Législatives 2026 : que faut-il savoir avant de voter ?
Législatives 2026 au Maroc © LeBrief
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Les Marocains sont appelés aux urnes mercredi 23 septembre 2026 pour renouveler les 395 membres de la Chambre des représentants. À la veille du scrutin, 15,8 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales générales. Mode de scrutin, répartition des sièges, candidatures, horaires, pièces à présenter, vote des Marocains résidant à l’étranger et rôle de la future Chambre : voici les principaux repères à connaître avant de se rendre aux urnes.
Le scrutin législatif du 23 septembre constitue le douzième depuis l’indépendance du Maroc. La date a été fixée par le décret n°2.26.190 adopté en mars 2026. La campagne électorale, ouverte le 10 septembre, doit prendre fin à minuit mardi 22 septembre, soit quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote.
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15,8 millions d’électeurs inscrits
Le corps électoral définitif arrêté au 10 juillet 2026 compte précisément 15.801.162 électeurs. Selon les statistiques publiées par le portail officiel des listes électorales, les hommes représentent 54% des inscrits et les femmes 46%. La population électorale est par ailleurs répartie entre les milieux urbain et rural à hauteur respectivement de 55% et 45%.
La structure par âge montre une forte présence des générations les plus âgées. Les électeurs de 60 ans et plus représentent plus de 29% des inscrits. Les 35-44 ans et les 45-54 ans comptent chacun pour 21%, tandis que les 25-34 ans représentent 15%. Les jeunes de 18 à 24 ans ne constituent que 4% du corps électoral inscrit. Ces données décrivent la composition des listes électorales et ne préjugent pas de la participation effective le jour du scrutin.
L’inscription sur les listes électorales générales était également une condition préalable pour participer au vote. La période de révision exceptionnelle s’est déroulée du 15 mai au 10 juillet, sous la supervision de commissions administratives présidées par des magistrats. Les listes ont ensuite été arrêtées définitivement le 10 juillet.
Où et quand voter ?
Le scrutin aura lieu dans l’ensemble du territoire national mercredi 23 septembre. Les bureaux de vote seront ouverts de 8 heures à 19 heures. L’électeur est rattaché à un bureau déterminé en fonction de son inscription sur les listes électorales. Afin de connaître le bureau de vote dans lequel chaque électeur devra effectuer son vote, il suffit d’envoyer un SMS comportant le numéro de la Carte nationale d’identité au 2727.
Depuis le 24 août et jusqu’à la veille du scrutin, les autorités administratives locales ont par ailleurs procédé à la remise des avis informant les électeurs de l’emplacement de leur bureau. Mais cet avis n’est pas obligatoire pour pouvoir voter. Le ministère de l’Intérieur précise que la CNI constitue le document officiel unique requis pour justifier l’identité de l’électeur le jour du vote.
Le vote doit rester un acte individuel et secret. Parmi les nouvelles dispositions issues de la loi organique n°53.25 modifiant la loi organique n°27.11 figure notamment une règle destinée à mieux garantir le secret du vote ; l’électeur doit accomplir son choix dans un isoloir aménagé de manière à empêcher les personnes présentes dans le bureau ou les représentants des candidats de suivre son geste. Le dispositif vise également à éviter les comportements susceptibles de compromettre la confidentialité du bulletin.
Que vote-t-on exactement ?
Les électeurs ne choisissent pas directement les 395 députés à titre individuel. La Chambre des représentants est élue au suffrage universel direct au scrutin de liste, à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste, sans panachage ni vote préférentiel.
Sur les 395 sièges, 305 sont attribués dans les circonscriptions électorales locales et 90 dans les circonscriptions régionales. Les listes présentées dans les circonscriptions régionales sont réservées aux femmes. Une fois le nombre de sièges obtenu par chaque liste déterminé, les élus sont désignés selon l’ordre de classement des candidats figurant sur la liste concernée, conformément aux règles prévues par la loi.
Le mécanisme de répartition repose notamment sur le quotient électoral. Celui-ci est calculé dans chaque circonscription en divisant le nombre d’électeurs inscrits par le nombre de sièges à pourvoir. Les sièges qui ne sont pas attribués directement sont ensuite répartis selon la règle du plus fort reste. En cas d’égalité entre plusieurs listes, la législation prévoit des règles spécifiques de départage.
Pour l’électeur, cela signifie concrètement que le bulletin doit porter son choix sur une seule liste. Le système ne permet ni de sélectionner des candidats appartenant à plusieurs listes ni de modifier l’ordre des candidats.
Une compétition marquée par 1.850 listes
L’offre électorale est particulièrement large. Les données communiquées par le ministère de l’Intérieur font état de 1.850 listes de candidature déposées au niveau national, pour 7.288 candidatures, soit une moyenne de plus de 18 candidats par siège. Parmi elles, 1.615 listes ont été présentées dans les circonscriptions locales, avec 5.505 candidats et candidates. Les circonscriptions régionales comptent 235 listes, exclusivement féminines, regroupant 1.783 candidates. Au total, 2.658 candidatures féminines ont été enregistrées.
Le ministère de l’Intérieur indique également que 227 parlementaires en exercice ont présenté leur candidature pour ce scrutin. Deux listes de candidats sans appartenance politique ont, par ailleurs, été déposées dans deux circonscriptions locales.
Parmi les formations ayant présenté des listes dans les circonscriptions locales et régionales figurent notamment le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal, le Parti du progrès et du socialisme (PPS), le Parti de la justice et du développement (PJD), le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Mouvement populaire, le Parti de l’unité et de la démocratie, l’Union constitutionnelle et plusieurs autres formations. Le scrutin met donc en présence un éventail politique large, couvrant des sensibilités et des traditions partisanes différentes.
La campagne s’achève avant l’ouverture des urnes
La campagne électorale a débuté le 10 septembre et s’achève à minuit le 22 septembre. Elle est encadrée par la loi organique n°53.25, qui prévoit différentes règles concernant les moyens utilisés, les lieux de campagne, les rassemblements et les pratiques susceptibles de porter atteinte à la liberté de choix des électeurs. Le cadre juridique prévoit également des sanctions renforcées pour certains délits électoraux.
Dans les médias audiovisuels publics, les formations politiques ont été réparties en plusieurs groupes pour l’accès aux temps d’antenne, selon leur représentation parlementaire et leur situation politique. La répartition des créneaux a fait l’objet d’un tirage au sort supervisé par les autorités compétentes.
Pour le citoyen, une règle importante s’applique à quelques heures du scrutin ; une fois la campagne arrivée à son terme, les opérations de propagande électorale doivent cesser selon les horaires prévus par la loi.
Et pour les salariés ?
Le scrutin intervient un mercredi, ce qui pose une question pratique pour les personnes qui travaillent pendant les heures d’ouverture des bureaux. Le gouvernement a appelé les administrations, établissements et entreprises publics ainsi que les collectivités territoriales à accorder aux agents et fonctionnaires les facilités nécessaires pour leur permettre d’exercer leur droit de vote, sans perturber le fonctionnement normal des services. Les responsables du secteur privé ont également été invités à prendre les dispositions nécessaires afin de permettre aux salariés qui le souhaitent de se rendre aux urnes.
La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a de son côté appelé les entreprises à faire preuve de souplesse dans l’organisation du temps de travail le 23 septembre, notamment pour les salariés dont les horaires rendent difficile le déplacement vers leur bureau de vote.
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Quel dispositif pour les Marocains résidant à l’étranger ?
Les Marocains résidant à l’étranger inscrits sur les listes électorales générales peuvent exercer leur droit de vote par procuration. Le ministère de l’Intérieur avait ouvert une plateforme électronique dédiée à cette procédure du 24 août au 22 septembre à midi. Le mandant pouvait désigner un électeur inscrit au Maroc pour voter en son nom dans la commune ou l’arrondissement où ce dernier est inscrit.
La procédure prévoit que le document de procuration soit établi via les plateformes officielles prévues à cet effet, puis téléchargé et transmis au mandataire. Cette modalité constitue le seul dispositif prévu pour permettre aux électeurs marocains établis hors du territoire national d’exercer leur droit dans le cadre du scrutin de 2026.
Ce qui peut rendre un bulletin nul
Le fait de déposer un bulletin dans l’urne ne signifie pas automatiquement qu’il sera comptabilisé comme un suffrage valable. La loi organique relative à la Chambre des représentants prévoit plusieurs situations dans lesquelles le bulletin doit être annulé.
Sont notamment considérés comme nuls les bulletins portant un signe extérieur ou intérieur susceptible de compromettre le secret du vote, ceux qui comportent des inscriptions injurieuses envers des candidats ou des tiers, ainsi que ceux permettant d’identifier l’électeur. Sont également annulés les bulletins trouvés dans l’urne sans indication de vote et ceux sur lesquels le vote porte sur plusieurs listes ou plusieurs candidats différents. Les bulletins comportant un ou plusieurs noms rayés sont également concernés.
Le bulletin sans indication de vote, couramment assimilé au vote blanc, n’est attribué à aucune liste. La loi précise que les bulletins nuls n’entrent pas dans les résultats du scrutin. Ils sont séparés des bulletins valides et placés dans une enveloppe distincte. Autrement dit, un bulletin blanc ne participe pas au calcul des suffrages pris en compte pour la répartition des sièges.
La loi apporte toutefois une précision importante : lorsqu’un bulletin comporte plusieurs indications de vote mais que celles-ci concernent la même liste, il n’est pas automatiquement annulé. Il ne compte alors que pour un seul vote. En revanche, des indications portant sur plusieurs listes différentes rendent le bulletin nul.
Autre cas prévu par le texte, une marque peut dépasser le cadre réservé au symbole de la liste choisie sans entraîner nécessairement l’annulation du vote. Celui-ci reste valable tant que la marque n’empiète pas sur la case attribuée à une autre liste ou à un autre candidat.
Pour éviter toute ambiguïté, le choix le plus simple consiste donc à apposer une seule marque clairement identifiable dans la case correspondant à la liste choisie, sans ajouter d’inscription, de commentaire ou de signe permettant d’identifier le votant.
Comment se déroule le dépouillement ?
La fin du vote ne marque pas la fin de la procédure. Après la clôture du scrutin, les opérations de dépouillement et de recensement sont conduites au niveau des bureaux de vote, puis des bureaux centralisateurs et des commissions de recensement.
Le résultat du bureau de vote est rendu public par son président à l’issue du dépouillement et du recensement. Les bulletins nuls et les bulletins contestés sont placés dans une enveloppe distincte, scellée et signée par les membres du bureau. Les bulletins dits « non réglementaires » font l’objet d’une enveloppe séparée. Leurs motifs de classement sont mentionnés dans les documents électoraux.
À l’inverse, les bulletins reconnus valables et n’ayant fait l’objet d’aucune contestation sont incinérés devant les électeurs présents après le dépouillement, le recensement et la proclamation du résultat du bureau de vote.
Le procès-verbal constitue l’un des éléments centraux de la traçabilité du scrutin. Il est établi en trois exemplaires et signé par le président et les membres du bureau ou, selon l’étape concernée, par les membres de l’instance chargée du recensement. Des copies sont remises aux représentants des listes ou des candidats, et la loi leur reconnaît la même force probante que les exemplaires originaux.
Les résultats sont ensuite consolidés progressivement. Le bureau centralisateur additionne les résultats des bureaux de vote qui lui sont rattachés et en proclame le résultat. Les commissions de recensement au niveau des préfectures, provinces ou préfectures d’arrondissements procèdent à leur tour au recensement des suffrages et à la proclamation des résultats relevant de leur compétence.
Les documents électoraux sont conservés et transmis à différentes autorités, notamment au tribunal de première instance et à la Cour constitutionnelle, selon la nature des opérations concernées. Cette chaîne documentaire doit permettre de vérifier les résultats et de traiter d’éventuelles contestations.
Le contentieux électoral : que se passe-t-il en cas de contestation ?
La proclamation d’un résultat n’exclut pas l’existence de recours. La Constitution confie à la Cour constitutionnelle la compétence pour statuer sur la régularité de l’élection des membres du Parlement. La loi organique relative à la Chambre des représentants précise que les électeurs et les candidats intéressés peuvent contester devant cette juridiction certaines décisions prises par les bureaux de vote, les bureaux centralisateurs et les commissions de recensement.
Le contentieux ne signifie pas pour autant qu’un député proclamé élu cesse immédiatement d’exercer ses fonctions. La loi dispose que les représentants proclamés élus restent en fonction jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle prononce, le cas échéant, l’annulation de leur élection.
La nullité partielle ou totale d’une élection ne peut être prononcée que dans des cas déterminés par la loi, notamment lorsque l’élection n’a pas été réalisée selon les formes prescrites, lorsque le scrutin n’a pas été libre ou a été entaché de manœuvres frauduleuses, ou lorsqu’une incapacité légale ou judiciaire affecte un ou plusieurs élus.
Le processus électoral ne s’achève donc pas nécessairement au soir du 23 septembre. Des recours peuvent prolonger l’examen juridique des résultats. Lorsqu’une annulation partielle ou totale intervient, la loi prévoit, selon les circonstances, le remplacement d’un représentant ou l’organisation d’une élection partielle.
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Que se passe-t-il après le vote ?
Les premiers résultats doivent être annoncés à partir du 24 septembre par les autorités compétentes. Ils peuvent ensuite faire l’objet des procédures de contrôle et de contentieux prévues par la loi, notamment devant la Cour constitutionnelle.
Le renouvellement de la Chambre des représentants dépasse toutefois la seule composition de l’institution parlementaire. Selon l’article 70 de la Constitution, le Parlement exerce le pouvoir législatif, vote les lois, contrôle l’action du gouvernement et évalue les politiques publiques. La Chambre des représentants constitue donc l’une des principales institutions appelées à participer à la définition, au suivi et au contrôle de l’action publique.
Le scrutin a également une portée gouvernementale. L’article 47 de la Constitution prévoit que le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants, au vu des résultats du scrutin. La composition de la future majorité parlementaire sera ensuite déterminante dans la constitution du gouvernement.
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