Skhirat abrite les travaux du colloque international sur la protection sociale

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

A
A
A
A
A

C’est sous le thème « Protection sociale : un chantier de règne » que se tiennent les travaux du colloque international de Skhirat les 26 et 27 juillet. Organisé à l’initiative de l’Association des membres de l’inspection générale des finances (AMIF) et du ministère de l’Économie et des Finances, ce rendez-vous se veut un espace de débats, de réflexion, d’échanges et de regards croisés visant à formuler des propositions pratiques pouvant contribuer à la réussite de la mise en œuvre de la réforme de la protection sociale au Maroc. Au menu : plusieurs panels dédiés à la réalisation de ce chantier au Maroc et dans le monde. Détails.

Présidée par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, la cérémonie d’ouverture de ce colloque a eu lieu en présence de Fouzi Lekjaa, ministre délégué au budget et président de l’AMIF, de Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, de Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé et de la Protection sociale, de Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc, et de Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib.

Appel à la mobilisation générale

Selon Aziz Akhannouch, la réussite de ce projet important dépend de l’adhésion et la contribution de toutes les parties prenantes et nécessite ainsi une mobilisation globale, conformément aux Hautes orientations royales. Il a fait savoir que ce projet requiert l’implication des partenaires sociaux, du patronat, des chambres professionnelles ainsi que des collectivités territoriales. Le but est de garantir la mise en place de ce chantier royal et donner une impulsion à l’enregistrement des catégories concernées et élargir la base des adhérents aux travailleurs non-salariés. La transformation digitale et la qualité des ressources humaines dédiées constituent également des leviers qui conditionnent la viabilité et les performances de la protection sociale.

De son côté, Khalid Aït Taleb a réaffirmé que ce chantier vise la création d’une société forte, inclusive, égalitaire et solidaire. «Il ne constitue pas un défi technique seulement, mais requiert la création d’un environnement mobilisateur, un portage politique fort, une appropriation par tous les acteurs concernés, une ingénierie judicieuse, un processus juridique, institutionnel, technique et financier ainsi qu’une grande capacité de notre administration pour orchestrer la conduite du changement y afférent», a-t-il fait valoir.

Fouzi Lekjaa a qualifié le projet de protection sociale de «tournant historique et de révolution» sociale au Maroc, sans donner plus de détails sur le mode de financement. Celui qui occupe également le poste de président de l’Association des membres de l’inspection générale des finances (AMIF) a toutefois invité toutes les bonnes volontés à «travailler la main dans la main afin que personne ne reste en marge de cet important chantier».

Parallèlement, Abdellatif Jouahri a relevé que la généralisation de la protection sociale nécessitera une contribution «significative» de l’État, compte tenu de la faible capacité contributive d’une large part de la population. D’après lui, les défis consistent à mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires.

Pour Nadia Fettah Alaoui, ce chantier est un excellent levier pour réduire la taille du secteur informel. Mais, pour réussir ce projet, il faudrait, selon elle, faire preuve d’imagination et d’innovation pour développer de nouveaux mécanismes, tout en générant les sources de financement dont le système a besoin pour sa pérennité.

L’ambassadrice de France au Maroc a, pour sa part, souligné que la protection sociale était une grande réforme dans le domaine de la sécurité sociale qui engagera le Royaume dans de profondes mutations sociales et économiques. Elle a également rappelé que ce chantier répondait à l’appel du roi Mohammed VI à transformer le dispositif de protection sociale en garantissant la couverture sociale au profit de tous les Marocains.

Lire aussi: Protection sociale : beaucoup reste à faire

Lutter contre la déperdition scolaire

Intervenant à un panel ce mercredi, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Chakib Benmoussa, a souligné que les allocations familiales constituent un moyen important pour lutter contre la déperdition scolaire. Selon lui, la question de revenus des familles constitue le premier facteur derrière l’abandon des élèves de l’école.

Dans son intervention, il a assuré que le volet appui social aux élèves et parents contribue fortement au renforcement de l’équité et l’égalité de chances. Objectif : favoriser la scolarisation et réduire donc l’abandon, dont le taux reste assez élevé.

Benmoussa n’a pas manqué de rappeler que près de 330.000 élèves ont quitté les bancs de l’école l’an dernier dans les trois cycles du secteur public. Un phénomène qui représente un vrai défi pour le système éducatif à cause de son coût social et économique.

Lire aussi: Protection sociale : la Banque mondiale met en avant la «réponse efficace» du Maroc

Immatriculation de plus de deux millions de travailleurs non-salariés

À ce jour, plus de deux millions de travailleurs non-salariés ont été immatriculés à la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS). Un chiffre révélé par le directeur général de l’organisme, Hassan Boubrik.

Dans le détail, 840.000 sont agriculteurs, 380.000 artisans, près de 300.000 autoentrepreneurs et 250.000 artisans et commerçants assujettis au régime de contribution professionnelle unique

Sur les deux millions, 330.000 personnes ont déjà commencé à déclarer leurs familles (conjoints et enfants) pour bénéficier effectivement de l’Assurance maladie obligatoire (AMO).

Le patron de la CNSS a également fait savoir que l’organisme traite quotidiennement 2.000 dossiers de l’AMO qui proviennent de ces travailleurs non-salariés.

Il est à rappeler que pour élargir son programme de protection sociale, le Maroc a récemment reçu un financement de 87 millions d’euros de la part de la Banque africaine de développement (BAD). Il a été précédé par un soutien de la Banque Mondiale (500 millions de dollars) et un autre de l’Agence française de développement (150 millions d’euros).

Le calendrier de déploiement de la réforme sociale, dont le coût global annuel s’élève à près de 51 milliards de DH, vise la généralisation de l’AMO en 2021-2022, la généralisation des allocations familiales en 2023-2024 et la généralisation de la retraite et de l’indemnité pour perte d’emploi à l’horizon 2025.

Dernier articles
Les articles les plus lu
L’Association des régions du Maroc mobilise Rabat pour l’économie bleue

Économie – Rabat a accueilli une conférence d'envergure co-organisée par l'Association des régions du Maroc (ARM) et l'initiative WestMED.

Wissal Bendardka - 1 avril 2026
Groupement sanitaire de Tanger : dialogue social relancé

Société - Réunis à Tanger, syndicats et responsables du groupement sanitaire territorial ont discuté des défis du secteur. Des mesures urgentes ont été validées pour améliorer les conditions des professionnels et clarifier leur situation administrative.

Ilyasse Rhamir - 1 avril 2026
Hajj 1447H : nouvelle période pour récupérer le reliquat

Société - Une période exceptionnelle est ouverte du 6 au 16 avril pour permettre aux pèlerins n’ayant pas récupéré leur reliquat du Hajj 1447H de le faire. Le montant de 1.979 dirhams pourra être retiré auprès des agences Al Barid Bank.

Ilyasse Rhamir - 1 avril 2026
Le PJD plaide pour le retour à l’heure légale

Société - Le PJD annonce son soutien officiel à la suppression de l’heure additionnelle et au retour à l’heure légale.

El Mehdi El Azhary - 1 avril 2026
Science Week 2026 : la faim invisible, un défi stratégique pour le développement humain

Société - La faim invisible touche deux milliards de personnes et affecte à la fois la santé et la productivité. Une nutrition adéquate et la biofortification des cultures sont essentielles.

Mouna Aghlal - 1 avril 2026
Lune rose : un spectacle printanier visible au Maroc

Société - Phénomène céleste associé au printemps, la lune rose sera observable au Maroc début avril. Malgré son nom, elle ne change pas de couleur. Ce rendez-vous astronomique symbolise le renouveau et attire les passionnés du ciel.

Ilyasse Rhamir - 1 avril 2026
Voir plus
Aïd Al-Fitr 1447 pourrait tomber le samedi 21 mars

Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.

Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026
Ramadan : horaires spéciaux du tramway de Casablanca

Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
8 mars : 8 Marocaines qui bousculent les lignes

Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.

Sabrina El Faiz - 8 mars 2026
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Ramadan 2026 : la Zakat Al Fitr fixée à 25 dirhams

Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire