Covid-19 : le dernier secteur à se relever sera bel et bien le tourisme

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Les recettes touristiques ont enregistré une baisse de 67,2% en janvier 2021 par rapport à la même période de l’année dernière, soit une perte de 4,5 milliards de dirhams © DR© DR

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Le secteur touristique ne s’en sort toujours pas. Des villes sont quasiment à l’arrêt à l’image de Chefchaouen ou près de 80% de l’activité commerciale dépend du tourisme. Les restrictions et la suspension des liaisons aériennes avec 37 pays n’arrangent en rien la situation. Les opérateurs touristiques appellent à l’allégement des mesures restrictives et l’annulation du couvre-feu nocturne à l’approche de la saison estivale.

Si plusieurs activités économiques commencent à reprendre petit à petit leur cours normal, l’avenir du secteur touristique semble bien sombre. En effet, le tourisme marocain fait actuellement face à de nombreuses contraintes. Parmi elles, l’expansion du nouveau variant de la Covid-19 dans le monde, la suspension des liaisons aériennes avec 37 payset l’attente de livraisons des prochains lots de vaccin, synonyme d’une probable suspension temporaire de la campagne de vaccination.

Pour l’heure, la situation épidémiologique au Maroc reste tenable et maîtrisée au point qu’un site français spécialisé dans les voyages a placé le Maroc parmi les pays les plus sûrs pour voyager dans le monde actuellement. En effet, le site Tourlane a mis le Maroc en 5e position des pays les plus sûrs pour les voyages derrière l’Égypte, l’Australie, la Chine et la Thaïlande (voir le top 20 ci-dessous).

Tourisme

Ceci étant, les autorités estiment que le risque est actuellement trop élevé pour ouvrir les frontières surtout quand on sait que plusieurs pays font face à une augmentation accrue des cas de contamination. Le Maroc n’est pas le seul pays à se méfier. 32% des destinations dans le monde (66pays) sont complètement fermées au tourisme international dont 30 pays en Asie-Pacifique, 15 en Europe, 11 en Afrique, 10 dans les Amériques et 3 au Moyen-Orient.

Pour Faouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale dutourisme (CNT), une véritable reprise touristique «ne serapossible avant décembre 2021, pour ne pas dire mars ou avril 2022”. Ce dernier estime qu’”afin de limiter la casse cet été, il faudra faciliter la mobilité interurbaine des Marocains». Un point qui fait également peur aux autorités. Ces derniers ne veulent prendre aucun risque de voir de nouveau les cas de contamination augmenter, d’autant plus que la campagne de vaccination n’est qu’à son début (8% de la population seulement a reçu les deux doses).

Chefchaouen, une ville qui agonise

Les restrictions sanitaires et la fermeture des liaisons aériennes ont fortement impacté les commerçants de la ville de Chefchaouen. Plusieurs d’entre eux ont été contraints à mettre la clé sous la porte et abandonner leur activité. Pire encore, certains ont même décidé de mettre un terme à leur vie. Le quotidien Aujourd’hui le Maroc nous apprend dans son édition du jeudi 25 mars que la ville est sous le choc après la mort dernièrement d’un artisan chefchaounais, noyé en essayant d’émigrer vers l’Europe.

Chefchaouen est réputée pour être l’une des villes les plus touchées par les cas de suicideDau Maroc, et le nouveau coronavirus en a ajouté une couche sachant que 80% de l’économie de la ville dépend du tourisme. Mais Chefchaouen n’est pas la seule ville à souffrir. La dernière note de conjoncture de la direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration apporte des éléments supplémentaires sur la situation touristique dans l’ensemble du pays. Les chiffres sont pour le moins alarmants.

Lire aussi :Tourisme : le grand naufrage

La DEPF a fait savoir que les recettes touristiques ont enregistré une baisse de 67,2% en janvier 2021 par rapport à la même période de l’année dernière, soit une perte de 4,5 milliards de DH. Par ailleurs, le volume des arrivées au Maroc s’est replié de 78,9% à fin novembre 2020 et celui des nuitées de 72,3%, au lieu de hausses de 5,3% et 5,2% respectivement un an plus tôt.

Les autorités marocaines prendront-elles le risque d’ouvrir davantage l’accès au tourisme marocain afin de stopper l’hémorragie ? Le Maroc se contentera-t-il de l’ouverture sur un meilleur trafic au niveau local pour réduire les dégâts économiques?? Les prochaines semaines, voire les prochains mois seront cruciaux pour répondre à ces questions. Tout dépendra de l’état d’avancement de la campagne de vaccination et de la situation épidémiologique avant l’arrivée de la saison estivale.

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