Drapeau marocain déchiré : indignation et alerte politique
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Mohcine Idrissi Bouzidi a souligné, dans une déclaration à LeBrief, que « porter atteinte au drapeau marocain revient à porter atteinte à un symbole de la souveraineté de l’État et à la dignité du peuple ». Il a appelé à « respecter les symboles nationaux, quelle que soit l’ampleur des divergences politiques ». S’agissant de Sebta et Melilia, il a affirmé que leur situation actuelle « n’efface ni les réalités historiques ni géographiques », pas plus qu’elle ne remet en cause l’aspiration du Maroc à parachever son intégrité territoriale et à récupérer les deux villes par les moyens pacifiques et le dialogue.
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Le président du Conseil national de la jeunesse de l’Istiqlal a refusé d’étendre cette affaire à l’ensemble de la droite espagnole, distinguant « une droite démocratique attachée à l’État, aux institutions et à l’intérêt national » d’un extrémisme qui instrumentalise l’autre, le migrant et le voisin dans son discours politique. Il a indiqué que l’Istiqlal, « en tant que membre de l’Internationale du centre », « soutient le rôle de la diplomatie parallèle ainsi que le dialogue entre les partis et les jeunes pour faire face aux discours extrémistes et renforcer la compréhension entre les peuples marocain et espagnol ». Il a ajouté que « les relations entre les deux pays reposent sur un partenariat stratégique, des intérêts communs et des liens humains et géographiques profonds, et qu’il ne faut pas permettre aux voix extrémistes de les réduire à la provocation et à la haine ».
« Un comportement provocateur et une atteinte à la symbolique du drapeau »
Le Mouvement populaire a fermement condamné le déchirement du drapeau national marocain par des parties espagnoles, estimant que « ce comportement constitue une provocation et une atteinte à la symbolique du drapeau, qui incarne la souveraineté des États, la dignité des peuples et leur mémoire collective ».
Dans un communiqué dont LeBrief a reçu copie, le chef du parti a affirmé que ces actes n’affecteront pas la volonté du Maroc de préserver ses relations d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec l’Espagne. Il a toutefois insisté sur le fait que « la gestion par le Royaume de ses relations extérieures et de ses partenariats stratégiques, notamment dans les domaines économique et maritime ainsi que dans celui de la pêche maritime, relève de l’exercice plein de sa souveraineté et de ses décisions indépendantes ».
Le parti a estimé que de telles pratiques, qu’il a qualifiées de « résurgence d’une tendance coloniale du passé », ne servent les intérêts ni du peuple marocain ni du peuple espagnol et ne sont pas conformes à la nature des relations historiques, économiques et humaines qui unissent les deux pays.
Le Mouvement populaire a appelé les acteurs politiques espagnols à faire preuve de responsabilité et à privilégier le dialogue ainsi que le respect mutuel. Il a mis en garde contre les tentatives visant à raviver les tensions entre les deux pays, soulignant que l’amitié ne signifie pas renoncer à sa dignité et que le bon voisinage n’implique pas d’accepter l’humiliation, le dialogue devant pour sa part rester fondé sur la réciprocité et le respect mutuel.
De son côté, Noufal Bouamri, président de l’Organisation marocaine des droits humains, a déclaré que « les parties qui incitent à la haine contre les migrants et justifient les agressions à leur encontre sont les mêmes qui ciblent les symboles nationaux marocains ». Il a estimé que « le fondement de ces pratiques est le même » et qu’elles s’inscrivent dans un contexte visant à créer un climat hostile à l’autre, sur fond de manifestations organisées dans plusieurs villes espagnoles avec la participation de l’extrême droite.
Dans une déclaration à LeBrief, Noufal Bouamri a précisé que le déchirement du drapeau marocain et les slogans racistes et discriminatoires scandés lors de ces manifestations ne sauraient être considérés comme un simple acte de protestation ou un incident isolé. Il s’agit, selon lui, « d’un indicateur de la montée du discours de haine et du racisme visant les Marocains, leurs citoyens, leurs symboles et leur identité ».
Le responsable a ajouté que l’affaire « a dépassé la réaction aux opérations de passage enregistrées à Sebta et Melilia pour se transformer en comportement politique », affirmant que « la lutte contre ces pratiques s’inscrit dans une approche fondée sur les droits humains, opposée aux discours de haine, à la discrimination et au racisme interdits par les conventions internationales relatives aux droits de l’homme ».
Plusieurs manifestants appartenant à Democracia Nacional, un mouvement espagnol classé à l’extrême droite, avaient organisé à Sebta des protestations contre les migrants marocains, avant que certains d’entre eux ne déchirent le drapeau marocain.
Plusieurs organisations civiles et politiques ont par ailleurs dénoncé l’incendie du drapeau marocain par des membres présumés de Democracia Nacional, une formation espagnole d’extrême droite, estimant que cet acte dépassait le cadre de la liberté d’expression pour relever de « l’incitation à la haine » contre le Maroc et les Marocains.
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