Education : Aziz Akhannouch pose les jalons de l’école de demain

Mbaye Gueye

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Education : Aziz Akhannouch pose les jalons de l'école de demainAziz Akhannouch, chef de gouvernement à la chambre des représentants © DR

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Avec les collèges pionniers, le gouvernement marocain amorce une transformation profonde du cycle collégial. Ce modèle éducatif mise sur des outils numériques, un accompagnement personnalisé et des activités culturelles et sportives pour réduire la déperdition scolaire. Impliquant enseignants, inspecteurs et personnels sociaux, il entend poser les bases d’une école équitable et innovante, capable de répondre aux défis sociaux et pédagogiques du Maroc d’aujourd’hui et de demain.

Le Maroc poursuit sa dynamique de réforme éducative avec le lancement des « collèges pionniers ». Devant la Chambre des représentants, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch a annoncé que cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une vision globale de l’« école de demain », centrée sur la qualité, l’équité et l’égalité des chances.

Lors de la séance mensuelle des questions orales consacrée à la politique générale, Aziz Akhannouch a affirmé que cette nouvelle expérience découle des résultats probants déjà enregistrés dans les établissements pionniers de l’enseignement primaire. Conscient des défis que connaît le cycle collégial, notamment la problématique persistante de la déperdition scolaire, le gouvernement a choisi d’élargir l’expérience au niveau secondaire collégial, en y intégrant des approches innovantes et inclusives.

Le projet des collèges pionniers concerne, pour sa première année, près de 230 établissements, soit 10% des collèges publics du pays, et bénéficie à plus de 200.000 élèves. Ceux-ci sont encadrés par 600 inspecteurs et plus de 6.000 enseignants formés pour mettre en œuvre des pratiques pédagogiques efficaces.

Lire aussi : Chambre des représentants : Aziz Akhannouch interpellé sur l’éducation

Le programme repose sur quatre axes fondamentaux : l’accompagnement dans la mise en œuvre du projet d’établissement, la dotation en ressources humaines et matérielles adaptées, l’introduction d’équipements numériques et la promotion de la personnalité des élèves. L’objectif est clair : améliorer le rendement scolaire, prévenir le décrochage, et renforcer les compétences personnelles et sociales des élèves.

Le gouvernement a notamment introduit l’approche TARL (Teaching at the Right Level) qui consiste à adapter l’apprentissage au niveau réel de chaque élève, afin de maximiser ses chances de réussite. Des cellules de veille ont également été mises en place pour suivre les élèves à risque de décrochage, tout en leur offrant un accompagnement psychologique et social individualisé.

Des activités parallèles au service de l’épanouissement

Aziz Akhannouch a souligné l’importance de l’épanouissement global des élèves, précisant que les collèges pionniers organisent des activités variées dans les domaines du théâtre, des arts, de la musique et de l’entrepreneuriat. Ces actions visent à renforcer l’ouverture d’esprit, l’autonomie et la confiance en soi des jeunes.

Les établissements sont également dotés d’espaces réaménagés et adaptés, avec des salles équipées de matériel numérique, des installations sportives, ainsi que des zones dédiées aux activités parallèles. Ce réaménagement vise à créer un environnement scolaire accueillant et stimulant, tant pour les élèves que pour les enseignants.

Lire aussi : Réforme éducative au Maroc : cap sur l’excellence scolaire

Pour assurer le bon déroulement de cette expérience, le gouvernement a mobilisé des crédits supplémentaires. Chaque établissement pionnier bénéficie ainsi d’un soutien financier minimum de 200.000 dirhams par an pour le financement du projet. À cela s’ajoutent des formations continues à destination des cadres administratifs et pédagogiques, axées notamment sur l’élaboration de projets, la gestion des cellules de veille et le renforcement des compétences comportementales.

Le Chef du gouvernement a également indiqué que le coût moyen de mise en œuvre de ce modèle pionnier s’élève à 25.000 dirhams par classe pour l’enseignement primaire et à 30.000 dirhams pour le collège, hors masse salariale. Les frais annuels de gestion sont estimés à 8.000 dirhams par classe au primaire et à 12.500 dirhams au collège.

Un modèle inclusif, loin de toute logique élitiste

Aziz Akhannouch a tenu à dissiper toute idée de favoritisme : « Le gouvernement ne cherche pas, à travers ce programme, à créer des écoles élitistes. Il s’agit plutôt d’une étape de transition vers une école inclusive, qui offre les mêmes chances de réussite à tous les enfants marocains, quel que soit leur milieu d’origine ».

La finalité, a-t-il rappelé, est d’ériger une école fondée sur l’équité, la qualité et l’égalité des chances, dans le respect des engagements inscrits dans la Feuille de route 2022-2026. Le projet de loi 59-21 relatif à l’enseignement scolaire, récemment adopté, s’inscrit pleinement dans cette logique et constitue une avancée majeure dans le chantier de la réforme pédagogique.

Avec cette initiative, le Maroc espère inverser la tendance préoccupante des NEET — ces jeunes sans emploi, sans formation ni enseignement — et former une génération d’élèves mieux préparés, plus confiants et capables de s’intégrer dans une société en pleine mutation.

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