Les dérives du féminisme moderne : quand la lutte pour l’égalité s’éloigne de ses fondements
Le féminisme trouve ses origines dans la lutte noble pour les droits des femmes, notamment pour le droit de vote, l’accès à l’éducation et l’autonomie financière. Son émergence coïncide avec la révolution industrielle et l’abolition de l’esclavage dans de nombreux pays. Ces deux évolutions ont transformé profondément les structures sociales et économiques, engendrant un besoin croissant de main-d’œuvre, ce qui a progressivement remis en question les rôles traditionnels assignés aux femmes au sein de la famille et de la société. Les féministes ont donc œuvré à faire bénéficier les femmes des mêmes droits que les hommes, tant sur le plan politique, avec le droit de vote, sur le plan social, avec l’accès à l’éducation, qu’économique, avec le droit à des emplois équitablement rémunérés. Les revendications étaient, pour l’essentiel, politiques, sociales et économiques ancrées dans le désir de justice sociale et d’égalité des chances. Elles reflétaient les aspirations légitimes des femmes à jouer un rôle actif dans la société et à prendre en main leur propre destin.
Mais progressivement, le mouvement a dévié vers des revendications sociétales, qui sont pour le moins controversées, surtout dans des sociétés conservatrices ayant un ancrage profondément religieux. À titre d’illustration, alors que certaines branches du féminisme soulèvent des questions éthiques et morales autour de l’avortement, d’autres militent pour le droit absolu à cette pratique. Si le sujet peut susciter des débats légitimes sur la santé reproductive et les droits des femmes, certains courants ont adopté une posture radicale en faveur de l’avortement, affranchi de toutes nuances éthiques et morales sur le droit à la vie qui sous-tend cette pratique.
La montée de la confrontation et la stigmatisation systématique des hommes dans certains cercles féministes soulève également des frustrations quant à la polarisation de la société dans le dialogue sur l’égalité des sexes, tant toutes les revendications sur le droit de la famille vont toujours dans un seul sens. Alors que la lutte pour l’égalité des sexes devrait être inclusive et viser à créer un monde où hommes et femmes s’épanouissent ensemble, cette tendance à la confrontation et la contestation systématiques hystérise le débat, ce qui accentue les tensions dans les couples et créé une société raide où les conflits sont réglés devant les tribunaux au lieu de l’être dans un cadre plus consensuel.
La théorie du genre est un autre sujet où le féminisme contemporain est entré en confrontation directe et frontale avec la société. Cette théorie qui remet en question les notions traditionnelles de masculinité et de féminité, affirme que les identités sexuelles sont socialement construites plutôt que biologiquement déterminées. Ce faisant, elle remet en cause les réalités biologiques et l’expérience vécue des individus. Cette évolution sociétale est vivement critiquée sur ses fondements rationnels et sur la volonté d’imposer par la force de la loi sa conception du monde, créant ainsi des situations de profonde détresse dans les familles qui voient leur progéniture leur échapper.
Par ailleurs, certaines factions du féminisme ont élargi leur champ d’action pour inclure les revendications des LGBTQ+ et la défense des relations sexuelles libertaires, poussant ainsi à des confrontations frontales dans des sociétés qui ne conçoivent ces relations qu’entre un homme et une femme au sein de l’institution du mariage. Cette conception n’est pas propre aux sociétés musulmanes. Dans les cultures influencées par des traditions religieuses fortes, telles que le christianisme et le judaïsme, le mariage est considéré comme une institution sacrée et les relations sexuelles en dehors de celle-ci sont inacceptables. De même, dans certains pays à majorité chrétienne, comme ceux d’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine, les normes sociales traditionnelles ne tolèrent les relations sexuelles que dans le cadre du mariage hétérosexuel. Elles ont mis en place des normes sociales strictes qui voient d’un mauvais œil les relations sexuelles en dehors du mariage. Il en est de même, des cultures traditionnelles chinoise, indienne et slave où le mariage est considéré comme sacré et les relations sexuelles en dehors de celui-ci sont socialement inacceptables, bien que des changements sociaux et culturels puissent être observés dans certaines régions urbaines et parmi les jeunes générations. De même, les relations homosexuelles sont généralement taboues et peuvent être socialement stigmatisées en raison des normes conservatrices liées à la religion et à la culture.
Toutefois, l’une des critiques les plus fortes au féminisme moderne est sa contribution à diminuer le statut de la mère au sein de la société moderne. Ainsi, les pressions sociales autour de la participation des femmes sur le marché du travail et la limitation de la réussite à la carrière professionnelle, ont conduit à la dévalorisation du travail au foyer et de l’éducation des enfants. Cette évolution a conduit, entre autres facteurs, à une baisse des taux de fécondité, un effondrement démographique et une implosion de la cellule familiale dans les sociétés où les mouvements féministes ont le plus dévié de leur cause originelle. La diminution du statut social de la mère et la dévalorisation de son rôle au sein de la famille ont contribué à des changements sociétaux profonds, affectant les dynamiques démographiques et familiales. Cette tendance a de lourdes implications à long terme sur la dynamique économique, l’harmonie sociale et l’équilibre démographique au sein de ces sociétés.
Aujourd’hui le combat légitime pour l’égalité a été confisqué par des activistes aux financements conséquents, à l’organisation redoutablement efficace et aux objectifs bien éloignés des préoccupations réelles des femmes. Leur dérive vers des agendas plus idéologiques et polarisants a contribué à fragmenter les sociétés, en stigmatisant les individus qui adhèrent aux valeurs traditionnelles, mais qui se sentent concernés par les débats sur l’égalité des sexes. Leur focalisation obsessionnelle sur des questions controversées aliène l’opinion publique et compromet la lutte noble dans son ensemble, en reléguant au second plan les véritables défis et luttes auxquels les femmes sont réellement confrontées dans leur vie quotidienne.
Mais ces préoccupations, pour nobles qu’elles soient, n’attirent pas les financeurs. Et c’est peut-être là le problème.
Ces tractations ont un jargon qui leur est propre : équilibres, représentativité, poids électoral, portefeuilles. Mais l’économie a le sien : emploi, pouvoir d’achat, création de richesses, fiscalité et dépenses publiques. Le paradoxe est que l’équipe qui sera aux commandes sera constituée dans le premier langage, mais sévèrement jugée dans le second ; les attentes sont grandes et la déception se paiera cash. La mère des batailles : accélérer la croissance Quelle que soit sa composition, le prochain gouvernement aura…
Par Pr. Nabil Adel, Membre du Conseil national du MPEn effet, le 16 septembre 2026, à Ekaterinbourg, devant un parterre de jeunes délégués au Festival international de la jeunesse, Sergueï Lavrov a pris la parole. Et il a livré l’une des formulations les plus simples, les plus précises, les plus claires qu’un responsable russe ait prononcées depuis le début du conflit ukrainien. « Nous n’avons l’intention d’attaquer personne. C’est une stupidité, c’est de l’idiotie […]. Mais si l’Europe, qui parle chaque jour de se préparer à la guerre contre…
Par Zilaoui Mohamed, Chercheur en sciences politiquesTous deux ont vécu six décennies. Leur âge chronologique est identique. Pourtant, l’un est peut-être encore physiquement actif, socialement intégré, intellectuellement curieux et autonome. L’autre, en revanche, peut déjà éprouver des difficultés de mobilité, une maladie, l’isolement ou les tâches quotidiennes. Alors, vivent-ils vraiment la même chose simplement parce qu’ils ont le même âge ? Peut-être pas. On a souvent tendance à réduire l’âge à un simple chiffre. Mais le vieillissement n’est pas un chiffre. L’âge nous indique le nombre…
Par Badar uz Zaman, Directeur d’une école privée, titulaire d’un Master en science politique.Le Parti authenticité et modernité, vainqueur des élections, présente cinq mesures chiffrées, toutes centrées sur le coût de la vie. Concernant les prix des produits de base, le constat est clair : les intermédiaires captent entre 60% et 80% du prix final. Pour y remédier, sept mécanismes sont proposés. Il s’agit d’abord de six sociétés régionales de distribution agricole placées sous cahier des charges public et soumises à un audit annuel. Viennent ensuite la modernisation des marchés de gros, équipés…
Par Aymen Jidali, Doctorant en sciences politiquesMais derrière cette dynamique, une tension structurelle apparaît : la logistique peine à suivre. Car si acheter en ligne se fait en quelques secondes, livrer efficacement reste un défi complexe. Le e-commerce agit ainsi comme un révélateur des fragilités logistiques du pays — et, potentiellement, comme un accélérateur de leur transformation. Une demande qui change de nature Le e-commerce ne se contente pas d’augmenter les volumes : il transforme profondément la nature des flux logistiques. Traditionnellement, la logistique au Maroc…
Par Anass Yachoulti, Docteur en Sciences économiques et GestionDes milliers de séquences de jeu de l’adversaire ont été analysées. Ses habitudes sur coups de pied arrêtés ont été identifiées. Les zones dans lesquelles il perd le plus souvent le ballon sont cartographiées. La charge physique des joueurs marocains est suivie. Plusieurs scénarios tactiques sont simulés. Derrière cette masse d’informations : l’intelligence artificielle. Mais au moment du coup d’envoi, une question demeure : qui gagne réellement le match ? L’algorithme ou l’humain qui sait quoi en faire ? À…
Par Dr Imad Rochd, Docteur en Business Administration, spécialisé en transformation digitaleOn peut avoir des réserves sur le Parti authenticité et modernité. On peut critiquer ses choix, ses responsables, ses alliances ou certaines de ses positions. On peut également être en désaccord avec le parcours politique de Fatima Zahra El Mansouri et avec certaines de ses décisions. Mais cela ne devrait pas empêcher de reconnaître une réalité : pour la première fois dans l’histoire du Maroc indépendant, une femme accède à la tête du gouvernement. Et cette dimension mérite d’être regardée…
Par Marouane Bichichi, Analyste politiqueQuand une PME est mise en vente, les premiers acheteurs sérieux ne commencent pas par les bilans. Ils commencent par observer. Comment se comportent les collaborateurs quand le dirigeant n’est pas dans la pièce ? Les managers décident-ils seuls, ou attendent-ils systématiquement la validation d’en haut ? Quand quelque chose va mal, est-ce que l’information remonte vite — ou est-ce qu’on cache jusqu’à ce que ça éclate ? Ce qu’ils observent s’appelle la culture d’entreprise. Et dans leur valorisation, elle…
Par Mostafa Mounasser, Fondateur de Maroc Mentor, cabinet d'accompagnement de dirigeants de PME marocainesCependant, cette pratique pose une question délicate : où s’arrête l’inspiration et où commence l’appropriation illégitime d’une histoire personnelle ? L’affaire entourant Kamel Daoud et son roman Houris illustre les tensions qui surgissent lorsque fiction et réalité s’entrelacent. Lauréat du prix Goncourt 2024, Daoud se voit reproché d’avoir utilisé, sans consentement, le récit d’une survivante de la guerre civile algérienne, ancienne patiente de son épouse psychiatre. Si l’écrivain réfute ces accusations en invoquant la fiction comme territoire libre, cette controverse…
Par Intissar Haddiya, Médecin et auteure marocaineDans les grandes agglomérations, les tendances sont tout aussi disparates. À Casablanca, l’IPAI a reculé de 1%, avec des baisses de 0,5% pour les biens résidentiels, de 2,7% pour les terrains, et de 2,2% pour les actifs professionnels. La ville a également enregistré une contraction significative de 30,1% des transactions, notamment pour les terrains (-41,7%) et les locaux professionnels (-33,3%). À Rabat, les prix ont diminué de 0,6% globalement, avec une baisse notable de 7,5% des actifs professionnels, mais les…
Par Karim Mabrour, Fondateur et CEO de MKM ImmobilierLe rôle du Maroc s’étend bien au-delà de la simple défense de son intégrité territoriale face aux revendications désuètes du Polisario, il incarne une riposte systématique aux menaces qui gangrènent la stabilité de l’Europe, du Sahel et du Maghreb. La position géostratégique du Maroc, à la croisée de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Sahel, confère au pays une fonction essentielle dans l’architecture sécuritaire mondiale. Les services de renseignement marocains, notamment la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST)…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifLa célébration de l’année hégirienne incarne le socle islamique fondamental de l’identité marocaine, tandis que la commémoration de l’année grégorienne illustre l’ouverture du Royaume au monde moderne et son interaction avec la culture occidentale. La célébration de l’année amazighe, quant à elle, honore des racines ancestrales profondes liées à l’identité amazighe, un pilier fondamental du tissu social marocain. Bien que ces festivités témoignent d’une reconnaissance certaine de la diversité culturelle marocaine, elles révèlent néanmoins des lacunes criantes si elles n’incluent…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne ambition qui dépasse les frontières Au-delà de l’exposition et des conférences, le Green Impact Expo & Summit porte une vision : celle de créer une communauté marocaine de la mobilité durable, où chaque acteur, qu’il soit industriel, institutionnel, académique ou citoyen peut contribuer à construire les solutions de demain. Cet événement incarne une dynamique unique, où la collaboration transcende les simples enjeux commerciaux pour embrasser une responsabilité collective envers l’avenir de notre planète. Dans un contexte où les politiques…
Par Omar Amarouch, Chargé des partenariats et de la commercialisation du Green Impact Expo & Summit,Dans ces environnements urbains, les rythmes de vie, les infrastructures et les dynamiques sociales ne sont plus en phase, créant une fragmentation de l’expérience urbaine. L’urbanisation rapide, souvent motivée par des impératifs économiques plutôt que par une vision cohérente de la ville, conduit à un désaccord entre les différents éléments qui composent la cité. Les transports fonctionnent à une cadence différente de celle des besoins résidentiels, les espaces de travail ne s’intègrent pas harmonieusement aux zones de loisirs, et les…
Par Mohammed Hakim Belkadi, Consultant architecte des écosystèmes urbains prédictifs et des milieux interconnectés expert judiciaireCe régime, dont les pratiques empiètent systématiquement sur la souveraineté des nations voisines, s’appuie en interne sur une propagande mensongère visant à alimenter la haine, à détourner ses citoyens de leurs véritables aspirations, et à les priver de leur droit légitime au développement, à la justice sociale, et à la prospérité. Son objectif est évident : manipuler l’opinion publique pour la maintenir captive de projets idéologiques en décalage complet avec les besoins et les droits réels de ses citoyens. Après…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne réflexion scientifique pour une mobilité durable La programmation scientifique du Green Impact Expo & Summit repose sur une approche transversale qui intègre les dimensions économiques, sociales et environnementales de la mobilité. L’objectif est clair : élaborer des solutions innovantes adaptées aux territoires et aux besoins des populations, tout en répondant aux impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Maroc, acteur clé de cette dynamique, s’est fixé un objectif ambitieux de réduction de 45% de…
Par Mehdi Amarouch, Directeur du programme Green Impact Expo & Summit