Cybersécurité : le Maroc troisième pays africain le plus exposé
Cybersécurité (image d'illustration) © DR
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Le Maroc figure au troisième rang des pays africains les plus exposés aux cybermenaces en 2025, selon un rapport publié le 12 octobre par Mastercard. Le groupe américain a recensé 69.236 événements informatiques visant des organisations sur le continent, dont 10,6% concernent le Royaume, derrière le Nigeria et l’Afrique du Sud.
D’après les données de Mastercard Cyber Insights, le Nigeria arrive en tête avec 24,4% des événements identifiés, suivi de l’Afrique du Sud (12,6%). Le Maroc devance l’Égypte (8,8%) et le Kenya (7,1%). Sa part représente environ 7.300 événements sur l’année, selon les pourcentages communiqués. Ces chiffres proviennent du dispositif de surveillance de Mastercard et ne constituent pas un décompte exhaustif de toutes les attaques informatiques survenues dans chaque pays.
Intitulé Africa’s Digital Defense Race, le rapport examine les risques liés à la numérisation des économies africaines, notamment au Maroc, au Nigeria, en Afrique du Sud et au Kenya.
Un cadre institutionnel à renforcer face aux menaces
Mastercard souligne la place du Maroc dans les échanges numériques avec l’Europe et son organisation institutionnelle en matière de cybersécurité. Le Royaume a toutefois été confronté à plusieurs menaces visant des institutions publiques et à des incidents touchant la sécurité des données, selon Shabir Ahmed, vice-président principal chargé des solutions destinées aux clients africains.
Le dispositif national repose notamment sur la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI) et la loi 05-20 relative à la cybersécurité. La stratégie nationale à l’horizon 2030 prévoit une meilleure coordination des acteurs publics et privés, ainsi que le renforcement de la protection des infrastructures critiques. Ces éléments ne permettent cependant pas, à eux seuls, de mesurer l’efficacité des dispositifs de défense face aux attaques.
À l’échelle continentale, les événements informatiques recensés par Mastercard ont progressé de 421,4% entre 2016 et 2025, contre 307,3% à l’échelle mondiale. Les entreprises technologiques, les administrations et les établissements financiers concentrent 44% des activités malveillantes observées.
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Un déficit de spécialistes qui fragilise le continent
L’Afrique comptait environ 200.000 postes vacants dans la cybersécurité à la fin de 2025, soit un déficit estimé à 23% des effectifs actuels du secteur. Cette pénurie intervient alors que les usages numériques se développent rapidement : les utilisateurs de services monétaires sur téléphone mobile ont été multipliés par 5,9 entre 2016 et 2025.
Mastercard projette par ailleurs un marché africain des paiements numériques pouvant atteindre 1.500 milliards de dollars d’ici 2030. Cette croissance élargit également les enjeux liés aux fraudes, aux rançongiciels et au vol de données.
Face à ces risques, la coopération policière constitue un autre levier. L’opération Serengeti 2.0, coordonnée par Interpol entre juin et août 2025 dans 18 pays africains, a conduit à 1.209 arrestations et au démantèlement de 11.432 infrastructures malveillantes.
Mastercard a également annoncé la création d’un centre africain d’excellence en cybersécurité, avec un déploiement initial en Afrique du Sud et au Nigeria. Le dispositif prévoit le partage de renseignements sur les menaces et des exercices de simulation. Les modalités d’une éventuelle participation marocaine n’ont toutefois pas été précisées.
Les 950 emplois annoncés interrogent sur les réelles retombées de la croissance aéronautique pour les compétences et les entreprises marocaines.
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