La RDC veut ouvrir ses mines aux investisseurs locaux
La République démocratique du Congo (RDC) entend faire de sa future Bourse de Kinshasa un nouvel instrument destiné à renforcer la participation des investisseurs locaux au capital des entreprises, notamment dans le secteur minier, pilier de l’économie nationale. Le projet, encore en cours d’examen au Parlement, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à accroître la détention d’actifs miniers par les Congolais.
Selon des déclarations du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, rapportées le 2 juillet par Bloomberg, la future place boursière devrait faciliter l’accès des particuliers et des investisseurs institutionnels congolais aux actions des entreprises opérant dans le pays. Les sociétés minières figureraient parmi les premières entreprises appelées à être cotées une fois la Bourse mise en service.
Cette orientation intervient alors que les autorités congolaises accélèrent la mise en œuvre d’une réforme adoptée en 2018 imposant aux compagnies minières de céder 10% du capital de leurs actifs à des ressortissants congolais, dont la moitié est réservée aux salariés. Longtemps peu appliquée, cette disposition a été relancée au début de l’année 2026, les entreprises concernées ayant été invitées à se conformer à cette obligation avant le 31 juillet.
Premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur de cuivre, la RDC tire une part essentielle de sa richesse du secteur extractif. D’après les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), les activités extractives ont représenté 37,9% du produit intérieur brut et près de 99,6% des exportations du pays en 2023.
Lire aussi : RDC : l’or d’Ituri massivement détourné vers l’Ouganda, selon l’ONU
Une stratégie éprouvée en Afrique
Contrairement à l’obligation légale de cession de capital, l’utilisation de la future Bourse comme vecteur d’actionnariat populaire relève toutefois, à ce stade, d’une orientation politique. Les autorités souhaitent organiser des concertations avec les acteurs économiques afin de favoriser l’émergence d’un marché financier capable d’élargir l’accès des Congolais aux investissements en actions.
Cette stratégie s’inspire de modèles déjà mis en œuvre sur le continent. En Afrique du Sud, la Bourse de Johannesburg accueille depuis longtemps de nombreuses compagnies minières internationales. Au Ghana, la réglementation impose depuis 2020 aux titulaires de permis d’exploitation minière de céder au moins 20% de leur capital via une cotation à la Bourse locale dans les cinq années suivant le démarrage de leurs activités.
En RDC, plusieurs étapes restent néanmoins à franchir avant la concrétisation du projet. Le texte créant les marchés financiers et la Bourse de Kinshasa est toujours examiné par le Sénat après son adoption par l’Assemblée nationale. Parallèlement, les autorités discutent d’un partenariat avec la Société financière internationale (SFI) pour accompagner la mise en place de cette infrastructure.