Ahmed Faras s’est éteint la semaine dernière, emportant avec lui un pan de l’histoire du football marocain. Ceux qui ont connu le capitaine légendaire des Lions de l’Atlas et le Ballon d’or africain en 1975 sur le terrain parlent d’un artiste. Ceux qui ne l’ont vu qu’en archives perçoivent malgré tout la grandeur du joueur.
À une époque où les projecteurs n’éblouissaient pas encore les stades africains, Faras brillait par son élégance naturelle, sa fidélité au Chabab Mohammédia et son rôle de guide pour toute une génération. Il n’a jamais quitté son club de cœur, refusant les appels de l’étranger, par amour du pays. Une loyauté rare, aujourd’hui impensable, et qui rend son parcours d’autant plus légendaire.
Nous, générations d’après, n’avons pas eu cette chance de vibrer en direct sur ses buts ni de le voir porter le brassard à la Coupe du monde 1970. Mais son héritage, lui, a traversé les décennies. Il est dans les récits de nos parents, dans les archives en noir et blanc, dans cette fierté collective qu’il a contribué à bâtir. Faras, c’était l’honneur d’un Maroc conquérant, digne, fier sur le terrain comme en dehors.
En écoutant ce qui se dit de l’époque Faras, c’est tout un football disparu qu’on pleure. Celui où le jeu avait une âme, où la beauté du geste comptait plus que les statistiques, et où l’amour du maillot primait sur les contrats. Faras n’était pas seulement un buteur, il était une idée du football, un symbole de loyauté et d’élégance. Son jeu ne se décortique pas, il se transmet, avec émotion, dans la voix de ceux qui l’ont vu illuminer les terrains.
Alors oui, nous n’avons pas eu cette chance. Mais Ahmed Faras n’est pas mort. Il reste vivant à travers les hommages, les souvenirs, les cœurs battants d’un pays qui ne l’oubliera jamais. Et il restera, pour toujours, le premier roi du ballon rond marocain.
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