L’Éthiopie s’impose parmi les plus grands producteurs mondiaux de blé

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L’Éthiopie rejoint les géants mondiaux du bléIllustration ©DR
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L’Éthiopie a enregistré une progression spectaculaire dans sa production de blé, au point d’intégrer désormais le peloton de tête des pays producteurs à l’échelle mondiale. Selon des données officielles récentes, le pays de la Corne de l’Afrique a atteint cette année une production de 33 millions de tonnes, se plaçant au septième rang mondial, à égalité avec le Canada. Une performance qui tranche radicalement avec la situation observée il y a moins d’une décennie, lorsque la récolte nationale ne dépassait pas 2,5 millions de tonnes.

Pour le Premier ministre Abiy Ahmed, ce basculement constitue le passage d’un objectif longtemps jugé irréaliste à une réalité concrète. L’Éthiopie, régulièrement confrontée par le passé aux sécheresses, aux crises alimentaires et aux épisodes de famine, affirme avoir engagé depuis 2019 une politique agricole de transformation profonde. Celle-ci repose sur une combinaison d’investissements publics, d’appui technique et d’innovation, avec pour priorité la réduction de la dépendance aux importations céréalières.

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L’irrigation hivernale au cœur du projet

Au cœur de cette stratégie figure l’extension des projets d’irrigation hivernale, conçus pour sécuriser la production au-delà du cycle des pluies et limiter l’impact des aléas climatiques. Les autorités ont également misé sur l’introduction de semences améliorées, jugées plus productives et mieux adaptées aux contraintes locales. À cela s’ajoute le recours accru à des outils numériques destinés à moderniser le suivi des cultures, à optimiser les rendements et à améliorer la gestion des ressources hydriques.

Le gouvernement éthiopien évoque aussi le rôle de partenariats d’investissement dans l’accompagnement de cette montée en puissance. Cette dynamique s’inscrit dans une logique plus large de souveraineté alimentaire, au moment où de nombreux pays africains restent très dépendants des marchés extérieurs pour couvrir leurs besoins en céréales.

L’enjeu dépasse les seules frontières éthiopiennes. D’après les estimations citées, l’Afrique importe chaque année pour près de 8 milliards de dollars de blé, principalement en provenance de Russie et d’Ukraine. Cette dépendance pèse lourdement sur des économies déjà fragilisées par l’inflation, les tensions logistiques et la croissance démographique. En même temps, près de 20% des habitants du continent souffriraient d’insécurité alimentaire.

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