PLF 2024 : les grandes lignes dévoilées

Avatar de Atika Ratim

Temps de lecture :

Fouzi Lekjaa annonce une réforme de l'IR pour les travailleurs marocainsLe ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa. © DR

A
A
A
A
A

Les députés et les conseillers membres des commissions permanentes des finances ont suivi ce vendredi matin l’exposé du ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, relatif au cadre général des préparatifs du projet de loi de finances 2024. Au cours de cette séance, qui s’est tenue conformément à l’article 47 de la Loi organique des finances (130-13), Fouzi Lekjaa a passé en revue l’évolution de la situation économique internationale et nationale durant les six premiers mois de l’année en cours, l’exécution de la LF à fin juin 2023 et les prévisions de fin d’année, outre la programmation budgétaire triennale 2024-2026.

Ce vendredi matin à Rabat, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a présenté, devant les députés et les conseillers membres des commissions permanentes des finances, un exposé dans lequel il a passé en revue l’évolution de la situation économique internationale et nationale durant les six premiers mois de l’année en cours. Il a aussi discuté de l’exécution de la LF à fin juin 2023, du cadre général du PLF 2024 et des prévisions de fin d’année, outre la programmation budgétaire triennale 2024-2026.

Le Conseil de gouvernement, réuni hier sous la présidence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, avait suivi ledit exposé, cette fois présenté par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui.

Lire aussi : Le compte rendu du Conseil de gouvernement de ce jeudi

Avec cette présentation, les consultations pour le prochain projet de budget 2024 avec les arbitrages entre ministères pourront démarrer. Les élus eux ne se pencheront sur ce projet qu’à la rentrée. À noter que les parlementaires, députés et conseillers, partiront en vacances dès le 26 juillet, date de la clôture de la session du printemps. La reprise parlementaire aura lieu le second vendredi du mois d’octobre, soit le 8, avec une plénière commune présidée par le Souverain, comme le stipule l’article 65 de la Constitution.

Un contexte national et international difficile

L’année 2023 reste compliquée pour l’économie nationale. La loi de finances exécutée au cours du premier semestre de l’année l’a été dans un contexte toujours caractérisé par des tensions inflationnistes persistantes et le resserrement des politiques monétaires aux niveaux international et national.

Au niveau international, après la pandémie Covid-19, le conflit en Ukraine a, en effet, entraîné une hausse des prix de nombreux produits, notamment alimentaires. Certains produits ont connu une augmentation plus forte que d’autres. Aujourd’hui, malgré la baisse des prix mondiaux des matières premières et le resserrement des politiques monétaires, le recul des pressions inflationnistes reste lent, précise-t-on.

Lire aussi : Entre l’Afrique et l’Europe, une volonté de redynamiser l’avenir commun

Sur le plan national, alors que la reprise complète des conséquences de la crise liée à la Covid-19 ne s’est pas encore faite, les conséquences du conflit russo-ukrainien et de la sécheresse se sont accumulées pour la deuxième année consécutive, affectant négativement les perspectives de croissance de l’économie nationale.

Dans ce contexte, le gouvernement poursuit ses efforts pour, d’une part, faire face aux pressions inflationnistes par des mesures circonstancielles de contrôle de la hausse des prix alimentaires et de respect des obligations gouvernementales, en mettant en œuvre les réformes nécessaires au niveau social, en mobilisant les ressources en eau et en stimulant les investissements. Et, d’autre part, œuvrer pour assurer le recouvrement des marges budgétaires, peut-on lire sur le document ministériel.

Une baisse des prévisions de croissance économique pour l’année 2023

Malgré ce contexte, et en raison du dynamisme de certains secteurs non agricoles, la révision de la baisse de la croissance de l’économie nationale pour l’année 2023 n’a pas dépassé -0,6 point. Ce résultat positif a été porté par les secteurs de l’industrie, du tourisme et du transport, en particulier le transport aérien, malgré la mauvaise performance du secteur des mines, du bâtiment et des travaux publics et du secteur énergétique.

Lire aussi : Avec l’aide de l’exécutif, les «Ailes du Maroc» voient grand

L’encaissement des recettes fiscales à fin juin 2023 s’est traduit par des résultats positifs par rapport aux attentes de la loi de finances 2023, atteignant taux de réalisation de 53,6%. Et en comparaison à la même période de 2022, celles-ci ont augmenté de 5,3 milliards de DH (MMDH), soit +4,1%.

PLF2024 : avec les grandes lignes dévoilées, les consultations peuvent commencer

Évolution des activités non agricoles au titre de l’exécution de la loi des finances 2023 à fin juin 2023. © Ministère de l’Économie et des Finances

Les dépenses ont, quant à elles, été exécutées à fin juin 2023 conformément aux prévisions de la loi de finances, atteignant un taux de réalisation de 50,9%. Le taux de réalisation des émissions d’investissement a pour sa part atteint 48,7%. Par rapport aux résultats du premier semestre 2022, les dépenses courantes ont augmenté d’environ 1,2 MMDH ou 0,8%. Ce résultat est principalement porté par l’augmentation des dépenses de «biens et services» de 4,8 MMDH et des intérêts sur la dette de 1,5 MMDH, tandis que les frais de règlement ont enregistré une baisse de environ 5,1 MMDH.

Lire aussi : Budget général : 10 MMDH de plus au chevet du pays et du citoyen

En conséquence de ces évolutions et compte tenu de l’excédent enregistré par les comptes spéciaux du Trésor (+13,3 MMDH), le déficit budgétaire s’est accru de 9,6 milliards de dirhams pour atteindre 27,8 MMDH. Un niveau de déficit qui représente environ 42,3% du niveau projeté par l’élaboration de la loi de finances.

Malgré le contexte toujours difficile et les fluctuations internationales, l’économie nationale maintient sa résilience grâce aux politiques adoptées, ce qui renforce la confiance de la communauté financière internationale, facteur clé pour mobiliser des financements à faible coût et attirer les investissements directs étrangers.

Une croissance de 3,7% et une inflation à 3,4% pour l’année 2024

Le gouvernement indique que les tensions géopolitiques qui prévalent actuellement continueront d’affecter les cours mondiaux des matières premières, notamment alimentaires, provoquant des hausses des prix. Ce qui affecte négativement les équilibres budgétaires de l’État, ainsi que le pouvoir d’achat des citoyens.

Et, au regard des hypothèses retenues par le gouvernement pour préparer le projet de loi de finances pour l’année prochaine, il est attendu que le revenu national et l’économie nationale rebondissent en 2024 à un rythme d’environ +3,7% au lieu de +3,4% en 2023. À moyen terme, le gouvernement table sur un taux de croissance qui se rapproche progressivement de son « niveau disponible » dans la limite de 4%.

PLF2024 : avec les grandes lignes dévoilées, les consultations peuvent commencer

Les prévisions économiques pour la période 2024-2026. © Ministère de l’Économie et des Finances

Ces hypothèses fixent notamment la production céréalière à 75 millions de quintaux, le cours du gaz butane à 500 dollars la tonne, taux de change du dollar de 9,8 DH et un taux d’inflation annuel limité à 3,4%.

Pour les années 2025 et 2026, le gouvernement maintient des prévisions similaires pour la production céréalière et le taux de change du dirham. Cependant, il prévoit un recul du cours du gaz butane à 450 dollars et un retour de l’inflation à son niveau toléré de 2%.

Lire aussi : HCP : les perspectives d’évolution de l’économie nationale demeurent modérées

La valeur ajoutée agricole devrait ainsi progresser de 5,9% en 2024, avant d’enregistrer une croissance de 4,1% en 2025 et de 4,8% en 2026. La valeur ajoutée non agricole quant à elle devrait évoluer de 3,4% l’année prochaine, et progresser de 3,6% en 2025 et de 3,9% en 2026.

Le PLF 2024 table par ailleurs sur un allégement du déficit budgétaire à 4% l’année prochaine, au lieu des 4,5% prévus pour l’année en cours. Ce déficit devrait continuer à se réduire pour s’établir à 3,5% en 2025 et à 3% en 2026. La maîtrise du niveau de déficit, conformément à l’approche ciblée dans le cadre de la programmation budgétaire précédente pour maintenir la soutenabilité de l’endettement, nécessite la poursuite des réformes et la prise des mesures nécessaires afin de mobiliser des marges supplémentaires tant au niveau des ressources que des dépenses, indique le document.

Lire aussi : Aziz Akhannouch : l’état social prend progressivement forme

Le niveau d’endettement de l’État, pour sa part, devrait légèrement reculer l’année prochaine pour se situer à 71,2% du PIB au lieu de 71,5% prévu cette année. En 2025, il devrait encore baisser à 70,7% du PIB, puis à 69,7% en 2026.

Toutefois, précise le ministre, ces anticipations peuvent être revues à la baisse compte tenu de la poursuite de la détérioration de l’économie mondiale en 2024 et de la révision des prévisions de croissance de l’Union européenne à la lumière des répercussions du conflit russo-ukrainien sur les prix des matières premières et les chaînes mondiales de production et d’approvisionnement.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Déclarations fiscales annuelles : plusieurs catégories de contribuables ont jusqu’au 2 mars

Économie - La Direction générale des impôts rappelle que le 2 mars est la date limite de dépôt de plusieurs déclarations fiscales annuelles via SIMPL-IR.

El Mehdi El Azhary - 25 février 2026
GITEX AFRICA Morocco 2026 du 7 au 9 avril à Marrakech

Économie - Marrakech s’apprête à accueillir en avril 2026 la quatrième édition GITEX AFRICA. Intelligence artificielle, coopération arabo-africaine et souveraineté numérique seront au centre des débats et des annonces stratégiques.

Ilyasse Rhamir - 25 février 2026
Forsa : 28 février, dernier délai des demandes de report des prêts d’honneur

Économie – Le ministère rappelle aux bénéficiaires la date limite du 28 février pour demander le report d'un an des prêts d’honneur.

Mouna Aghlal - 24 février 2026
Finances publiques : un déficit budgétaire de 9,6 milliards de dirhams à fin janvier 2026

Économie – À fin janvier 2026, les recettes ordinaires de l'État reculent à 29,8 MM.DH selon la Situation des charges et ressources du Trésor.

Mouna Aghlal - 24 février 2026
Première édition du Hackathon agroalimentaire à Meknès : innover pour 2030

Économie - Meknès se prépare à la première édition du Hackathon agroalimentaire du 6 au 8 avril, visant à stimuler l’innovation digitale dans le secteur agroalimentaire, fédérer talents et startups, et soutenir la modernisation et la compétitivité régionale avant 2030.

Ilyasse Rhamir - 24 février 2026
Comment la bureaucratie détruit l’économie du pays

Économie – Document inexistant, eau bloquée, la bureaucratie marocaine étouffe-t-elle ses propres entreprises ?

Sabrina El Faiz - 24 février 2026
Voir plus
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
BTP : le Maroc bétonne ses règles

Dossier - Pas d’attestation, pas de chantier. C’est simple, non ? Pas de couverture décennale, pas de livraison. N'y réfléchissons pas trop !

Sabrina El Faiz - 19 juillet 2025
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Régions : qui profite vraiment du Maroc des grands chantiers ?

Économie - Le Maroc construit partout, mais se développe-t-il partout ? Analyse région par région…

Sabrina El Faiz - 25 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire