Minéraux critiques : Washington courtise l’Afrique industrielle

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Tenue du Forum sur les minéraux critiques le 10 juillet à AbidjanTenue du Forum sur les minéraux critiques le 10 juillet à Abidjan © DR
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Les États-Unis veulent promouvoir en Afrique un modèle alternatif de développement des chaînes de valeur des minéraux critiques, fondé sur la transformation locale, les investissements privés et le renforcement des infrastructures. C’est le message porté par Jeremy Wiggins, secrétaire adjoint délégué chargé de l’Investissement, de l’Énergie et des Infrastructures au département américain du Trésor, lors du Forum ministériel sur les minéraux critiques organisé vendredi 10 juillet à Abidjan par la Banque africaine de développement (BAD).

Cette rencontre a réuni plusieurs ministres africains en charge des Mines, de l’Énergie et de l’Industrie, ainsi que des représentants de la Commission de l’Union africaine, du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), d’institutions financières et d’investisseurs. L’objectif était d’identifier les moyens permettant au continent de mieux valoriser ses ressources stratégiques, alors que l’Afrique concentre près de 30% des réserves mondiales de minéraux critiques, indispensables à la fabrication des batteries, véhicules électriques, semi-conducteurs et équipements numériques.

Pour Washington, ces ressources n’ont pas encore permis au continent de bénéficier pleinement de la valeur générée par leur exploitation. « Pendant trop longtemps, le modèle dominant a consisté à extraire le minerai, l’exporter brut puis le transformer ailleurs », a déclaré Jeremy Wiggins, soulignant que l’Afrique capte actuellement une part marginale de la valeur mondiale issue des technologies énergétiques.

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Une compétition mondiale accrue

Sans citer directement Pékin comme adversaire, le responsable américain a inscrit son intervention dans le contexte de la compétition mondiale autour des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques. La Chine occupe aujourd’hui une position dominante dans ce secteur, notamment grâce à ses capacités de raffinage et de transformation, qui représentent près de 70% du traitement mondial des minéraux critiques.

Face à cette situation, les États-Unis défendent une approche visant à permettre aux pays africains de développer leurs propres capacités industrielles. Cette stratégie repose sur trois priorités : combler le déficit d’infrastructures, améliorer la transparence des cadres réglementaires et attirer davantage de capitaux privés. Selon la BAD, les besoins africains en infrastructures restent compris entre 68 et 108 milliards de dollars par an.

Washington a également mis en avant plusieurs initiatives destinées à soutenir cette ambition, notamment un financement de 550 millions de dollars accordé par la Development Finance Corporation au corridor ferroviaire de Lobito, ainsi qu’un programme énergétique régional de 300 millions de dollars financé par le Millennium Challenge Corporation en Côte d’Ivoire.

Le responsable américain a par ailleurs insisté sur le rôle central de l’énergie dans l’industrialisation du continent. Selon lui, aucune économie n’a réussi sa transformation industrielle sans disposer d’une énergie abondante, fiable et accessible, qu’elle provienne du gaz, de l’hydroélectricité, de la géothermie ou du solaire.

De son côté, le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a appelé à rompre avec un modèle reposant sur l’exportation de matières premières afin de faire des minéraux critiques un moteur de développement industriel et de création d’emplois. Le forum d’Abidjan illustre ainsi l’importance croissante de l’Afrique dans la compétition mondiale pour les ressources stratégiques et la nécessité pour le continent de capter une plus grande part de la valeur créée à partir de ses richesses naturelles.

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