Textile : très fort recul des exportations vers l’UE

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En net recul, les exportations marocaines de vêtements vers l’Union européenne (UE) ont subi une baisse en 2023. Une diminution significative de plus de 14% par rapport à l’année précédente. Cette baisse généralisée s’explique principalement par un contexte de forte inflation.

2023 n’a pas été de tout repos pour le secteur de l’habillement marocain. Les exportations vers l’Union européenne (UE) ont nettement baissé à hauteur de 14,2% par rapport à 2022. Enregistrant ainsi un chiffre à 2,55 milliards de dirhams.

Malgré cela, le Maroc a maintenu sa part de marché à 3,1%, alors que la baisse a touché presque tous les exportateurs, à l’exception de la Tunisie. Les industriels marocains peuvent également se réjouir de voir que les prix de leurs ventes sur ce marché ont échappé à la baisse généralisée, avec une moyenne de 30,61 euros, en hausse de 9,5% sur un an.

Serons-nous envahis par l’Asie ?

Cette baisse des exportations et des prix d’habillement sur le marché de l’UE est due à une nette diminution de la consommation, se traduisant par un recul de 16% des importations d’habillement en valeur et de près de 21% en moyenne des prix. La diminution de la consommation est toutefois plausible au vue de l’inflation actuelle, de nombreux consommateurs ne se rendent plus, ou moins, dans les boutiques.

Lire aussi : Activités économiques : bilan et anticipations du HCP pour le T4-2023

De là deux scénarios se présentent à nous. A commencer par un retour aux sources avec une consommation contrôlée et plus écologique. Le Maroc pourra largement s’adapter à ce marché en produisant plus écoresponsable. Le second scénario, tout aussi envisageable, mais plus désastreux serait de l’inondation du marché par des produits de très basse qualité en provenance d’Asie, et à des prix cassés. Cela aura pour conséquences de multiplier les achats, les déchets et les produits de mauvaise qualité, ne respectant aucune règle sanitaire ou de fabrication.

L’Asie maîtresse du textile

Ce scénario de l’horreur n’aura pas impacté que l’Union européenne, mais aussi, et surtout, ses fournisseurs, dont le Maroc. Alors que la part des pays méditerranéens (Maroc, Turquie, Tunisie, Égypte…) sur le marché de l’UE était de 24,8% il y a 20 ans, elle est passée à 19% en 2023.

En 2003, la Tunisie était le quatrième fournisseur de l’UE, à hauteur de 2,7 milliards d’euros, contre 2,4 milliards actuellement. Quant au Maroc, il occupait la cinquième position avec des ventes de 2,47 milliards d’euros de textile. Son positionnement n’a donc pas beaucoup changé 20 ans plus tard, en dehors de sa place sur le podium, passant de cinquième à huitième.

Malgré tous ces efforts, les pays d’Asie sont la principale source d’approvisionnement en habillement pour l’Europe, avec en pôle position la Chine, suivie du Bangladesh. Par ailleurs, la part des pays européens hors UE, à savoir le Royaume-Uni, la Serbie, la Suisse, l’Albanie, la Macédoine… stagne à hauteur de 6,1%.

La solution The Fixers

C’est dans ce contexte dynamique de l’industrie textile et du cuir marocain, qu’une nouvelle initiative promet de stimuler l’innovation et de résoudre les défis quotidiens rencontrés par le secteur. Le programme « The Fixers », lancé conjointement par le Moroccan Denim and Fashion Cluster (MDFC) et l’association des Ingénieurs de l’ESITH (AIESITH), s’annonce comme une réponse audacieuse aux besoins de problem-solving qui caractérisent cette industrie.

Lire aussi : Secteur secondaire : les points clés de la note du HCP

Soutenu par le Fonds d’appui aux clusters du ministère de l’Industrie et du Commerce, « The Fixers » vise à encourager les solutions innovantes et tangibles, élaborées par les ingénieurs opérationnels, pour aborder les problématiques réelles du secteur.

Le cœur du programme réside dans le développement de projets concrets et dans l’accompagnement de leur mise en œuvre. Pendant une période de 12 mois, « The Fixers » offrira un soutien spécialisé à deux projets sélectionnés pour développer leur Minimum Viable Product (MVP). Ce processus permettra non seulement de stimuler l’innovation mais aussi de renforcer les capacités des ingénieurs en matière de résolution de problèmes.

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