TPE-PME : quelles sont les attentes adressées au nouveau gouvernement ?
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À l’approche de la formation du nouvel exécutif, la Confédération marocaine des TPE-PME (CM-TPME) remet sur la table les difficultés rencontrées par les petites entreprises et les auto-entrepreneurs. À travers sa plateforme YouTube « صوت المقاولة الصغيرة | TPE Voice », l’organisation interpelle Fatima Ezzahra El Mansouri, nouvelle cheffe du gouvernement, ainsi que les membres de son équipe attendue, en appelant à des décisions susceptibles d’améliorer durablement les conditions d’activité de ces acteurs économiques.
La Confédération rappelle que les très petites, petites et moyennes entreprises contribuent à la création d’emplois, au développement de l’investissement et à la dynamique économique des territoires. Malgré leur rôle, elles restent confrontées à plusieurs obstacles qui limitent leurs possibilités de croissance et fragilisent leur pérennité.
Pour la CM-TPME, le prochain gouvernement doit donc dépasser les déclarations d’intention et privilégier des réponses adaptées aux réalités du terrain. L’organisation estime que les petites structures doivent bénéficier d’une place plus importante dans les politiques économiques et d’un environnement des affaires garantissant davantage d’équité.
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Pourquoi la Confédération réclame-t-elle une réforme du financement ?
L’accès au financement figure parmi les principales revendications formulées par la CM-TPME. La Confédération souhaite faciliter l’obtention de ressources financières pour les petites entreprises et leur permettre de concrétiser leurs projets d’investissement. Elle préconise notamment la création d’une banque publique destinée à répondre à leurs besoins.
Cette proposition vise à renforcer les possibilités de financement de structures qui rencontrent des difficultés pour mobiliser les moyens nécessaires à leur développement. L’enjeu consiste à leur donner les moyens d’investir, de consolider leur activité et de participer davantage à la création de richesse.
La commande publique constitue un autre dossier prioritaire. La Confédération demande une application effective de la disposition légale de 2013 prévoyant de réserver 20% du montant global des marchés publics aux petites entreprises. Elle plaide ainsi pour un accès plus équitable aux appels d’offres et une concurrence permettant aux structures de taille réduite de défendre leurs chances face aux opérateurs plus importants.
Pour l’organisation, le respect de cette disposition représente un levier pour élargir les débouchés commerciaux des TPE-PME et leur permettre de participer davantage aux projets portés par les administrations publiques.
Fiscalité et retards de paiement : quelles mesures sont demandées ?
La pression fiscale figure également parmi les préoccupations exprimées par la Confédération. Celle-ci demande une révision de l’imposition des petites entreprises afin de tenir compte de leurs capacités financières et de leurs spécificités. Elle réclame notamment le retour du taux d’imposition de 20% à 10%, niveau qu’elle présente comme celui en vigueur avant l’arrivée du gouvernement Akhannouch.
Cette revendication s’inscrit dans une volonté plus large d’adapter les règles fiscales aux moyens des petites structures. Selon l’approche défendue par la CM-TPME, les politiques fiscales doivent prendre en considération les contraintes auxquelles ces entreprises sont confrontées pour préserver leur activité et financer leur développement.
Les délais de paiement constituent un autre point de tension. La Confédération souhaite fixer à 30 jours le délai maximal de règlement des petites entreprises. L’objectif est de limiter les difficultés de trésorerie liées aux retards de paiement et de leur permettre de disposer plus rapidement des ressources nécessaires à leur fonctionnement.
Cette mesure est présentée comme un moyen de protéger la continuité de l’activité des petites structures, notamment lorsque leur équilibre financier dépend de l’encaissement régulier des sommes qui leur sont dues.
Comment améliorer l’accompagnement des petites entreprises ?
Au-delà des mesures financières et fiscales, la CM-TPME réclame une évolution des dispositifs d’accompagnement. Elle souhaite être associée à l’élaboration des programmes publics de soutien avant leur lancement, afin que ces mécanismes répondent davantage aux besoins exprimés par les entreprises et aux difficultés observées sur le terrain.
La Confédération plaide également pour la création d’une agence nationale baptisée « Maroc TPE ». Cette structure serait chargée de renforcer l’accompagnement administratif, technique et managérial des petites entreprises, grâce à un réseau d’antennes déployées dans l’ensemble des provinces du Royaume.
L’objectif serait de rapprocher les services d’appui des entrepreneurs et de faciliter leurs démarches. Une telle organisation permettrait, selon la proposition formulée, de mieux prendre en compte les réalités locales et les besoins spécifiques des structures concernées.
La digitalisation constitue un autre axe de travail. La Confédération demande une simplification des procédures administratives, une accélération de la transformation numérique et la mise en place d’un soutien financier adapté. Elle appelle également à accompagner les petites entreprises dans l’adoption de l’intelligence artificielle, afin de leur permettre de suivre les évolutions technologiques et de renforcer leur compétitivité.
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Le nouveau gouvernement peut-il rétablir l’équité économique ?
Dans son message, la CM-TPME appelle le prochain exécutif à inscrire les préoccupations des petites entreprises parmi ses priorités. Elle défend une politique économique davantage tournée vers l’écoute des professionnels, l’égalité des chances et la mise en œuvre de solutions concrètes.
L’organisation invite ainsi les responsables politiques à construire une relation plus étroite avec les représentants des petites entreprises et leurs organisations professionnelles.
À travers sa plateforme « TPE Voice », elle entend contribuer au débat public et donner davantage de visibilité aux difficultés rencontrées par ces acteurs économiques.
La Confédération attend désormais du nouveau gouvernement qu’il ouvre un dialogue sérieux avec les professionnels et traduise leurs revendications en mesures effectives. Elle estime que l’amélioration de l’accès au financement, l’équité fiscale, la réduction des délais de paiement et la simplification administrative sont autant de chantiers nécessaires pour permettre aux petites entreprises de consolider leur activité et de contribuer davantage au développement économique et social du Maroc.
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