Sénégal : 114 millions $ allemands pour le stockage frigorifique
Au Sénégal, des investisseurs allemands ont annoncé un engagement de 100 millions d’euros, soit environ 114 millions de dollars, pour renforcer le stockage frigorifique des produits agricoles. L’annonce a été faite le 22 juin, à la clôture de la Journée germano-sénégalaise de l’économie, organisée en marge de la visite officielle du président Bassirou Diomaye Faye en Allemagne du 21 au 23 juin 2026.
Ce futur programme doit aider le pays à réduire les pertes post-récolte, un problème récurrent dans l’agriculture sénégalaise et plus largement en Afrique. Les autorités n’ont pas encore détaillé les filières concernées ni le calendrier d’exécution, mais les infrastructures visées devraient surtout bénéficier aux productions horticoles les plus périssables.
Un investissement pour structurer le stockage frigorifique agricole
Au Sénégal, les pertes post-récolte touchent particulièrement l’oignon, la pomme de terre, la tomate, la carotte ainsi que plusieurs fruits et légumes. Selon les estimations disponibles, elles représentent entre 30% et 40% de la production nationale chaque année. Ce niveau de pertes pèse à la fois sur les revenus des producteurs, l’approvisionnement des marchés et la stabilité des prix pour les consommateurs.
L’appui annoncé pourrait donc renforcer la chaîne du froid, encore insuffisamment développée dans le pays. Il s’inscrit dans une dynamique déjà engagée par les autorités sénégalaises, notamment à travers le programme Agricool, qui prévoit des infrastructures modernes de conservation sous atmosphère contrôlée. L’objectif est d’améliorer les conditions de stockage, d’allonger la durée de conservation des récoltes et de limiter les ventes précipitées juste après les périodes de production.
Au-delà du cas sénégalais, cet enjeu concerne une large partie du continent. Dans plusieurs pays africains, l’insuffisance des capacités de conservation entraîne des pertes importantes tout au long des chaînes de valeur agricoles, en particulier pour les produits frais. Les institutions panafricaines et régionales, comme l’Union africaine et la Banque africaine de développement, soutiennent depuis plusieurs années la modernisation des infrastructures agricoles afin de renforcer la sécurité alimentaire, développer l’agro-industrie et améliorer les débouchés à l’exportation. Si l’engagement allemand se concrétise, il pourrait ainsi contribuer à consolider la place du Sénégal dans l’horticulture ouest-africaine, tout en offrant un exemple de coopération ciblée sur un maillon souvent négligé de la transformation agricole.