RDC : l’or d’Ituri massivement détourné vers l’Ouganda, selon l’ONU
Un rapport d’experts des Nations unies met en évidence une intensification marquée des flux illicites d’or entre l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda en 2025, avec la province congolaise de l’Ituri au centre d’un circuit de contrebande de grande ampleur. Les auteurs du document s’appuient sur des écarts jugés significatifs entre les volumes de production, de déclaration et d’exportation enregistrés dans les deux pays pour conclure à une fuite massive de minerai hors des circuits officiels.
Selon ce rapport, l’Ouganda a déclaré près de 62 tonnes d’or exportées en 2025, un niveau record qui contraste avec l’absence de production nationale équivalente permettant d’expliquer de tels volumes. Les experts estiment qu’une part importante de cet or serait en réalité extraite des zones minières de l’Ituri, avant d’être introduite clandestinement sur le marché ougandais puis réexportée sous une origine falsifiée.
Par ailleurs, les données officielles relatives à l’Ituri apparaissent largement sous-estimées. Les exportations déclarées de la province ne dépasseraient pas 559 kilogrammes en 2025, alors que la production réelle, selon les observations de terrain et les estimations des experts, se chiffrerait en tonnes.
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Des prélèvements imposés par des groupes armés
Le rapport souligne par ailleurs la montée en puissance de sites d’exploitation semi-mécanisés autour de zones aurifères comme Mabanga, Nizi et le long de la rivière Shari. Ces installations auraient contribué à accroître fortement la capacité d’extraction locale, facilitant indirectement l’alimentation des circuits illégaux vers les pays voisins.
Les mineurs artisanaux, eux, évoluent dans un environnement marqué par des prélèvements imposés par des groupes armés actifs dans la région. Ces taxes illégales constitueraient une source de financement importante pour ces organisations, qui les utiliseraient notamment pour l’achat d’armements et la poursuite de leurs activités.
Le document met également en garde contre l’essor de la lixiviation au cyanure des résidus aurifères, une technique de récupération particulièrement nocive pour l’environnement et la santé publique. Cette pratique, illégale lorsqu’elle est exercée sans autorisation en République démocratique du Congo, serait en expansion dans la région de Djugu, où deux installations majeures auraient permis de produire entre une et deux tonnes d’or depuis 2023.