Législatives 2026 : les femmes gagnent du terrain, mais le chemin reste long
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Les élections législatives du 23 septembre 2026 constituent une nouvelle étape dans l’évolution de la représentation des femmes au sein de la vie politique. La principale nouveauté concerne les listes régionales. Pour la première fois, les 90 sièges attribués à ces circonscriptions sont exclusivement réservés aux femmes. Cette mesure assure ainsi un seuil minimal de 22,8% de députées à la Chambre, avant même de prendre en compte les résultats des circonscriptions locales.
Un dispositif régional entièrement féminin
La réforme s’inscrit dans la continuité de la loi organique n°53.25, qui modifie la loi organique n°27.11 relative à la Chambre des représentants. Elle approfondit le système instauré en 2021, lorsque l’ancienne circonscription nationale de 90 sièges avait été remplacée par douze circonscriptions régionales.
Les 90 sièges régionaux sont répartis en fonction du poids démographique des territoires. Casablanca-Settat dispose de 12 sièges, suivie de Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi avec dix sièges chacune. Tanger-Tétouan-Al Hoceïma en compte huit, tandis que les autres régions disposent de trois à sept sièges.
Le vote repose sur deux bulletins. Le premier concerne les 305 sièges des circonscriptions locales, tandis que le second est consacré aux listes régionales féminines. En parallèle, les pouvoirs publics ont renforcé les mécanismes d’accompagnement financier et logistique, notamment à travers le Fonds de soutien à la représentativité des femmes et des incitations destinées aux candidates de moins de 35 ans.
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La région de Casablanca-Settat occupe une place particulière dans cette compétition. Elle compte seize circonscriptions locales et dispose de la plus importante circonscription régionale avec douze sièges. Son poids démographique, économique et politique en fait un territoire particulièrement convoité par les partis. En 2021, onze formations différentes avaient obtenu un mandat régional dans la région.
Plusieurs personnalités féminines y sont engagées. Le RNI a choisi Nabila Rmili pour conduire sa liste régionale, tandis que le PAM mise sur Malika Mzour et le PPS sur Dalila Loudiyi. Le PJD présente pour sa part l’actrice Fatima Ouchaye. Ces choix illustrent des stratégies différentes, allant de l’ancrage institutionnel à l’ouverture vers des personnalités issues de la société civile ou du monde culturel.
Nabila Rmili, présidente du Conseil de la ville de Casablanca, cherche notamment à s’appuyer sur son bilan municipal. Son discours met en avant les infrastructures, la mobilité durable, l’extension du tramway et le projet de RER métropolitain, avec l’ambition de faire du Parlement un relais pour les grands projets urbains.
Les circonscriptions locales restent largement masculines
Cette avancée régionale contraste toutefois avec la situation dans les circonscriptions locales. Sur les 305 sièges concernés, seulement 33 femmes ont été investies en tête de listes, soit un peu plus de 10% de l’offre électorale territoriale.
Le PPS arrive en tête avec neuf candidates, devant le PAM avec sept et l’Alliance de la gauche avec cinq. Le RNI et l’USFP en comptent chacun quatre, l’Istiqlal deux et le Mouvement populaire une.
Le contraste entre les partis est révélateur. Les formations de gauche affichent une volonté plus marquée de présenter des femmes dans des confrontations électorales directes. Le PAM suit également cette tendance. En revanche, le RNI et l’Istiqlal concentrent davantage leurs candidates sur les listes régionales. Le mécanisme des quotas pourrait ainsi avoir pour effet indirect de réduire la pression exercée sur les partis pour féminiser les circonscriptions locales.
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Certaines figures choisissent néanmoins de se confronter directement aux électeurs. Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech, se présente à Sidi Youssef Ben Ali. Son choix traduit une volonté d’assumer directement la compétition locale et de défendre le bilan de son département ministériel.
À Casablanca-Anfa, Najwa Koukouss, cadre du PAM et députée sortante, incarne une nouvelle génération de responsables politiques féminines. Son programme met notamment l’accent sur la transparence, la moralisation de l’action publique et la redynamisation de l’économie urbaine.
D’autres parcours illustrent la diversité des positionnements. Aâtimad Zahidi, ancienne cadre du PJD devenue candidate du RNI, défend une approche fondée sur l’efficacité administrative et le développement des infrastructures sociales. À gauche, Nabila Mounib porte un discours axé sur la souveraineté économique, la défense de l’école et de l’hôpital publics et la critique des politiques libérales.
La question du financement des investitures
La progression numérique des femmes n’évacue pas les critiques concernant leur mode de sélection. Dans un communiqué publié le 30 août 2026, l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) a dénoncé les conditions d’investiture et alerté sur une possible marchandisation des accréditations. Des militantes féministes, dont Khadija Rebbah, évoquent notamment le poids des capacités financières dans l’accès aux têtes de listes.
Cette situation est qualifiée de « féminisation des notables ». Elle risque, selon cette analyse, de reproduire chez les femmes les mécanismes clientélistes traditionnellement associés à certaines élites politiques masculines, en favorisant les candidates disposant de ressources financières importantes au détriment des profils issus du militantisme associatif, universitaire ou civique.
Le scrutin de 2026 marque donc une avancée importante en matière de représentation féminine. La réservation des 90 sièges régionaux garantit une présence minimale des femmes au Parlement. Mais cette progression demeure confrontée à un plafond de verre dans les circonscriptions locales, où les candidatures féminines en première position restent minoritaires.
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