Après la victoire du PAM, quelle majorité pour le nouveau Parlement ?

Redaction LeBrief

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Chambre des représentantsChambre des représentants — source : Agence Marocaine de Presse

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Les résultats provisoires des élections législatives ont redessiné la carte des alliances possibles en vue de la formation du prochain gouvernement. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges, devant le RNI avec 66 sièges, l’Istiqlal avec 65 sièges et le PJD avec 54 sièges. Le MP obtient 29 sièges, l’USFP 26, le PPS 19, l’UC 17 et le MDS 8, tandis que les sièges restants se répartissent entre l’Alliance de la gauche et quatre petites formations.

L’article 47 de la Constitution prévoit la nomination du chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants, sur la base de leurs résultats. L’investiture du gouvernement requiert toutefois, en vertu de l’article 88, l’approbation de son programme par la majorité absolue des membres de la Chambre des représentants, soit au moins 198 voix sur 395. Le PAM part ainsi de 97 sièges et doit en obtenir 101 supplémentaires.

Une seule formule à trois partis

Les chiffres montrent d’abord qu’une seule configuration permet au PAM de former une majorité de trois partis sans le PJD : une alliance avec le RNI et l’Istiqlal.

L’addition des 97 sièges du PAM, des 66 du RNI et des 65 de l’Istiqlal donne une majorité de 228 sièges, soit 30 de plus que le seuil requis. Cette formule réunit les trois partis qui composaient la majorité sortante, avec un changement dans le rapport de forces : le PAM devient le premier parti, devant le RNI, qui ne devance l’Istiqlal que d’un siège.

Au regard des positions affichées avant les élections, aucune décision officielle n’exclut cette formule. L’Istiqlal a annoncé ne poser aucune ligne rouge en matière d’alliances, tandis que le RNI a préféré reporter les discussions à après l’annonce des résultats et la désignation du chef du gouvernement. La position exprimée par des dirigeants du PAM à l’égard du RNI était, quant à elle, liée à l’hypothèse d’une victoire du parti de la colombe et de sa direction du gouvernement, une hypothèse que les résultats provisoires actuels ne confirment pas.

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L’Istiqlal comme seul grand partenaire

Si les deuxième et troisième partis ne siègent pas ensemble au gouvernement, l’Istiqlal permet au PAM de bâtir une majorité à quatre partis.

Le PAM et l’Istiqlal totalisent 162 sièges et ont besoin de 36 sièges supplémentaires. Plusieurs configurations se dessinent alors sans recourir au PPS : l’ajout du MP et du MDS porte le total à 199 sièges ; celui du MP et de l’UC à 208 sièges ; celui du MP et de l’USFP à 217 sièges. L’ajout de l’USFP et de l’UC permet également aux quatre partis de totaliser 205 sièges.

La présence de l’Istiqlal permet donc de former une majorité à quatre partis par plusieurs voies, même en excluant le PJD, l’Alliance de la gauche et le PPS.

S’agissant des positions annoncées, l’Istiqlal a affirmé avant le scrutin ne pas exclure une alliance avec quelque parti politique marocain que ce soit, tandis que l’USFP a fait part de son ouverture au PAM, tout en excluant le PJD.

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Le RNI offre une équation similaire

Un schéma comparable peut être construit autour du RNI. Le PAM et le RNI disposent ensemble de 163 sièges, ce qui leur impose d’en trouver 35 supplémentaires.

L’ajout du MP et du MDS permettrait de former une alliance de 200 sièges. Le PAM, le RNI, le MP et l’UC totaliseraient 209 sièges, tandis que le PAM, le RNI, l’USFP et l’UC en compteraient 206. Une coalition réunissant le PAM, le RNI, le MP et l’USFP atteindrait, elle, 218 sièges.

Le PAM peut ainsi former une majorité de quatre partis avec le RNI également, sans l’Istiqlal et sans avoir besoin du PJD, de l’Alliance de la gauche ou du PPS.

La relation entre le PAM et le RNI revêt une importance particulière dans ces calculs. La campagne a été marquée par des différends entre les deux formations. Toutefois, selon les positions publiées avant le scrutin, le PAM n’a pas annoncé de décision partisane générale interdisant une alliance avec le RNI dans tous les cas de figure. Fatima-Zahra Mansouri avait exprimé son refus personnel de participer à un gouvernement dirigé par le RNI si celui-ci arrivait en tête des élections, tout en soulignant que la décision finale revenait au Conseil national du parti. Le RNI, de son côté, a reporté toute décision sur les alliances à après les élections.

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Le PPS, une éventualité sous conditions

Avec ses 19 sièges, le PPS demeure une force susceptible de modifier certaines configurations, mais son intégration dans l’équation politique appelle à la prudence. Nabil Benabdallah a conditionné la participation à toute alliance au respect d’engagements en matière de gouvernance, de lutte contre les conflits d’intérêts, la rente et la corruption, ainsi que de transparence. Le parti a également annoncé son refus d’une alliance avec le RNI.

Si le PPS participe à une majorité sans le RNI, les options s’élargissent. Le PAM, l’Istiqlal, le MP et le PPS totalisent 210 sièges, tandis que le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS atteignent 207 sièges. Une autre formule, réunissant le PAM, l’Istiqlal, le PPS et l’UC, totalise exactement 198 sièges.

Les formules associant le PPS et le RNI restent possibles sur le plan arithmétique, mais elles ne correspondent pas à la position annoncée par le parti avant les élections, sauf changement après les résultats.

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Et si le RNI et l’Istiqlal restaient tous deux hors du gouvernement ?

L’équation devient plus complexe si ni le RNI ni l’Istiqlal ne participent au gouvernement, en plus de l’exclusion du PJD et de l’Alliance de la gauche.

Dans ce cas, les sièges du PAM, du MP, de l’USFP, de l’UC, du MDS et de l’ensemble des petites formations ne suffisent pas pour atteindre 198 sièges sans le PPS. Leur total plafonne à 183 sièges, même en y ajoutant les petits partis restants.

Le PPS devient alors indispensable sur le plan arithmétique. Il serait par exemple possible de réunir le PAM, le MP, l’USFP, le PPS, l’UC, le MDS et l’un des deux partis disposant de deux sièges, pour atteindre un total de 198 sièges. Cette majorité regrouperait toutefois sept partis, contre seulement trois dans la formule PAM-RNI-Istiqlal.

La nouvelle carte parlementaire révèle ainsi une équation claire sur le plan arithmétique : la présence de l’Istiqlal ou du RNI au sein de la majorité permet au PAM de former une coalition limitée à quatre partis, tandis que leur présence conjointe ramène ce nombre à trois. Leur absence simultanée rend, en revanche, l’atteinte des 198 sièges dépendante de la participation du PPS et du rassemblement d’un grand nombre de forces parlementaires.

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