Le Maroc reste-t-il un pilier des agrumes en Europe ?

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Pourquoi les agrumes marocains reculent-ils en Europe ?Agrumes © DR

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Le Maroc continue d’occuper une place stratégique sur le marché européen des agrumes. Si les exportations vers l’Union européenne ont enregistré un repli lors de la campagne 2025/2026, le Royaume demeure l’un des principaux fournisseurs de fruits frais des pays européens. Les dernières données publiées dans un rapport espagnol montrent toutefois une évolution contrastée, entre baisse des volumes expédiés et progression de la valeur des échanges.

Les échanges d’agrumes entre le Maroc et l’Union européenne restent au cœur des équilibres du marché méditerranéen. Face à des producteurs historiques comme l’Espagne, mais aussi à la montée en puissance de pays tels que l’Afrique du Sud, l’Égypte ou encore la Turquie, le Royaume conserve une position de premier plan dans l’approvisionnement européen.

Le rapport sur la campagne agrumicole 2025/2026 publié par les autorités de la Communauté valencienne dresse un état des lieux détaillé des importations européennes. Les chiffres montrent que, malgré un recul des volumes au cours de la campagne en cours, le Maroc figure toujours parmi les principaux partenaires commerciaux de l’Union européenne et continue d’afficher des performances notables sur plusieurs segments.

Lire aussi : Fruits rouges, agrumes et olivier : les moteurs de la campagne agricole marocaine 2025/2026

Le Maroc parmi les principaux fournisseurs de l’Union européenne

Les statistiques du rapport confirment que le Maroc reste un acteur incontournable des importations européennes d’agrumes. En 2025, les États membres de l’Union européenne ont importé près de 6,74 millions de tonnes d’agrumes. Les deux tiers de ces volumes proviennent des échanges entre pays membres, tandis qu’un tiers est issu des pays tiers.

Parmi ces fournisseurs extérieurs, l’Afrique du Sud domine largement le marché avec plus de 970.000 tonnes exportées vers l’Union européenne, suivie par l’Égypte et la Turquie. Le Maroc occupe la quatrième position avec près de 152.000 tonnes, représentant 6,7% des importations européennes provenant des pays hors UE.

Cette performance confirme la place acquise par le Royaume au fil des années grâce à la diversification de son offre, à la proximité géographique avec le marché européen et à la compétitivité de ses filières de production.

Une hausse de la valeur des exportations malgré des volumes en baisse

Si les volumes exportés ont connu une évolution irrégulière, la valeur des ventes marocaines a progressé au cours de l’année 2025.

Le rapport indique que les exportations marocaines d’agrumes vers l’Union européenne ont généré 171,7 millions d’euros, contre un peu plus de 123 millions d’euros en 2024, soit une progression significative de la valeur des échanges.

Cette évolution illustre une amélioration de la valorisation des produits marocains sur le marché européen, même si les quantités expédiées restent inférieures à celles observées chez certains concurrents.

En parallèle, les données historiques montrent que les volumes marocains ont fluctué ces dernières années. Après avoir atteint plus de 175.000 tonnes en 2021, les exportations ont reculé avant de repartir à la hausse en 2025, signe d’un marché particulièrement sensible aux conditions climatiques, aux calendriers de production et à la concurrence internationale.

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La campagne 2025/2026 marque un ralentissement

Les chiffres couvrant la campagne 2025/2026 (de septembre 2025 à mai 2026) mettent toutefois en évidence un essoufflement des exportations marocaines.

Durant cette période, l’Union européenne a importé environ 121.000 tonnes d’agrumes marocains, contre près de 160.000 tonnes un an auparavant. Cette baisse représente environ 38.800 tonnes de moins que lors de la campagne précédente.

Le document souligne que les importations européennes en provenance du Maroc représentent 8,1% des achats réalisés auprès des pays tiers durant cette campagne. Dans le même temps, plusieurs concurrents ont renforcé leur présence sur le marché européen.

L’Afrique du Sud a enregistré une progression importante de ses expéditions, tout comme l’Égypte, Israël, le Brésil ou encore l’Argentine. Ces évolutions traduisent un renforcement de la concurrence sur un marché où les équilibres changent rapidement selon les récoltes et les disponibilités de chaque pays.

Le segment des oranges confirme les difficultés rencontrées

Le rapport s’intéresse également au marché spécifique des oranges, principale catégorie échangée entre les pays producteurs et l’Union européenne.

Les importations européennes d’oranges en provenance du Maroc ont fortement diminué au cours de la campagne 2025/2026. Entre septembre 2025 et juin 2026, elles se sont établies à 6.614 tonnes, contre 13.507 tonnes un an auparavant, soit un recul d’environ 51%.

À l’inverse, l’Égypte poursuit sa progression sur ce segment avec plus de 416.000 tonnes exportées vers l’Union européenne, tandis que l’Afrique du Sud reste le premier fournisseur d’oranges du marché européen.

Le rapport présente également les données mensuelles des importations marocaines d’agrumes ainsi que leur comparaison avec les exportations espagnoles. Ces tableaux montrent que les flux marocains restent concentrés sur plusieurs mois de la campagne, mais demeurent très inférieurs aux volumes exportés par l’Espagne vers le marché communautaire.

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Un partenaire toujours incontournable

Malgré le ralentissement observé durant la campagne 2025/2026, le Maroc conserve une place de choix dans les échanges d’agrumes avec l’Union européenne. Les données du rapport montrent que le Royaume figure toujours parmi les principaux fournisseurs du marché européen, même si la concurrence de l’Afrique du Sud, de l’Égypte et de la Turquie s’intensifie.

L’évolution favorable de la valeur des exportations traduit également la capacité des agrumes marocains à préserver leur attractivité auprès des consommateurs européens. Les prochaines campagnes permettront de mesurer si le recul des volumes constitue une situation conjoncturelle liée aux conditions de production ou le début d’une nouvelle phase de concurrence accrue sur le marché européen.

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