Drame de Melilia : retour sur ce qui s’est passé
Des migrants tentant un assaut groupé contre la clôture métallique au niveau de la province de Nador © DR
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Les opérations dissuasives menées par les forces de l’ordre marocaines et espagnoles ne découragent pas les candidats à la migration illégale. Ces derniers affluent, de plus en plus nombreux, vers la frontière nord du Royaume, espérant exploiter la moindre occasion pour s’infiltrer à Sebta et Melilia.
Armés de pierres, de matraques et d’objets tranchants, près de 2.000 migrants ont tenté, vendredi dernier, de s’introduire dans l’un des présides occupés, en prenant d’assaut la clôture de fer séparant Nador de Melilia. Des heurts ont alors éclaté avec les forces de sécurité et ont provoqué des morts et des blessés.
Assaut organisé et bilan tragique
Avant de passer à l’acte, les migrants clandestins avaient commencé à se rassembler, depuis déjà plusieurs jours, dans une zone avoisinante. Cela fait d’ailleurs plus d’une semaine qu’un groupe se livre à de violentes altercations avec les forces de l’ordre marocaines, qui tentent de les empêcher d’entrer à Melilia.
Selon la presse ibérique, ce groupe de migrants, d’une centaine de personnes, s’est organisé en bande, armée et préparée à livrer une «guerre» aux autorités marocaines pour pouvoir passer en Europe. Les affrontements entre les deux parties étaient d’une violence extrême.
Selon le dernier bilan des autorités locales de Nador, le nombre de migrants morts est passé à 23, après que cinq hommes aient succombé à leurs blessures samedi dernier, soit au lendemain de l’assaut. On déplore également des centaines de blessés, dont des membres de forces de l’ordre.
Deux membres des forces de l’ordre et 33 individus, qui étaient sur place lors de cette bousculade, se trouvent actuellement sous surveillance médicale à l’Hôpital Hassani de Nador et au CHU d’Oujda et leur état de santé est stable, indique la même source qui a tenu à démentir tout décès parmi les éléments de la force publique. Ce bilan serait le plus meurtrier, jamais enregistré lors des nombreuses tentatives de franchissement de la frontière.
Interrogé sur cet événement, Abdelkrim Belguendouz, professeur universitaire et chercheur en migration, déplore un manque d’information et estime qu’il est essentiel de lever le mystère sur les circonstances de cet assaut.
«Nous avons aujourd’hui un bilan de 23 morts qui reste très lourd sur le plan humain. Nous ne pouvons pas spéculer du moment que les autorités marocaines n’ont pas donné leur version. On parle de 2.000 personnes, issus pour la plupart de pays d’Afrique subsaharienne. Est-ce que c’est le nombre exact ? De quelles origines sont-ils ? Comment les 23 personnes sont-elles mortes ? Est-ce que la police espagnole a également intervenu ? Ce sont des questions qui méritent d’être soulevées», affime-t-il pour LeBrief
Déterminé à voir plus clair, notre interlocuteur appelle les autorités à mettre fin aux rumeurs et aux fausses informations alimentées par le manque de communication officielle.
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Appels à une «enquête approfondie»
Au Maroc, comme en Espagne, les voix des ONG s’élèvent pour réclamer une «enquête approfondie» sur ce drame. «Nous insistons sur l’ouverture d’une enquête approfondie pour élucider toutes les circonstances de ce drame», a plaidé samedi Omar Naji, chargé du dossier des migrants au sein de la section de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Nador. Les associations espagnoles estiment également qu’une enquête est nécessaire pour éclaircir les faits et les responsabilités.
Pour leur part, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) ont réagi conjointement pour rappeler la nécessité de prioriser la sécurité des migrants et des réfugiés et l’importance de trouver des solutions durables pour les personnes en situation de déplacement.
Suite à ces incidents, plusieurs partis politiques ont souligné la dimension humaine prônée par le Maroc dans le traitement de la question migratoire, condamnant, par la même, toutes les tentatives visant à instrumentaliser ces incidents «tragiques» pour porter atteinte à l’image du pays et à son leadership sur le continent africain en ce qui concerne la politique migratoire.
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La politique migratoire du Maroc saluée
Les représentants des ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur, des ambassadeurs de pays africains se sont réunis dimanche au siège du ministère des Affaires étrangères à Rabat. En projetant les enregistrements vidéos, la partie marocaine a expliqué le déroulement des faits, précisant que les décès des migrants ont été provoqués par les émeutes.
Après cette rencontre, les ambassadeurs des pays africains ont été unanimes. Ils ont d’abord condamné fermement les réseaux de trafic de migrants qu’ils tiennent responsables de cette situation, puis ils ont tous exprimé leur soutien aux autorités marocaines face à cet événement, tout en saluant la politique migratoire du Royaume.
Ils se sont également dits prêts à accompagner le roi Mohammed VI pour trouver une solution pérenne à la question de l’immigration, et à travailler avec les autorités marocaines pour que leurs citoyens soient sensibilisés sur le fait que l’immigration illégale ne peut être encouragée. En même temps, les diplomates ont appelé au renforcement de la coopération sécuritaire entre les pays africains.
Enfin, s’exprimant samedi lors d’une conférence de presse à Madrid, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a affirmé que l’assaut de milliers de migrants subsahariens contre Melilia était le résultat des «mafias qui se livrent au trafic des êtres humains». Il a également ajouté «qu’il s’agit d’une attaque contre l’intégrité territoriale» de l’Espagne.
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