Refonte du système sanitaire : besoin urgent de médecins

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Le nombre actuel de professionnels de la Santé au Maroc est loin de répondre aux besoins croissants de la nation. En effet, alors que 4,45 personnels médicaux pour chaque 1.000 habitants est le minimum requis par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Royaume n’en compte que 1,65. Le pays affiche ainsi un manque flagrant de près de 97.161 professionnels, dont 32.387 médecins et 64.774 infirmiers et techniciens. Pire encore, selon les données du ministère de la Santé, le secteur public à lui seul nécessite le recrutement immédiat de 12.000 médecins et de 50.000 infirmiers et techniciens.
La tutelledresse aussiun tableau sinistre sur la pénurie de médecins au Maroc. À ce jour, elle a notéque le nombre total de médecinsdans le pays n’est que de 25.579 (12.034 dans le public et 13.545 dans le privé), soit un ratio de 7,1 pour 10.000 habitants, contre une moyenne de 15,3 médecins pour 10.000 habitants fixée par l’OMS. L’agence onusienne a d’ailleurs classé le Royaume parmi les 57 pays du monde où l’offre médicale reste insuffisante. D’après les chiffres de l’OMS, le ratio de la France est de 33 pour 10.000 habitants, celui de la Suède est de 40/10.000 habitants tandis que celui des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est de 29 médecins pour 10.000 habitants. Le Maroc, malgré sa faible moyenne, reste mieux classé que les pays de l’Afrique subsaharienne, où la moyenne est dedeux médecins pour 10.000 habitants (2017).
Les médecins étrangers à la rescousse
Pour pallier ce déficit, qui s’exacerbe avec la croissancedémographique du pays, le ministère de la Santé avec à sa tête Khalid Aït Taleb a décidé d’autoriser les médecins étrangers à s’installer et à exercer au Maroc. Ainsi, lors de la dernière réunion du Conseil du gouvernement, tenue le mardi 20 avril, le ministre a annoncé que son département envisage de revoir les dispositions de la loi 131-13 sur l’exercice de la médecine par des étrangers dans le pays, et ce, afin de lever toutes les restrictions qu’elles imposent. Aït Taleb a également avancé qu’il sera procédé àune mise en place de «nouvelles règles, assurant le traitement des médecins étrangers selon les mêmes conditions que leurs collègues marocains». Selon lui, de nouvelles règles seront implémentées sur la base du principe de l’égalité de traitement entre les médecins marocains et leurs confrères étrangers.
Notons qu’en vertu de la loi 131-13, pour exercer au Maroc, le médecin étranger est obligé de soumettre une demande à l’Ordre régional des médecins qui transfère son dossier au Conseil national de l’ordre des médecins. Ce dernier vérifie que les diplômes et les attestations fournies par le demandeur sont authentiques, avant de remettre son dossier complet au ministère de la Santé, quidéciderade son sort. Ainsi, bien que concrètement les compétences médicales étrangères n’étaient pas interdites de travailler au Maroc, elles devaient néanmoins souffrir d’une procédure très longue et très compliquée pour pouvoir exercer leur métier dans le Royaume. Une démarche qui a découragé plusieurs médecins, qui ont fini par abandonner.
Ainsi, avec la nouvelle décision du département de la Santé, le Maroc pourra profiter de l’expertise de ces médecins, surtout que plusieurs spécialités n’existent toujours pas dans le pays ou que le nombre de leurs praticiens est très faible.
L’urgence de la réforme du système de santé marocain
Outre la levée des restrictions de la loi 131-13, Aït Taleb a souligné que la nouvelle stratégie de son département vise également à attirer des investissements étrangers dans le domaine sanitaire, notamment dans l’objectif de «mobiliser des équipements biomédicaux de grande qualité». Le ministre a également insisté sur l’importance d’inciter les compétences médicales marocaines résidant à l’étranger à revenir définitivement au Maroc. Selon Dr Said Afif, président du Collège syndical des Médecins spécialistes et président de la Fédération nationale de la santé (FNS), aujourd’hui, ils sont 14.000 médecins marocains à exercer à l’étranger, notant que sur les 2.200 diplômés annuellement, 600quittent le Royaume. Pour lui, «la première chose à faire, c’est de revoir le statut de la fonction publique de la santé, pour accorder des incitations au personnel de la santé, le gratifier et le valoriser. Cela permettra, aussi, de retenir nos jeunes médecins diplômés». Afif estime que la formation médicale doit aussi être consolidée, de sorte à former 3.300 médecins par an, tout en mettant en place la formation médicale continue. Et de conclure que certes les lois 131-13 et 08-12 relatives à l’Ordre national des médecins, doivent être revues, mais, poursuit-il, il faut d’abord miser sur nos compétences marocaines, leur formation et leur valorisation avant de faire appel aux médecins étrangers.
Enfin, il est à noter que l’annonce de Khalid Aït Taleb, concernant les médecins et les investissements étrangers, rentre dans le cadre d’une stratégie plus globale de la réforme du secteur de la santé. Une réforme qui devient de plus en plus urgente, d’autant plus que le pays s’apprête à lancerle chantier de la généralisation de la couverture sociale qui a pour objectif de couvrir 22 millions de personnes supplémentaires, et qui risqued’accroitre la pression sur le système de santé.
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