Agriculture : la pénurie de pluie inquiète

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Tout prête à croire que la campagne agricole actuelle sera beaucoup moins riche que la précédente. Le mois de janvier n’a connu que très peu de pluie dans toutes les régions du Royaume. Le taux de remplissage des barrages est de plus en plus bas. Il est estimé à 33% au 31 janvier 2022 contre 36,8% il y a un an, et 44% il y a deux ans. Éclairages avec Rachid Benali, vice-président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader).

La production céréalière de 2022 sera bien moins importante que celle de l’année précédente. Le mois de janvier a été catastrophique en termes de pluviométrie dans toutes les régions du pays, et les agriculteurs sont de plus en plus inquiets quant à l’issue de cette saison.

«C’est une très mauvaise année, il n’y a pas de doute», souligne d’emblée Rachid Benali, vice-président de la Comader. Ce dernier indique que cette saison est particulière, car elle rencontre la présence de trois phénomènes en même temps : la sécheresse, le manque d’eau dans les barrages et les prix des intrants qui n’arrêtent pas de grimper. «Cela engendre plusieurs difficultés, notamment les problèmes de pâturage et d’aliments de bétaildont les prix continuent d’augmenter», nous explique notre intervenant.

Lire aussi :Sécheresse : plan d’urgence pour la sauvegarde du cheptel

Dans l’immédiat, ajouteBenali,la priorité est de sauver le cheptel. «Cette mesure est fréquente durant toutes les années de sécheresse. Il faut sauver l’élevage notamment en amenant des produits qui coûtent moins cher. Mais sinon, je ne vois pas vraiment d’autres solutions si ce n’est de prier», précise Rachid Benali. Et d’ajouter : «le Cheptel est toute la richesse de l’agriculteur. Quand il y a un problème de sécheresse, l’agriculteur se rabat sur son cheptel et essaye de survivre avec ça. C’est quelque chose que l’on ne peut pas récupérer facilement. Le manque de blé est récupérable sur une année ou deux, mais le manque de vaches et d’élevages est très difficile à récupérer».

Des barrages quasi vides

C’est un fait. Les barrages sont de plus en plus vides au Maroc. Le taux de remplissage au niveau national est de 33% à la fin du mois de janvier 2022. Un taux en baisse par rapport à 2021 (36,8%) et 2020 (44%). Dans certaines régions du Royaume, le taux de remplissage est dans une situation très critique. C’est le cas du barrage Bin El Ouidane dans la région Tadla-Azilal qui est à 14% de remplissage (contre 23% en 2021) et le barrage Al Massira qui est à 6,9% (contre 12,5%) il y a un an.

Dans la région de l’Oriental, le barrage Mohammed V affiche un taux de 15% contre 32,8% durant la même période en 2021, soit une baisse de plus de la moitié de remplissage en un an seulement. Globalement, les retenues des principaux barrages nationaux sont limitées à 5,49 milliards de m3 sur une capacité totale de 16,1 milliards de m3.

Lire aussi :Souss-Massa : les barrages souffrent d’un déficit chronique d’eau

Afin de remédier à cette problématique, le ministère de l’Équipement compte lancer cette année un programme composé de 120 barrages collinaires. Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a mentionné qu’un budget de 2,42 milliards de DH (MMDH) est alloué à cette mission qui vise à faire face au déficit hydrique des bassins. Rappelons que les barrages collinaires jouent un rôle important dans la lutte contre les inondations. Ils garantissent également la disponibilité de l’eau pour le bétail et l’alimentation de la nappe phréatique. L’opération devrait prendre fin en 2024.

Le gouvernement compte aussi accélérer le programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027. Au terme de ce programme, la région de Casablanca-Setatt se dotera d’un grand barrage et de 20 autres de petite dimension (14 à Settat, quatre à El Jadida, un à Benslimane et un à Berrechid). Il sera procédé aussi à la construction d’une nouvelle installation de dessalement de l’eau. Cette dernière produira 200.000 m3 d’eau potable par jour et coûtera 4 MMDH. D’autres programmes prévoient également la modernisation et la réhabilitation des systèmes d’adduction d’eau, afin d’améliorer leurs rendements, et les hausser à 78% d’ici à 2027.

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