Émigration irrégulière : cinq taxis condamnés à Tétouan
Migrants atteignant Sebta à la nage © DR
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La condamnation de cinq chauffeurs de grands taxis à six mois de prison ferme et à une amende de 10.000 dirhams chacun, pour des faits qualifiés d’aide à l’émigration irrégulière, suscite une vive controverse à Tétouan. Les décisions ont été rendues lundi par le tribunal de première instance de la ville, dans le cadre des poursuites liées aux événements survenus récemment autour de la tentative massive de rejoindre Sebta.
Les organisations syndicales du secteur contestent la sévérité des peines et mettent en question la responsabilité pénale pouvant être imputée aux chauffeurs dans l’exercice de leur activité. Elles estiment notamment que les conducteurs ne disposent pas de prérogatives leur permettant de contrôler l’identité ou les intentions des passagers.
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Des peines jugées disproportionnées
Les représentants des professionnels reconnaissent toutefois que la situation était particulièrement tendue durant les jours ayant précédé la tentative de passage vers Sebta. L’affluence exceptionnelle sur l’axe Tétouan-Fnideq aurait fortement allongé les temps de trajet et conduit certains passagers à proposer des sommes importantes aux chauffeurs pour effectuer le déplacement. Pour les syndicats, l’acceptation d’une course dans ces conditions ne suffit toutefois pas à établir une participation consciente à une opération d’émigration irrégulière.
Les cinq chauffeurs ont fait appel des condamnations. La décision a également fait l’objet d’un recours de la part du parquet, selon les représentants syndicaux, qui espèrent désormais une réévaluation du dossier par la cour d’appel.
La contestation gagne par ailleurs le terrain syndical. Plusieurs organisations ont publié des communiqués dénonçant des peines jugées disproportionnées et appelant à clarifier les fondements juridiques des poursuites. L’une d’elles a évoqué la possibilité d’organiser des rassemblements à Tétouan et, en cas d’escalade, une marche vers la cour d’appel.
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