Cover chronique HARMONIE
Anass Hajoui Publié le 20/08/26 à 10:38
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Tout, tout de suite

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Lors d’un récent recrutement, plusieurs candidats avaient été sélectionnés et convoqués pour un entretien. À peine 45% se sont finalement présentés. Pas 45% retenus. 45% présents au rendez-vous.

Ce chiffre ne permet évidemment pas de juger toute une génération, mais il interpelle sur un rapport au travail qui évolue. Beaucoup de jeunes veulent aujourd’hui accéder rapidement à un bon salaire, une voiture, un appartement, voyager et profiter de la vie. Ils ont raison d’être ambitieux et de vouloir vivre mieux que les générations précédentes.

Le problème commence lorsque l’ambition se détache de l’effort nécessaire pour la réaliser.

Notre époque montre beaucoup le résultat et très peu le chemin. Les réseaux sociaux exposent la réussite, rarement les années nécessaires pour l’atteindre. On voit l’entrepreneur qui a réussi, le cadre bien installé, la voiture, les voyages ou l’appartement. Beaucoup moins les débuts difficiles, les refus, les erreurs, les longues journées et les sacrifices.

À force de ne voir que l’arrivée, on finit parfois par oublier le trajet.

Le monde du travail doit aussi évoluer. Les entreprises doivent mieux rémunérer les compétences, offrir de vraies perspectives et comprendre qu’une nouvelle génération n’accepte plus certaines pratiques autrefois considérées comme normales. C’est une évolution saine.

Mais vouloir de meilleures conditions n’empêche pas d’honorer un entretien, d’arriver à l’heure, d’apprendre, de faire ses preuves et d’accepter que certaines étapes prennent du temps.

L’ambition est un moteur formidable. L’impatience peut devenir son pire ennemi.

Vouloir réussir vite est légitime.

Croire que l’on peut réussir sans effort l’est beaucoup moins.

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