Maroc : HRW dénonce les «techniques de répression» envers les dissidents

Manal ct

Temps de lecture :

HRW dénonce les «techniques de répression» du Maroc envers les opposants © DRHRW dénonce les «techniques de répression» du Maroc envers les opposants © DR

A
A
A
A
A

Human Rights watch (HWR) vient de publier un rapport inédit sur la situation des droits de l’Homme au Maroc. L’ONG accuse le Royaume d’utiliser des techniques d’oppression politique contre les dissidents. Téléphone mis sous surveillance, agression, emprisonnement injustifié… font notamment partie des mesures répressives présumées évoquées par HRW. En réponse, le gouvernement marocain a fortement condamné les allégations tendancieuses contenues dans ce document, affirmant qu’elles ne dissuaderont pas le pays d’édifier un État de droit.

L’Organisation non gouvernementale internationale (ONG) Human Rights Watch (HWR) a publié, jeudi 28 juillet, un nouveau rapport sur la situation des droits de l’Homme au Maroc.

Ce rapport de 143 pages, est intitulé « D’une manière ou d’une autre, ils t’auront : Manuel des techniques de répression au Maroc ».

Lire aussi : Affaire Omar Radi et Imad Stitou : report du procès au 9 décembre

Des techniques destinées à museler les voix critiques

Dans le document, l’ONG présente une série de techniques qui seraient utilisées au Maroc et qui créeraient un «écosystème de répression». Selon HRW, ces mesures serviraient non seulement à «museler les voix critiques», mais aussi à «effrayer tous les détracteurs potentiels de l’État».

Parmi les techniques citées par HRW, «des procès inéquitables soldés par de longues peines de prison pour des accusations criminelles sans rapport avec le travail ou les positions politiques des individus ciblés, telles que le blanchiment d’argent, l’espionnage, le viol et les agressions sexuelles, et même la traite d’êtres humains».

L’ONG évoque aussi «des campagnes de harcèlement et de diffamation dans des médias alignés sur l’État et le ciblage de membres des familles des opposants».

Selon le rapport, les détracteurs de l’État auraient, eux aussi, fait l’objet de surveillance vidéo et numérique et, dans certains cas, d’intimidations physiques et d’agressions sur lesquelles la police n’aurait pas enquêté sérieusement.

Selon Lama Fakih, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, «les autorités emploient tout un manuel de techniques sournoises pour réprimer les opposants, tout en s’efforçant de conserver intacte l’image du Maroc en tant que pays respectueux des droits».

Dans cette enquête de 143 pages, l’ONG affirme s’appuyer sur une étude détaillée des cas de huit journalistes et intellectuels et de deux institutions médiatiques, impliquant 12 procès.

Le document revient notamment sur le cas du journaliste Omar Radi, condamné à six ans de prison en mars 2022 pour « viol » et « attentat à la pudeur », « espionnage pour l’étranger » et « atteinte à la sécurité de l’État ».

De plus, le rapport s’est penché, entre autres, sur le cas de Hajar Raissouni, une journaliste condamnée pour relations sexuelles hors mariage avec son fiancé et avortement illégal. Il a en plus abordé l’affaire de Hicham Mansouri, un journaliste qui a obtenu l’asile en France après avoir passé dix mois en prison au Maroc pour adultère.

Les techniques dénoncées par Human Rights Watch «violent les obligations internationales du Maroc en matière de droits humains, notamment le droit à la vie privée, le droit à la liberté d’expression et d’association, ainsi que le droit à une procédure régulière et à un procès équitable pour les personnes accusées de crimes», note le rapport.

Lire aussi : RSF : une détérioration mondiale croissante de la liberté de la presse

Réformer les agences de sécurité et de renseignement du pays

Dans ses recommandations, HRW indique que les autorités marocaines «devraient respecter le droit à l’expression pacifique et à la vie privée, et mettre fin à l’utilisation systématique d’une série de pratiques. Celles-ci visent à museler et à intimider les dissidents, tout en déguisant le fait qu’il s’agit de représailles pour leurs propos ou leurs activités d’opposants».

En outre, l’ONG appelle le Maroc à «réformer les agences de sécurité et de renseignement du pays, de manière à les soumettre à un contrôle indépendant, et garantir la transparence de ce contrôle et de leurs opérations».

HRW propose aussi de réformer plusieurs textes de loi, qui «violent intrinsèquement le droit international des droits humains, notamment les droits à la liberté d’expression, à la vie privée, à la santé et à la non-discrimination».

L’ONG estime que les autorités judiciaires doivent également s’abstenir de poursuivre en vertu desdites lois des personnes ayant exprimé leurs opinions de façon non violente.

HRW va même jusqu’à appeler les pays étrangers exportant des technologies de surveillance vers le Maroc, à «arrêter toutes opérations de vente, exportation et transfert, dans l’attente des résultats d’une enquête sur les rapports de surveillance illégale d’Internet, d’intrusion de logiciels et d’autres formes de surveillance numérique des journalistes, des activistes politiques et des défenseurs des droits humains».

Ces pays sont appelés à «veiller à ce qu’il y ait des contrôles appropriés pour empêcher l’utilisation des produits de l’industrie de la surveillance privée pour faciliter les violations de droits humains».

Lire aussi : Droits de l’Homme : Amnesty International critique le Maroc

Les allégations tendancieuses de HRW ne dissuaderont pas le Maroc de poursuivre l’édification de l’État de droit

En réaction au rapport de HRW, Mustapha Baïtas, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, a affirmé, jeudi 28 juillet à Rabat, que «les allégations tendancieuses contenues dans ce document ne dissuaderont pas le Maroc de poursuivre l’édification de l’État de droit et des institutions, et la défense des droits et des libertés».

Il ne s’agit que d’ «une compilation d’allégations que cette organisation a l’habitude d’évoquer contre le Royaume», a-t-il indiqué.

Et de conclure que le dénigrement contre le Maroc a atteint le point de colporter des «accusations irréalistes» contre le Royaume. Ce document, selon le responsable, contient de «graves accusations à même de tenter de monter les partenaires du Maroc contre lui».

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Trottinettes électriques : le Maroc prépare un cadre plus strict

Les trottinettes électriques seront bientôt soumises à de nouvelles règles de circulation, des normes techniques renforcées et une campagne de sensibilisation.

Ilyasse Rhamir - 1 juillet 2026
Lotissements : la Chambre des conseillers adopte une réforme de la loi

Lotissements, groupes d’habitations et morcellements évoluent avec une nouvelle réforme visant à moderniser l’urbanisme, accélérer les procédures et protéger les citoyens.

Ilyasse Rhamir - 1 juillet 2026
Éthique parlementaire : signature de la version consolidée du Code de déontologie

La Chambre des conseillers signe la version consolidée du Code de déontologie, réaffirmant son engagement en faveur de l'éthique et de la transparence parlementaires.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Souveraineté alimentaire : Akhannouch défend la stratégie du Maroc face aux défis climatiques

Akhannouch affirme que le Maroc renforce sa souveraineté alimentaire grâce aux investissements dans l'agriculture, l'eau et les énergies renouvelables.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Le Maroc figure parmi les principaux bénéficiaires des extraditions espagnoles

Le Maroc figure au deuxième rang des pays hors Union européenne ayant reçu le plus de fugitifs extradés par l’Espagne depuis 2018, selon des données officielles.

Ilyasse Rhamir - 30 juin 2026
Experts judiciaires : la Chambre des représentants adopte définitivement le projet de loi

Experts judiciaires, nouvelles règles disciplinaires, restitution des dossiers et précisions sur l’inscription au tableau national figurent parmi les changements adoptés.

Ilyasse Rhamir - 30 juin 2026
Voir plus
Enseignement supérieur : le gouvernement fait le point sur l’avancement de la réforme

Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Conseil de gouvernement : adoption de deux décrets sur la pêche continentale et les OPCVM

Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Le CCG salue le soutien du Roi Mohammed VI et réaffirme son appui à la marocanité du Sahara

Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
La médecine à distance, pour qui ? pour quoi ? combien ?

Politique – Comment la télémédecine transforme l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales ou enclavées ?

Sabrina El Faiz - 12 mars 2026
Le roi Mohammed VI salué par le CCG pour son engagement envers la ville sainte

Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Khénifra : Nizar Baraka lance plusieurs projets pour renforcer le réseau routier

Politique - Le ministre lance des projets pour renforcer la connectivité à Khénifra et améliorer les infrastructures routières locales.

Mouna Aghlal - 10 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire