Une économie résiliente en dépit du ralentissement de la croissance

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Au T1 2026, les services marchands reculent tandis que le commerce de gros reste stableImage d'illustration © DR

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Les résultats économiques du premier trimestre 2024, dressés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), montrent une baisse du rythme de croissance, mettant en lumière des performances contrastées entre les différents secteurs. Ce ralentissement économique s’explique par une conjoncture mondiale difficile, impactant divers domaines d’activité de manière inégale. Les détails.

Le secteur agricole a particulièrement souffert, avec une diminution de la production, due à des conditions climatiques défavorables et à des problèmes structurels non résolus. Cette baisse a lourdement pesé sur la croissance globale, exacerbant les vulnérabilités existantes dans les zones rurales et parmi les agriculteurs. En revanche, certains secteurs ont affiché des performances positives, atténuant quelque peu l’impact négatif sur l’économie nationale. En dépit de ces défis, l’économie nationale a su maintenir une certaine stabilité, principalement grâce à une maîtrise de l’inflation.

Lire aussi : Croissance au Maroc : les prévisions optimistes de la BERD

T1-2024 : ralentissement de la croissance économique

L’arrêté des comptes nationaux du premier trimestre 2024 met en lumière un net ralentissement de la croissance économique nationale, laquelle s’établit à 2,5% contre 3,9% au même trimestre de l’année précédente. Ce ralentissement est en grande partie attribuable à une diminution de 5% de l’activité agricole, contrastant avec une augmentation de 2,1% observée l’année précédente. La pêche a cependant connu une croissance notable de 10%, inversant une tendance négative de 4,8% enregistrée précédemment.

En parallèle, le secteur secondaire a enregistré une hausse de 3,6%, stimulée par une croissance impressionnante de l’industrie d’extraction à 17,7%, une amélioration notable par rapport à une baisse de 12,1% l’année passée. Les secteurs de l’électricité, gaz, eau, assainissement et déchets ont également connu une augmentation de 3%, contre une baisse de 3% l’année précédente. Le bâtiment et les travaux publics ont progressé de 2,5%, compensant une baisse de 3% auparavant. Cependant, l’industrie manufacturière a ralenti, avec une croissance limitée à 2,1% contre 3% l’année précédente.

Le secteur tertiaire, bien que toujours en croissance, a vu son taux d’augmentation ralentir, passant de 6% à 3%. Les services financiers et assurances ont crû de 3,9% contre 7,3% l’année précédente, tandis que les services de recherche et développement et rendus aux entreprises ont enregistré une croissance de 3,6% par rapport à 4,3% précédemment. Les transports et l’entreposage ont augmenté de 3,4% contre 8,7%, et les services éducatifs, de santé et d’action sociale ont progressé de 2,9% contre 4,2%. Les services immobiliers, l’hébergement et la restauration, ainsi que l’information et la communication ont également montré des signes de ralentissement. Cependant, certains secteurs ont vu des hausses, notamment les services rendus par l’administration publique et la sécurité sociale, augmentant de 3,4%, et le commerce et la réparation de véhicules, qui ont progressé de 2,7%.

Lire aussi : Campagne agricole 2023/24 : quelles solutions en temps de crise?

Maîtrise de l’inflation et demande intérieure

Malgré ce ralentissement général, l’économie nationale a réussi à maintenir une inflation maîtrisée. Aux prix courants, le PIB a augmenté de 3,8%, avec une hausse du niveau général des prix limitée à 1,3%. Ce contexte d’inflation maîtrisée s’accompagne d’une nette amélioration de la demande intérieure. Celle-ci a augmenté de 3,6% au premier trimestre 2024, contre 0,3% à la même période l’année précédente.

Les dépenses de consommation finale des ménages ont crû de 3%, contre 0,9% l’année précédente, contribuant à la croissance économique à hauteur de 1,9 point contre 0,6 point précédemment. La consommation finale des administrations publiques a également progressé, bien que son taux de croissance ait ralenti de 4,5% à 3,9%, contribuant à la croissance de 0,7 point contre 0,9 point auparavant. L’investissement brut a enregistré une hausse notable de 4,6%, contre une baisse de 5% au premier trimestre 2023, contribuant positivement à la croissance à hauteur de 1 point contre une contribution négative de 1,2 point l’année précédente.

Les échanges extérieurs de biens et services ont toutefois eu une contribution négative à la croissance, avec une hausse des importations de 9,5% contre 7,8% l’année précédente, et une augmentation des exportations de 7,3% contre 18,6%. Les importations ont ainsi eu une contribution négative de 4,1 points à la croissance, contre une contribution négative de 3,7 points l’année précédente, tandis que les exportations ont contribué à hauteur de 3 points, contre 7,4 points précédemment. Ce contexte a mené à une contribution négative nette des échanges extérieurs de 1,1 point à la croissance, contre une contribution positive de 3,6 points au premier trimestre 2023.

Enfin, en termes de financement, l’économie nationale a vu une amélioration de sa capacité de financement, malgré une baisse des taux d’épargne et d’investissement. Le taux d’épargne nationale est passé de 25,6% du PIB à 24,3%, et l’investissement brut a diminué de 25,5% à 23,7%. Cependant, la capacité de financement, qui est la différence entre l’épargne et l’investissement, s’est améliorée. Elle est passée de 0,1% du PIB au premier trimestre 2023 à 0,6% au même trimestre de 2024. Cette augmentation indique une gestion plus efficace des ressources économiques, même dans un contexte de ralentissement de la croissance économique.

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