Une interview sur la chaîne nationale, suivie d’une visite dans les villages sinistrés. Le scénario semble pointilleusement écrit. D’abord la parole officielle pour rassurer, ensuite la proximité affichée pour incarner « l’homme du peuple ». Le pouvoir parle, puis descend sur le terrain, comme toujours en période électorale. Cela s’appelle le storytelling électoral !
Les images sont publicitairement soignées avec un thé partagé, des sourires, une main posée sur une épaule. Rien de faux, rien de forcé, mais une vraie publicité pour un produit local. C’est efficace. Mais dans une société où la confiance envers la parole publique se fait rare, ce type de mise en scène est lu avec l’œil le plus critique qui soit. Quel décalage entre ce qui est montré et ce qui est réellement vécu.
La terre marocaine n’est pas un décor pour le marketing. Les habitants d’Al Haouz n’attendent pas des caméras, mais des maisons, des routes et des hôpitaux. Toute cette communication sonne creux.
Et c’est bien ça le danger du storytelling électoral, il capte l’émotion, il occupe l’espace médiatique au détriment de l’information et fait même oublier la réalité. Plus l’histoire est parfaite, plus la déception sera forte si elle n’est pas suivie de faits concrets.
Le gouvernement peut bien chercher à se montrer proche, à humaniser son action, à projeter une image maîtrisée, mais au bout du compte, ce n’est pas le thé partagé devant les caméras qui comptera. C’est le hors-champ, là où les familles attendent encore des aides, une classe pour leurs enfants, un toit convenable.
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