PLF 2027 : pourquoi le budget des charges communes augmente-t-il de 41% ?
Image d'illustration, famille marocaine © DR
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Le Projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2027 prévoit une augmentation des crédits affectés aux charges communes, un poste du budget général destiné à couvrir des dépenses qui ne peuvent être directement imputées aux budgets des différents départements ministériels ou institutions.
D’après la note publiée par le ministère de l’Économie et des Finances, les crédits de fonctionnement devraient atteindre 63,957 milliards de dirhams, contre 45,453 milliards dans la loi de finances 2026. Cette évolution représente une hausse d’environ 41%, soit 18,504 milliards de dirhams supplémentaires.
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L’enveloppe consacrée à l’investissement devrait, pour sa part, s’établir à 48,997 milliards de dirhams, en progression de 11% par rapport aux 44,082 milliards prévus par la loi de finances 2026. L’augmentation atteint ainsi 4,915 milliards de dirhams.
Ces ressources doivent répondre à deux catégories de besoins. Le fonctionnement finance principalement des dépenses à caractère social et certaines charges communes à l’État. L’investissement permet, quant à lui, d’effectuer des transferts aux comptes spéciaux du Trésor, de soutenir des établissements et entreprises publics et de participer au financement de projets économiques et sociaux.
La protection sociale et la compensation au cœur du fonctionnement
La progression des crédits de fonctionnement s’explique notamment par l’importance des dépenses programmées au titre du soutien aux prix et de la généralisation de la protection sociale.
Pour 2027, le ministère prévoit 19,486 milliards de dirhams pour la compensation et les mesures d’accompagnement. Sur ce montant, 19,4 milliards doivent couvrir les charges liées au gaz butane et à certaines denrées alimentaires de base. Les 86 millions de dirhams restants sont destinés au soutien du transport, notamment à travers la prise en charge des dépenses liées au transport urbain par autobus.
La contribution au financement du chantier de généralisation de la protection sociale devrait, de son côté, atteindre 19,022 milliards de dirhams. Cette ligne constitue l’un des principaux postes du budget de fonctionnement des charges communes.
Le document prévoit également 11,689 milliards de dirhams pour les dépenses liées aux régimes de retraite gérés par la Caisse marocaine des retraites (CMR). Cette enveloppe couvre notamment la revalorisation des pensions minimales, le déficit du régime des pensions militaires, les allocations familiales des retraités et les dépenses des régimes non contributifs.
À ces montants s’ajoutent 3,022 milliards de dirhams destinés à d’autres comptes spéciaux du Trésor, ainsi que 10,738 milliards pour diverses dépenses sociales et exceptionnelles. Ces dernières doivent permettre de couvrir d’autres charges à caractère social.
Un taux d’exécution de 68% à fin août 2026
Les données relatives à l’exécution budgétaire permettent de mesurer l’utilisation des crédits consacrés aux charges communes avant l’élaboration du budget 2027.
En 2025, les crédits ouverts pour le fonctionnement ont atteint 50,872 milliards de dirhams, en tenant compte des dotations supplémentaires. Les engagements de dépenses se sont élevés à 50,327 milliards, soit un taux d’exécution proche de 99%.
Les versements ont notamment porté sur 16,789 milliards de dirhams destinés au Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale, ainsi que sur 16,622 milliards consacrés au soutien des prix à la consommation et aux mesures d’accompagnement. Les dépenses relatives aux régimes de retraite gérés par la CMR ont représenté 3,293 milliards de dirhams.
Pour 2026, les crédits inscrits au chapitre de fonctionnement ont atteint 54,052 milliards de dirhams, compte tenu des crédits supplémentaires. Au 1er septembre, les engagements s’élevaient à 36,533 milliards, correspondant à un taux d’exécution d’environ 68%.
Sur cette période, 11,328 milliards de dirhams ont été débloqués au titre du soutien aux prix à la consommation et des mesures d’accompagnement. Le Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale a bénéficié de 9,95 milliards, tandis que 4,568 milliards ont été consacrés à la prise en charge d’une partie des aides du programme de reconstitution du cheptel national.
L’investissement orienté vers les comptes du Trésor et les projets structurants
Le budget d’investissement des charges communes doit également financer plusieurs opérations impliquant des organismes publics et des programmes nationaux.
En 2025, les crédits ouverts, y compris les dotations supplémentaires, se sont établis à 60,849 milliards de dirhams. Les engagements ont atteint 55,787 milliards, soit un taux d’exécution de 91,68%.
Les transferts vers les comptes spéciaux du Trésor ont constitué le premier poste de dépenses, avec 30,984 milliards de dirhams. Parmi les autres opérations importantes figurent les aides au programme de reconstitution du cheptel national, à hauteur de 5,5 milliards, ainsi qu’une dotation en capital de 4 milliards à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).
Le financement du relogement des ménages issus des bidonvilles de Casablanca, Mohammedia, Nouaceur et Mediouna a mobilisé 2,169 milliards de dirhams. L’Office national des chemins de fer (ONCF) a reçu 1,7 milliard, tandis que Royal Air Maroc (RAM) a bénéficié d’une dotation en capital de 1,5 milliard.
Au 1er septembre 2026, les crédits ouverts pour l’investissement atteignaient 57,267 milliards de dirhams, compte tenu des dotations supplémentaires. Les engagements se chiffraient à 37 milliards, soit environ 65% des crédits disponibles. Les versements aux comptes spéciaux du Trésor représentaient à eux seuls 25,981 milliards de dirhams.
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L’emploi des jeunes et le développement territorial parmi les priorités
Pour 2027, les transferts aux comptes spéciaux du Trésor devraient totaliser 29,450 milliards de dirhams. Cette enveloppe comprend notamment 17,9 milliards destinés aux comptes d’affectation spéciale et 11,55 milliards aux comptes de dépenses sur dotations.
Parmi les montants prévus pour les comptes d’affectation spéciale figurent 5,99 milliards de dirhams pour le Fonds pour la promotion de l’emploi des jeunes et 4,3 milliards pour le Fonds de développement territorial intégré. Le document prévoit également 1,548 milliard au titre de la part des collectivités territoriales dans le produit de la TVA, ainsi que 1,5 milliard pour le Fonds de soutien à l’Initiative nationale pour le développement humain.
Les crédits d’investissement comprennent par ailleurs 19,371 milliards de dirhams au titre des participations et concours divers. Cette rubrique regroupe plusieurs transferts destinés au financement de programmes et au soutien d’organismes publics.
Une enveloppe de 1,5 milliard de dirhams est ainsi prévue pour la mise en œuvre de la feuille de route du tourisme. Le soutien financier à l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg devrait atteindre 926 millions de dirhams, tandis que 1,638 milliard est programmé au profit de la Société nationale de garantie et du financement de l’entreprise (SNGFE).
Le budget prévoit également 615,5 millions de dirhams pour le programme de recasement des bidonvilles dans la région de Casablanca-Settat. Les conventions de financement relatives aux adductions d’eau dessalée avec les sociétés régionales multiservices devraient, pour leur part, bénéficier de 500 millions de dirhams.
Une enveloppe destinée à plusieurs politiques publiques
La répartition des crédits inscrits au PLF 2027 montre que les charges communes constituent un instrument de financement transversal. Elles permettent à l’État de prendre en charge des dépenses sociales, d’accompagner certains secteurs et de contribuer à des investissements qui concernent plusieurs organismes publics.
La hausse prévue des crédits de fonctionnement intervient principalement dans un contexte de financement de la protection sociale, de compensation des prix et de couverture des dépenses liées aux retraites. En parallèle, l’augmentation des crédits d’investissement doit soutenir les transferts aux comptes spéciaux du Trésor, les participations publiques et différents projets structurants.
Ces montants restent ceux inscrits dans le Projet de loi de finances pour 2027. Leur programmation devra être distinguée des crédits effectivement ouverts et des dépenses qui seront réalisées au cours de l’exercice budgétaire.
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