COP29 : un accord qui ne satisfait pas tout le monde

Mbaye Gueye

Temps de lecture :

cop29 1COP29 à Bakou. DR : Aziz Karimov/Getty Images

A
A
A
A
A

La Conférence des parties (COP29), tenue à Bakou du 11 au 24 novembre, s’est conclue dans un climat de tension et de frustration. Après deux semaines de discussions intensives et de prolongations nocturnes, un accord final a été adopté, prévoyant une enveloppe annuelle de 300 milliards de dollars d’ici à 2035 pour soutenir les pays en développement dans leur lutte contre le changement climatique. Cependant, ce montant est jugé largement insuffisant par ces derniers. Retour sur un accord qui ne réjouit pas tout le monde.

Ils se sont unis pour parler d’une seule et unique voix. Ils ont haussé le ton pour montrer l‘impact du changement climatique dans leur quotidien. Les pays africains et les États insulaires n’ont reçu au final que 300 milliards de dollars par année comme contribution des pays développés aux financements climatiques pour les pays en développement d’ici 2035. Ceci a provoqué des réactions virulentes du côté de leurs négociateurs. Pour le Kényan Ali Mohamed, porte-parole du groupe Afrique, cette enveloppe est «inacceptable». Il a averti que ce montant entraînera des «pertes humaines inacceptables en Afrique et dans le monde et mettra en péril l’avenir de notre monde».

Lire aussi :  Décarbonation : Le Maroc met en avant ses initiatives à Bakou

Ce constat est partagé par les 45 pays les plus pauvres, représentés par Evans Njewa du Malawi, qui estime que l’accord manque cruellement d’ambition. Il faut noter que les pays en voie de développement réclamaient un financement annuel compris entre 600 et 1.300 milliards dollars par année pour faire face aux impacts croissants du dérèglement climatique. Les petits États insulaires, parmi les plus exposés aux effets du changement climatique, ont dénoncé un «mépris» pour leurs populations vulnérables, accusant les pays riches de ne pas tenir leurs promesses.

Bien que l’objectif de 300 milliards dollars représente une augmentation significative par rapport aux 100 milliards annuels convenus pour la période 2020-2025, il reste largement en deçà des besoins réels des pays en développement. Ces derniers, déjà confrontés à des sécheresses, des inondations et des migrations climatiques, ont vu leurs appels répétés à une solidarité internationale plus forte rester lettre morte.

Des réactions contrastées parmi les pays développés

Si l’accord a provoqué la déception des nations en développement, il a été accueilli de manière plus positive par certains acteurs des pays riches. Wopke Hoekstra, commissaire européen chargé des négociations climatiques, a salué cet accord comme «le début d’une nouvelle ère» pour la finance climatique. Selon lui, tripler l’objectif financier précédent est une avancée ambitieuse, réaliste et réalisable.

Lire aussi : COP29 : Guterres incite à plus de flexibilité pour un accord climatique

Le président américain Joe Biden a également exprimé sa satisfaction, qualifiant l’accord de «pas important» dans la lutte mondiale contre le dérèglement climatique. Simon Stiell, secrétaire exécutif de l’ONU Climat, a décrit cet engagement financier comme une «assurance pour l’humanité», mettant en avant ses effets potentiels sur la transition vers des énergies propres, la création d’emplois et une croissance durable.

Le président de la COP29, Mukhtar Babayev, a défendu l’accord comme étant «le meilleur possible» dans un contexte géopolitique marqué par de profondes divisions. Il a insisté sur la capacité de l’Azerbaïdjan à rassembler les nations malgré les tensions croissantes, affirmant que doubler ou tripler l’enveloppe aurait été irréaliste compte tenu des divergences entre les parties.

Un contexte de frustration pour les pays en développement

Pour les pays en développement, l’insuffisance de ce financement symbolise une inégalité persistante dans les responsabilités climatiques. Alors que ces nations subissent les conséquences les plus graves du réchauffement climatique, leurs ressources limitées les empêchent de s’adapter efficacement. Les pertes économiques dues aux catastrophes climatiques, combinées à une dette croissante, rendent leur situation de plus en plus critique.

Les critiques envers les pays riches se concentrent sur leur manque d’ambition et leur incapacité à répondre à l’urgence climatique. Pour les petits États insulaires, qui risquent de disparaître sous les eaux d’ici à quelques décennies, le financement promis reste loin des mesures nécessaires pour assurer leur survie.

Lire aussi : COP29 : Frustration et départ de deux groupes lors des consultations financières

Malgré les tensions, la COP29 a permis des avancées significatives sur d’autres fronts. Un accord mondial sur les marchés du carbone a enfin été conclu, après près de dix ans de blocage. Cet accord vise à établir des règles claires pour l’échange de crédits carbone, renforçant ainsi les mécanismes permettant de réduire les émissions globales.

En parallèle, plusieurs déclarations ont été adoptées concernant des secteurs clés comme la gestion durable de l’eau, le tourisme respectueux de l’environnement et la réduction des émissions de méthane provenant des déchets organiques. Ces initiatives visent à intégrer des solutions concrètes dans des domaines essentiels à la transition écologique.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
États-Unis : la Chambre des représentants rejette une limitation des pouvoirs de Trump contre l’Iran

Monde - La Congrès américain a rejeté à une voix près une résolution démocrate visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre l’Iran.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Mondial 2026 : un show de mi-temps historique pour la finale à New York

Monde : Le 19 juillet 2026, le MetLife Stadium d'East Rutherford, dans le New Jersey, accueillera la finale de la Coupe du Monde 2026.

Wissal Bendardka - 14 mai 2026
Trump Xi à Pékin : économie, Ormuz et Taïwan au cœur des échanges

Monde - Trump Xi à Pékin : retour sur une rencontre centrée sur l’économie, Ormuz et Taïwan. Les enjeux à retenir de cet échange très attendu.

Rédaction LeBrief - 14 mai 2026
États-Unis : les sanctions contre Francesca Albanese temporairement bloquées

Monde - Un juge fédéral américain a suspendu les sanctions imposées par Washington à Francesca Albanese.

El Mehdi El Azhary - 14 mai 2026
L’Australie rejoint Paris et Londres pour sécuriser le détroit d’Ormuz

Monde - L’Australie rejoint une mission défensive dirigée par la France et le Royaume-Uni pour sécuriser le détroit d’Ormuz.

El Mehdi El Azhary - 13 mai 2026
Sommet Chine–États-Unis : Trump veut ouvrir le marché chinois

Monde - Donald Trump arrive à Pékin avec une délégation de grands patrons pour pousser la Chine à s’ouvrir aux entreprises américaines.

Ilyasse Rhamir - 13 mai 2026
Voir plus
Classement Forbes 2026 : 3.428 milliardaires et le Maroc y est bien présent

Monde - Richesse mondiale en forte hausse : le nombre de milliardaires atteint un record avec 3.428 fortunes cumulant plus de 20.100 milliards de dollars. Elon Musk domine largement le classement de Forbes, où figurent aussi plusieurs grandes fortunes marocaines.

Ilyasse Rhamir - 11 mars 2026
L’Agence française de développement s’apprête à tourner la page Rémy Rioux

Monde - Après dix ans à la tête de l'AFD, Rémy Rioux s’apprête à quitter ses fonctions. L’Élysée a proposé Christophe Lecourtier à son poste.

Mouna Aghlal - 11 mars 2026
L’Espagne met officiellement fin aux fonctions de son ambassadrice en Israël

Monde - L'Espagne a décidé de mettre un terme au mandat de son ambassadrice en Israël, rappelée depuis plusieurs mois dans un contexte de fortes tensions diplomatiques.

Ilyasse Rhamir - 11 mars 2026
Les États-Unis autorisent temporairement la vente de pétrole russe

Monde - Face à l’envolée des prix du brut provoquée par la guerre en Iran et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, Washington autorise pendant un mois la vente de cargaisons de pétrole russe déjà chargées en mer afin de stabiliser l’offre mondiale.

Ilyasse Rhamir - 13 mars 2026
Guerre au Proche-Orient : l’Iran veut maintenir la pression sur le détroit d’Ormuz

Monde - L’escalade militaire au Proche-Orient se poursuit. L’Iran évoque le maintien de la pression sur le détroit d’Ormuz tandis que les frappes s’intensifient dans la région. La flambée du pétrole et les déplacements massifs de populations inquiètent la communauté internationale.

Ilyasse Rhamir - 12 mars 2026
Proche-Orient : le président français annonce un soutien militaire défensif aux partenaires de la région

Monde - La France a annoncé le déploiement de moyens militaires en Méditerranée et au Proche-Orient, dont une frégate et le porte-avions Charles-de-Gaulle.

El Mehdi El Azhary - 4 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire