Chronique CADENCE
Sabrina El Faiz Publié le 11/07/25 à 10:29
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Arnaque à la charité

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Vous les voyez partout, ces publicités qui font appel aux dons. On baigne dans un océan d’images chocs : bébés malades, situations insoutenables… et personne ne vérifie. On scrolle, on lâche une larme, on donne. Mais derrière, souvent, c’est une vidéo recyclée, trafiquée, une fausse urgence montée pour soutirer de l’argent aux plus sensibles.

Ca n’arrive pas qu’aux autres, il faut qu’on en parle. 6.128 affaires jugées en 2020, avec 6.525 condamnations. De nos jours, l’appel au secours glisse souvent vers la grosse arnaque. Manipulation émotionnelle, escroquerie bien ficelée pour soutirer de l’argent aux bons samaritains… le catfish quoi !

Autant dire qu’on est dans un marécage numérique. Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, l’a clairement dit : ce n’est pas un don, c’est parfois de l’escroquerie. Donc pour récapituler, la loi ne fait aucune distinction entre un mendiant dans la rue et un « élève de la misère » sur Instagram.

6.525 condamnations sur une année ? Ça veut dire qu’il y a encore une montagne qui passe entre les mailles du filet. Et ce n’est qu’un instantané, en 2020. Personne ne sait vraiment ce que ça donne aujourd’hui, mais vu comment les réseaux ont fondu sur ces appels à la compassion, on peut craindre que les chiffres aient explosé depuis.

Avant de liker et envoyer de l’argent, il faut se poser quelques questions : quel est le cadre légal ? Quelles sont les preuves de l’existence de ce fond… Faut arrêter de vivre dans la croyance naïve que tout ce qu’on nous balance sur les réseaux sociaux est légitime.

Le problème, c’est que cette mendicité digitale détourne l’attention et l’argent de ceux qui en ont vraiment besoin. Alors si on veut sauver un peu d’humanité, il va falloir apprendre à durcir nos réflexes. Non, Twitter n’est pas une ONG.