accru au télétravail ou encore restrictions sur la consommation d’électricité : partout, les gouvernements cherchent à limiter les effets d’un conflit dont les répercussions se font sentir bien au-delà de la région.
Dans plusieurs pays européens, l’action publique s’est d’abord concentrée sur les carburants. L’Espagne a dévoilé un plan de 5 milliards d’euros, associant baisse de TVA et remise pouvant atteindre 30 centimes par litre à la pompe. En Italie, un décret-loi a réduit les prix des carburants de 25 centimes par litre. Le Portugal et la Suède ont prolongé ou voté des dispositifs similaires de baisse de la fiscalité sur les carburants.
Depuis le déclenchement de la guerre, le 28 février, à la suite de frappes israéliennes et américaines en Iran, plusieurs pays ont eux aussi engagé des mesures de stabilisation. La Hongrie, la Corée du Sud et la Thaïlande ont annoncé un plafonnement des prix des carburants. La Croatie a prolongé lundi ce type de dispositif pour deux semaines supplémentaires. Le Vietnam a, de son côté, supprimé jusqu’à fin avril la taxe douanière sur l’importation de carburants.
Au Japon, les autorités ont activé un programme d’urgence prévoyant des subventions aux raffineurs afin de maintenir le prix de l’essence à 170 yens, après un pic historique de 190,8 yens le litre atteint mi-mars. À Taïwan, un mécanisme public absorbe 60% de la hausse des prix. Lundi, la Chine a également annoncé qu’elle limiterait les hausses des prix des carburants. En Grèce, le gouvernement a débloqué 300 millions d’euros de subventions pour les carburants automobile et maritime, ainsi que pour le diesel et les engrais, dans l’objectif de soulager les ménages, l’agriculture et le tourisme.
En Afrique du Nord, le Maroc a instauré une aide exceptionnelle directe au profit des transporteurs routiers. Le Brésil a, lui, adopté des mesures temporaires pour éviter une hausse des prix, notamment une suppression provisoire des taxes sur le diesel, carburant essentiel au fret routier. En Allemagne, les stations-service ont été interdites d’augmenter leurs prix plus d’une fois par jour. En France, le gouvernement a demandé lundi aux raffineurs d’« augmenter rapidement » leur production.
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L’état des stocks stratégiques
La crise ravive aussi les inquiétudes sur les stocks stratégiques et les chaînes d’approvisionnement. Les 32 pays de l’Agence internationale de l’énergie, dont les membres du G7, ont coordonné un déblocage historique de réserves pétrolières afin d’augmenter l’offre mondiale et de faire pression sur les cours. D’autres pays ont dû prendre des mesures plus restrictives. Le Bangladesh a instauré un rationnement des carburants en station pour prévenir toute rupture de stock. L’Égypte a réduit les déplacements non essentiels de membres du gouvernement et revu ses priorités budgétaires.
Les transports sont également touchés. Aux Philippines, les horaires de ferries ont été réduits dans certaines régions, tandis que de nouvelles hausses tarifaires ont été annoncées sur l’ensemble des transports locaux. En Inde, deuxième importateur mondial de gaz naturel liquéfié, les autorités ont décidé d’augmenter la production de gaz de cuisine, tout en réservant en priorité les volumes supplémentaires aux usages domestiques, au détriment des restaurants et des hôtels. En Corée du Sud, le gouvernement a levé le plafond de 80% imposé à la capacité de production d’électricité à partir du charbon et accru le recours au nucléaire à un niveau comparable.
Face au risque d’une tension durable sur l’énergie, certains gouvernements misent aussi sur la sobriété. En Thaïlande, les fonctionnaires sont encouragés au télétravail, tandis que le Vietnam pousse les entreprises à faire de même pour leurs salariés. L’Indonésie envisage d’imposer une journée de télétravail hebdomadaire aux agents publics afin d’économiser le carburant. En Thaïlande, la climatisation dans les bâtiments publics est désormais limitée à 26°C. L’Égypte a, elle, réduit l’éclairage public nocturne pour diminuer sa consommation d’électricité.
Le Vietnam encourage en parallèle l’usage du vélo, du covoiturage et des transports en commun. Aux Philippines, une semaine de travail de quatre jours a été instaurée pour les fonctionnaires. Au Bangladesh, les universités ont fermé plus tôt que prévu à l’occasion de la pause du Ramadan afin de limiter la demande en électricité. Cette année, aucune illumination n’a été organisée pour Aïd el-Fitr, ni pour la fête de l’indépendance.
Au-delà des mesures d’urgence, la question du pétrole russe reste au cœur des arbitrages internationaux. Mi-mars, les États-Unis ont assoupli certaines sanctions sur les ventes de pétrole russe, relançant le débat sur les flux énergétiques mondiaux et sur la manière dont les grandes puissances entendent stabiliser un marché devenu particulièrement vulnérable aux chocs géopolitiques.
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