Transition énergétique : l’Afrique en manque de fonds, selon l’AIE

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Transition énergétique : des avancées, mais des fragilités persistantesImage d'illustration © DR
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Les financements publics internationaux destinés à soutenir la transition vers une énergie propre dans les pays en développement progressent à un rythme insuffisant pour répondre aux besoins, selon le rapport « Tracking SDG7: The Energy Progress Report 2026 », publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en collaboration avec plusieurs partenaires. Le document met en garde contre un ralentissement des efforts financiers alors même que l’objectif d’un accès universel à une énergie moderne d’ici à 2030 reste éloigné.

En 2024, les flux publics internationaux consacrés au financement de l’énergie propre dans les pays en développement se sont établis à 24,6 milliards de dollars, contre 24,4 milliards un an plus tôt. Cette légère hausse ne permet toutefois pas de retrouver le niveau record de 31,4 milliards de dollars atteint en 2016, illustrant une stagnation des investissements publics sur le long terme.

Ces financements visent à soutenir l’Objectif de développement durable n°7 des Nations unies, qui prévoit un accès universel à une énergie abordable, fiable, durable et moderne d’ici à 2030. Le rapport souligne cependant que les ressources mobilisées demeurent très en deçà des montants nécessaires pour atteindre cette cible. Il relève également que les prêts continuent de représenter l’essentiel des financements, avec 80% des flux, tandis que les dons ne constituent que 13%, ce qui alourdit la charge financière des pays bénéficiaires.

Lire aussi : Dette africaine : le FMI accusé de sacrifier les services publics sur l’autel de l’austérité

Une baisse des ressources mobilisées en Afrique subsaharienne

La répartition géographique des financements montre que l’Amérique latine et les Caraïbes ont capté 24% des flux en 2024, devant l’Asie centrale et du Sud (22%). L’Afrique subsaharienne a reçu 20% des financements internationaux destinés à l’énergie propre.

Cette région enregistre toutefois une baisse marquée des ressources mobilisées. Les financements y sont passés d’environ 7,2 milliards de dollars en 2023 à près de 5 milliards en 2024. Le solaire demeure la principale technologie soutenue, représentant près de 45% des financements accordés à l’Afrique subsaharienne, devant l’hydroélectricité (22%) et les autres énergies renouvelables (32%). À l’échelle mondiale, le solaire concentre 7,4 milliards de dollars, soit près de 30% des flux consacrés aux énergies propres.

Selon le rapport, les principaux bailleurs de fonds en Afrique subsaharienne sont l’Association internationale de développement, qui représente 32% des financements régionaux, suivie de la Chine (16%) et de l’Allemagne (12%).

Les auteurs estiment que, malgré les avancées enregistrées depuis 2015, notamment la progression des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial et l’amélioration de l’efficacité énergétique, le monde n’est toujours pas sur la trajectoire permettant de garantir un accès universel à l’électricité d’ici à 2030. L’Afrique subsaharienne, où se concentre encore une grande partie de la population privée d’électricité, demeure le principal symbole du décalage entre les ambitions affichées et les moyens financiers effectivement mobilisés.

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