Risques critiques : l’OCDE salue le dispositif marocain
Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) © DR
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Le Maroc a mis en place une architecture dédiée à la gouvernance des risques critiques, que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) cite parmi les dispositifs développés pour renforcer l’anticipation des catastrophes et orienter les investissements de résilience. Dans son rapport « Tracking progress in the governance of critical risks », l’organisation examine les progrès réalisés par les pays dans la mise en œuvre de sa recommandation sur la gouvernance des risques critiques.
Selon l’OCDE, le ministère marocain de l’Intérieur a instauré une fonction de Chief risk officer, chargée de coordonner les efforts de gestion des risques de catastrophe entre les administrations et les différents niveaux de gouvernement. Ce responsable est appuyé par des équipes d’experts spécialisées dans l’analyse des risques critiques.
Leur travail doit notamment contribuer à hiérarchiser les investissements consacrés aux capacités de gestion des risques. Pour l’OCDE, cet aspect constitue un enjeu majeur. Si de nombreux pays disposent désormais d’évaluations nationales des risques, leur utilisation pour définir les priorités publiques, préparer les réponses aux crises ou orienter les investissements reste inégale.
Le dispositif marocain comprend également le développement d’un « National risk observatory ». Une équipe d’experts travaille à la mise en place de cet observatoire destiné à rassembler des données sur les différents aléas auprès de plusieurs organismes disposant d’une expertise scientifique.
L’objectif est de favoriser une lecture transversale des risques, conformément à l’approche « all hazards » défendue par l’OCDE. Celle-ci vise à prendre en compte non seulement les différents types de menaces, mais également leurs interactions et leurs éventuels effets en cascade sur les infrastructures, les services essentiels, les chaînes d’approvisionnement ou les finances publiques.
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Un dispositif inscrit dans le suivi des recommandations
Le rapport rappelle par ailleurs que le Maroc fait partie des pays ayant bénéficié d’une revue par les pairs de l’OCDE sur leurs politiques de gestion des risques depuis 2017, avec le Kazakhstan et la Colombie. Le Royaume a depuis assuré le suivi des recommandations formulées dans le cadre de cette revue, notamment à travers le « Morocco country program », destiné à renforcer ses capacités de gestion des risques de catastrophe.
L’OCDE relève que 20 des 27 répondants à son suivi disposent d’une institution ou d’un organisme central exerçant des fonctions liées à la gouvernance des risques critiques. Les modèles institutionnels restent toutefois différents selon les pays, les responsabilités pouvant être réparties entre ministères, agences spécialisées et collectivités territoriales.
Pour l’organisation, l’enjeu ne consiste pas uniquement à produire des données sur les risques, mais à les traduire en décisions publiques. Le cycle de gestion comprend ainsi l’évaluation, la prévention, la préparation, la réponse et le retour d’expérience.
Dans le cas marocain, la fonction de coordination, l’expertise consacrée à l’analyse des risques et le projet d’observatoire constituent plusieurs des composantes identifiées par l’OCDE. Leur articulation doit permettre de mieux intégrer les interdépendances entre risques et de renforcer la capacité des pouvoirs publics à anticiper les crises plutôt qu’à intervenir uniquement après leur survenue.
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