BRICS/Afrique : le Maroc rejette en bloc les allégations de Pretoria

Avatar de Manal Ben El Hantati

Temps de lecture :

Rio de Janeiro accueillera le sommet des BRICS en 2025Photo illustration représentant les drapeaux des pas membres des BRICS © DR

A
A
A
A
A

Le Maroc a décliné l’invitation à la réunion «BRICS/Afrique» en Afrique du Sud et n’a jamais envisagé d’y participer, selon une source autorisée du ministère des Affaires étrangères. L’invitation à cette réunion, prévue le 24 août à Johannesburg, émane uniquement de l’Afrique du Sud, et non des BRICS ni de l’Union africaine. La source souligne que les relations entre le Maroc et l’Afrique du Sud sont tendues, principalement en raison de la position hostile de Pretoria envers le Maroc concernant la question de son Sahara. Elle critique également la diplomatie sud-africaine pour son organisation imprévisible et ses entorses protocolaires lors de l’invitation. Le point avec Hicham Berjaoui, professeur de droit international à l’Université Mohammed V de Rabat.

D’après une source autorisée du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, le Royaume du Maroc a catégoriquement décliné l’invitation à la réunion «BRICS/Afrique» en Afrique du Sud. Cette réunion, prévue le 24 août à Johannesburg, n’a pas été une initiative des BRICS ou de l’Union africaine, mais plutôt une invitation unilatérale émanant de l’Afrique du Sud.

Lire aussi : Diplomatie : Bourita s’entretient avec son homologue indien

Relations tendues avec l’Afrique du Sud

La source a souligné que cette invitation a été évaluée à la lumière des relations tendues entre le Maroc et l’Afrique du Sud. Pretoria a maintenu une hostilité persistante envers le Maroc, particulièrement sur la question du Sahara marocain, et a adopté des positions négatives et dogmatiques.

En outre, la source a critiqué la diplomatie sud-africaine pour son caractère improvisé et imprévisible dans l’organisation d’événements tels que celui-ci. Elle a également noté des entorses protocolaires et une sélection arbitraire d’invités par l’Afrique du Sud, qui a détourné l’événement de son objectif initial.

En ce qui concerne les relations du Maroc avec le groupement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), la source a réfuté les affirmations de la diplomatie sud-africaine concernant une éventuelle candidature du Maroc. Bien que le Maroc entretienne des relations substantielles avec les membres du groupe, aucun acte formel de candidature n’a été déposé.

Par ailleurs, la source a souligné que l’avenir des relations du Maroc avec le groupement BRICS sera guidé par la politique étrangère du Royaume, définie par le roi Mohammed VI. Le Maroc reste attaché à un multilatéralisme efficace, solidaire et rénové, tout en évitant que les plateformes multilatérales soient utilisées pour diviser ou interférer dans les affaires souveraines des États, créant ainsi des précédents préjudiciables.

L’Afrique du Sud instrumentalise le groupement BRICS

Contacté par LeBrief, Hicham Berjaoui, professeur de droit international à l’Université Mohammed V de Rabat affirme que les relations entre le Maroc et l’Afrique du Sud demeurent convulsives en raison de la position sud-africaine à l’égard de la marocanité du Sahara.

Malgré l’évolution ayant façonné le dossier saharien, découlant des positions clairement pro-marocaines exprimées par les États-Unis, l’Allemagne, Israël, l’Espagne et d’autres puissances mondiales d’une part, et les réalités du terrain d’autre part, les autorités sud-africaines continuent de s’aligner sur les thèses révolues et surréalistes brandies par l’Algérie, souligne le professeur.

Et, d’ajouter qu’étant un des acteurs du groupement BRICS, l’Afrique du Sud tente de l’instrumentaliser pour contrecarrer la cause nationale marocaine. Mais, ces tentatives, propulsées par l’Algérie, ne produisent que des effets très limités, voire éphémères, car Rabat entreprend des relations bilatérales importantes avec les autres États du BRICS.

C’est, donc, la dimension bilatérale qui compte pour Rabat afin de fructifier les liens de coopération avec des ensembles interétatiques ne présentant pas une position commune ou au moins suffisamment élaborée vis-à-vis du Sahara marocain, soutient notre intervenant.

Lire aussi : Le grand retour des BRICS

Rien n’empêche Rabat de faire acte de candidature au groupement BRICS

Selon Hicham Berjaoui, le bilatéralisme offre une solution tantôt palliative, tantôt curative aux risques susceptibles d’être générés par l’appartenance officielle à un ensemble interétatique/multilatéral donné.

D’un point de vue purement formel, poursuit-il, rien n’empêche Rabat de faire acte de candidature au groupement BRICS. Néanmoins, la composition de ce groupement, passée évidemment au crible du dossier du Sahara marocain, privilégie jusqu’à présent un traitement bilatéral, c’est-à-dire, le développement des liens de coopération avec ses membres «ut singuli», explique le politologue.

Lire aussi : BRICS : un sommet capital à Johannesburg

Quel avenir pour les relations du Maroc avec le groupement BRICS ?

«Le groupement BRICS se compose d’États qui perçoivent différemment notre cause nationale. La Chine observe une certaine neutralité qualifiable de “dynamique” car elle a, à son tour, un dossier lié à l’intégrité territoriale incarné dans le Taïwan. La Russie, elle, est un allié de longue date de l’Algérie. L’Afrique du Sud peut être placée dans le même giron» note le responsable.

«Eu égard à cette composition, le rapport avec le BRICS devrait être consolidé avec chacun des membres avant d’explorer la voie d’une adhésion complète», estime-t-il.

Et, au final, Hicham Berjaoui a mentionné que, les États du BRICS, au même titre que les autres puissances mondiales, prennent de plus en plus en considération «la puissance normative des faits» s’agissant du dossier saharien dans la mesure où le Maroc est omniprésent sur le terrain et à tous les niveaux : politique, économique, social, et a, de surcroît, proposé une solution viable à un différend artificiel qui n’a plus à exister.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Climat : plus de 13 millions d’Africains touchés en 2025

L’Afrique a subi en 2025 plus de 3.000 décès liés aux événements climatiques extrêmes. L’OMM alerte sur l’accélération du réchauffement et la vulnérabilité du continent.

El Mehdi El Azhary - 18 juin 2026
Niger : tirs prolongés près de l’aéroport de Niamey, suspicion d’attaque terroriste

Des tirs ont visé jeudi matin les abords de l’aéroport de Niamey, suggérant une possible attaque terroriste dans un contexte sécuritaire très tendu au Niger.

Mouna Aghlal - 18 juin 2026
Rwanda : le PIB progresse de 10% au 1er trimestre 2026

Le PIB du Rwanda a bondi de 10% au 1er trimestre 2026, soutenu par les services, l’industrie et l’agriculture, selon le NISR. La dette publique reste, quant à elle, contenue.

El Mehdi El Azhary - 18 juin 2026
Guinée équatoriale : le gouvernement remet sa démission après une évaluation interne

Le gouvernement de la Guinée équatoriale a démissionné après une évaluation révélant un taux d’exécution de 10% des objectifs fixés, sur fond de difficultés économiques.

El Mehdi El Azhary - 18 juin 2026
RDC : des discussions secrètes engagées entre Kinshasa et la rébellion de Thomas Lubanga

La RDC et la rébellion de Thomas Lubanga ont engagé des discussions secrètes sous médiation ougandaise. Un dialogue initié en avril reste bloqué malgré un cessez-le-feu annoncé.

El Mehdi El Azhary - 18 juin 2026
Énergie, inflation, alimentation : le FMI alerte sur les fragilités africaines

Le FMI alerte sur la vulnérabilité de plusieurs pays africains face au choc énergétique, qui menace les prix, les budgets publics et la sécurité alimentaire.

El Mehdi El Azhary - 16 juin 2026
Voir plus
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
Saint-Siège : que cherche le Vatican en Afrique ?

Dossier - L’archevêque de Rabat s’est retiré, mais est-ce qu’il aurait eu du poids de toute façon ? Au Vatican, les profils comme le sien sont souvent vus comme symboliques.

Sabrina El Faiz - 10 mai 2025
Sport : l’arme douce de la politique africaine

Dossier - L’Afrique a longtemps couru après ses talents. Beaucoup partaient, d’autres restaient… mais le vent tourne et c’est le sport qui le fait souffler.

Sabrina El Faiz - 21 juin 2025
200.000 Sénégalais au Maroc : une communauté en pleine intégration

Afrique - Le Maroc abrite une importante communauté sénégalaise, estimée à près de 200.000 personnes.

Ilyasse Rhamir - 11 mars 2025
Afrique, continent le plus riche au monde ?

Dossier - Il y a 50 ans, qui aurait parié sur cette Afrique ? Les Africains eux-mêmes l’ont fui à plusieurs reprises, à la recherche d’un Eldorado plus riche...

Sabrina El Faiz - 11 janvier 2025
CAN féminine 2024 : ce qu’il faut savoir avant le début de la compétition

Sport - La CAN féminine 2024 s’ouvre au Maroc, promettant un spectacle passionnant avec les meilleures équipes africaines prêtes à rivaliser pour le titre continental.

Hajar Toufik - 4 juillet 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire