Viande ovine : les prix restent au plus haut
Viande ovine : les prix restent au plus haut © DR
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Les prix de la viande ovine restent à des niveaux élevés sur le marché marocain, avec un kilogramme vendu autour de 180 dirhams au détail. Cette situation, attribuée notamment au recul de l’offre nationale, alimente les inquiétudes des professionnels quant aux perspectives d’une baisse rapide des prix.
Selon Hicham El Jouarbi, secrétaire régional des commerçants de viandes rouges en gros dans la région de Casablanca, le prix de la viande ovine atteint actuellement environ 130 dirhams le kilogramme sur le marché de gros, rapporte le média Hespress. Il estime que la réouverture des importations de moutons depuis l’Espagne n’a pas encore produit d’effet significatif sur les prix, en raison notamment du faible rythme des importations.
Le professionnel explique cette situation par le niveau élevé des prix des ovins sur le marché espagnol, proche, selon lui, de celui observé au Maroc. Dans ce contexte, il appelle les pouvoirs publics à envisager la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée appliquée à l’importation des ovins. Une telle mesure pourrait, d’après ses estimations, contribuer à réduire le prix de la viande d’environ 10 dirhams par kilogramme.
Hicham El Jouarbi juge par ailleurs que les différentes mesures adoptées par le gouvernement pour stabiliser le marché des viandes rouges n’ont pas encore produit de résultats tangibles. Il plaide notamment pour un renforcement des mesures visant à préserver le cheptel national.
Il demande ainsi le rétablissement et l’application stricte de l’interdiction d’abattage des femelles ovines. Selon lui, plusieurs centaines de brebis seraient encore abattues quotidiennement dans les abattoirs marocains. À Casablanca, il avance le chiffre d’environ 4.000 ovins abattus chaque semaine, dont une part importante serait constituée de femelles. Ces chiffres relèvent toutefois des estimations avancées par le professionnel et ne sont pas accompagnés, dans les éléments disponibles, de données officielles.
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Au moins trois ans pour retrouver une situation favorable
Pour Bouazza El Kharrati, président de la Fédération nationale de protection du consommateur, le niveau actuel des prix est principalement lié à la faiblesse de l’offre. Il estime, selon Hespress, que la reconstitution du cheptel national nécessitera du temps, évoquant un délai d’au moins trois ans pour retrouver une situation plus favorable.
Le responsable associatif attribue notamment l’affaiblissement du cheptel aux effets des années de sécheresse, tout en évoquant l’influence des conditions du marché international et des contraintes environnementales pesant sur les producteurs.
À court terme, une détente durable des prix apparaît donc difficile sans amélioration de l’offre. Les professionnels appellent ainsi à renforcer le soutien aux éleveurs et aux agriculteurs afin d’accélérer la reconstitution du cheptel et de rétablir progressivement l’équilibre du marché.
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