PLF 2025 : évolution de la performance portefeuille publics

Mbaye Gueye

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Le rapport sur les établissements et entreprises publics, publié par le ministère de l’Économie et des Finances dans le cadre du projet de loi de Finances pour l’année budgétaire 2025, a montré une évolution du portefeuille public sur la période de 2023 à 2024. Celle-ci révèle une dynamique complexe, marquée par une croissance instable, des ajustements stratégiques et une rationalisation des charges. Le bilan des dernières années met en évidence des efforts de stabilisation des indicateurs financiers, des investissements significatifs, ainsi que des défis structurels à surmonter.

Le rapport sur les établissements et entreprises publics a révélé que le chiffre d’affaires (CA) des établissements et entreprises Publics (EEP) a montré une progression notable entre 2021 et 2022, passant de 285,5 milliards de dirhams (MMDH) à 331,9 MMDH. Cette hausse de près de 16% témoigne d’une reprise des activités après une année 2021 marquée par des défis économiques. Toutefois, en 2023, le chiffre d’affaires s’est stabilisé à 332,1 MMDH, indiquant une certaine stagnation dans la croissance. Cette stabilité peut être interprétée comme un signe de consolidation des performances après une forte reprise initiale.

L’évolution des charges d’exploitation hors dotations reflète les efforts déployés pour maîtriser les coûts. Entre 2021 et 2022, ces charges ont grimpé de 228,6 MMDH à 298,7 MMDH, avant de connaître une baisse en 2023 à 279,1 MMDH, soit une réduction de 7%. Cette baisse résulte de mesures d’optimisation visant à rationaliser les dépenses et à renforcer l’efficience des EEP.

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En matière de résultats nets, la période 2021-2023 a été caractérisée par une volatilité marquée. En 2021, les résultats nets bénéficiaires étaient de 25,5 MMDH, avant d’augmenter à 34,2 MMDH en 2022. Cependant, en 2023, ces résultats ont chuté à 26,4 MMDH, révélant des défis persistants liés à la rentabilité de certaines entités publiques. D’autre part, les résultats nets déficitaires ont également fluctué, passant de 9,5 MMDH en 2021 à 33,2 MMDH en 2022, avant de connaître une chute pour s’établir à 17,1 MMDH en 2023. L’évolution de ces chiffres met en lumière l’instabilité financière de certaines entités et l’importance de mesures correctives.

Le document souligne que les investissements totaux des EEP ont connu une augmentation progressive, passant de 64,1 MMDH en 2021 à 76,7 MMDH en 2022, pour atteindre 81,3 MMDH en 2023. Ces chiffres traduisent une volonté d’investir dans des projets structurants, essentiels pour la modernisation des infrastructures et le soutien de l’économie.

Vers une stabilisation des indicateurs financiers en 2024

Le rapport indique que les prévisions de clôture pour 2024 montrent une stabilisation des principaux indicateurs financiers. Le chiffre d’affaires global des EEP devrait atteindre 345,9 MMDH, représentant une légère progression par rapport à 2023. Parallèlement, les charges d’exploitation hors dotations devraient se stabiliser à 297,1 MMDH, avec une légère augmentation, mais elles restent sous contrôle grâce à des mesures d’optimisation continues.

Du côté des résultats nets, une amélioration est attendue avec une légère hausse des résultats bénéficiaires et une réduction des déficits. Ces prévisions témoignent des efforts continus pour améliorer la rentabilité des EEP tout en gérant efficacement les risques liés aux dépenses.

Les projections pour l’année 2025 mettent en avant une rationalisation des investissements. Avec un montant prévu de 137,7 MMDH, les investissements seront prioritairement orientés vers des projets stratégiques et structurants, en particulier dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’environnement. Cette approche sélective vise à maximiser l’impact des fonds publics tout en renforçant les secteurs clés de l’économie.

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La répartition sectorielle des investissements montre une concentration des ressources dans des secteurs porteurs, tels que l’énergie, les mines, l’eau et l’environnement, qui représentent une part importante des résultats nets excédentaires. Ces secteurs, essentiels pour le développement économique, continueront de bénéficier d’investissements soutenus pour répondre aux besoins croissants en infrastructures et en services publics.

Pour ce qui de la gestion de la dette des EEP, elle reste un élément important de la stratégie financière. Entre 2021 et 2023, les dettes de financement ont fluctué entre 296,7 MMDH et 328,2 MMDH, avant de redescendre légèrement à 326,5 MMDH en 2023. Les prévisions pour 2024 et 2025 visent à maintenir un niveau de dette soutenable, tout en veillant à financer efficacement les projets structurants.

La gestion du portefeuille public au cours de ces années a mis en lumière des défis persistants, mais aussi des opportunités à saisir pour renforcer la résilience des EEP. À travers une planification stratégique orientée vers les secteurs clés, le gouvernement vise à optimiser les investissements et à garantir une meilleure rentabilité des EEP. Le contrôle des dettes de financement et la rationalisation des charges resteront des priorités pour maintenir un portefeuille public soutenable et performant.

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