L’écrivain, poète et critique Mohamed Serghini n’est plus

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L’écrivain, poète et critique Mohamed Serghini est décédé à 96 ansL’écrivain, poète et critique Mohamed Serghini est décédé à 96 ans © DR

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L’écrivain, poète et critique Mohamed Serghini est décédé vendredi, à l’âge de 96 ans, des suites d’une longue maladie, a-t-on appris auprès de ses proches.

Né à Fès en 1930, le défunt comptait parmi les grandes figures intellectuelles et littéraires du Maroc et du monde arabe. Pendant plusieurs décennies, il a contribué à l’essor de la modernité poétique et critique, laissant derrière lui une œuvre riche et foisonnante, à la croisée de la poésie, de la critique, de la traduction, des études sémiotiques et philosophiques, ainsi que du roman et du théâtre.

Mohamed Serghini laisse une importante œuvre littéraire, comprenant notamment plusieurs recueils de poésie, dont Tahta Al-Anqadh, Faouqa Al-Anqadh (Sous les ruines, au-dessus des ruines), qui lui a valu le Prix du Maroc du Livre dans la catégorie poésie.

Le défunt a également enrichi les bibliothèques marocaine et arabe par des contributions remarquées dans les domaines de la critique et de la pensée, parmi lesquelles Conférences de sémiologie (1987), ainsi qu’une étude et une traduction consacrées à la poétique de Salah Stita. Il est également l’auteur du roman Je t’ai trouvé dans cet archipel (1992) et de la pièce de théâtre La chanson du train fantôme (1986).

L’expérience poétique de Mohamed Serghini se distinguait par son originalité et sa singularité, ainsi que par une volonté de s’affranchir des sentiers battus et des formes conventionnelles. Elle reposait sur une interaction profonde entre la sensibilité soufie et l’horizon de la modernité, dans une quête permanente de nouvelles formes et visions de l’expression poétique. Cette démarche a conféré à son œuvre une place de choix dans le paysage poétique marocain et arabe et suscité l’intérêt des critiques et des chercheurs au Maroc comme à l’étranger.

Ce parcours créatif a été couronné par l’obtention, en 2004, du Prix international de poésie Argana, faisant de Mohamed Serghini l’un des premiers lauréats de cette distinction décernée par la Maison de la poésie au Maroc.

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Une figure culturelle et intellectuelle singulière

Mohamed Serghini n’était pas seulement poète. Il incarnait une figure culturelle et intellectuelle singulière, réunissant une solide formation académique, un intérêt marqué pour la critique et la philosophie, une profonde sensibilité soufie et une imagination poétique résolument moderne. Autant d’éléments qui ont fait de lui l’une des figures influentes de la poésie marocaine contemporaine et de la formation de générations de chercheurs et d’universitaires.

Le défunt a effectué à Fès ses premières études, imprégné par le riche environnement culturel et scientifique de la cité, avant de poursuivre son parcours académique à l’Université Al Quaraouiyine. Il s’est ensuite rendu au Machreq, où il a obtenu une licence ès lettres à l’Université de Bagdad en 1959.

De retour au Maroc, il a poursuivi sa formation universitaire et obtenu un diplôme de littérature comparée à l’Université Mohammed V de Rabat en 1963, avant de décrocher un doctorat de troisième cycle en 1970, puis un doctorat d’État à la Sorbonne, à Paris, en 1985.

Parallèlement à sa contribution à la création littéraire et à la pensée, le défunt a joué un rôle important dans l’enseignement universitaire et la formation de générations d’étudiants. Il a rejoint, au début des années 1960, la Faculté des lettres et des sciences humaines de Fès en tant qu’enseignant, où il s’est consacré à la recherche et à l’encadrement académique, avant d’occuper le poste de vice-doyen de la faculté de 1986 à 1991.

L’impact de Mohamed Serghini ne se limite pas aux recueils, études et œuvres littéraires qu’il a laissés. Il s’est également étendu à plusieurs générations d’étudiants et de chercheurs auxquels il a transmis les outils de la connaissance critique et de la recherche académique, contribuant ainsi à la continuité de l’école marocaine de poésie et de critique.

Avec sa disparition, le Maroc perd l’une des figures majeures de son mouvement poétique et intellectuel contemporain, tandis que la scène culturelle arabe perd un poète, un critique et un penseur qui, pendant des décennies, est resté fidèle à son engagement en faveur du renouvellement et de la quête de nouveaux horizons pour la poésie et la pensée. Son œuvre demeure le témoignage d’un parcours créatif et intellectuel exceptionnel, ayant profondément marqué la mémoire littéraire marocaine et arabe.

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