Égypte : la stratégie des mégaprojets s’accélère

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Égypte : TGV, nucléaire et villes nouvelles redessinent l’économieLa zone économique du canal de Suez © DR
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L’Égypte poursuit une stratégie de transformation économique fondée sur des mégaprojets d’infrastructures destinés à moderniser les transports, sécuriser l’énergie et attirer les capitaux étrangers. Depuis une décennie, cette politique s’articule autour de grands chantiers ferroviaires, énergétiques et urbains qui redessinent progressivement la carte économique du pays, tout en renforçant son rôle régional. Ces investissements massifs s’inscrivent dans une logique de diversification et de désengorgement du corridor du Nil, où se concentre l’essentiel de la population et de l’activité.

L’un des piliers de cette stratégie est le projet de train à grande vitesse confié à un consortium mené par Siemens Mobility, aux côtés d’entreprises égyptiennes. Le réseau, de 2.000 kilomètres, doit relier Aïn Sokhna, Le Caire, la Nouvelle Capitale administrative, Alexandrie et plusieurs villes du sud comme Louxor et Assouan. L’investissement, estimé à plusieurs milliards de dollars, vise à réduire les coûts logistiques, fluidifier les échanges et soutenir le tourisme. Les autorités présentent ce chantier comme une révolution du transport terrestre, capable d’améliorer la compétitivité du pays et de réduire les émissions liées au trafic routier.

Projet structurant, la centrale nucléaire d’El-Dabaa marque l’entrée de l’Égypte dans la production d’énergie atomique. Construite par le groupe russe Rosatom, elle comprendra quatre réacteurs de type VVER-1200 pour une capacité totale de 4,8 gigawatts. Le coût global est évalué à près de 29 milliards de dollars, financé majoritairement par un prêt russe. Ce projet stratégique doit renforcer la sécurité énergétique du pays et réduire sa dépendance aux hydrocarbures, tout en accompagnant la croissance de la demande électrique.

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Une transformation urbaine

Dans le domaine urbain, le développement de la Nouvelle Capitale administrative, située à environ 45 kilomètres à l’est du Caire, constitue l’un des projets les plus emblématiques. Lancée en 2015, cette ville nouvelle doit accueillir les institutions gouvernementales, un quartier d’affaires, des ambassades et des infrastructures modernes. Elle s’inscrit dans un vaste programme de construction de villes de nouvelle génération visant à décongestionner la capitale historique et à offrir de nouveaux pôles de croissance.

Ces chantiers s’accompagnent d’un afflux soutenu d’investissements étrangers provenant de Chine, de Russie, des pays du Golfe et de partenaires européens. Les autorités égyptiennes estiment que plusieurs centaines de milliards de dollars ont été engagés dans les infrastructures au cours de la dernière décennie. Malgré des défis macroéconomiques persistants, ces projets sont présentés comme un levier de croissance, de création d’emplois et de repositionnement stratégique du pays au sein de la région.

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