VIDEO – Jazzablanca 2026 : interview exclusive avec Tchubi
Le rappeur marocain Tchubi au Jazzablanca 2026 © Ayoub Jouadi / LeBrief
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Pour Tchubi, de son vrai nom Hamza Ben Ali, monter sur la scène de Jazzablanca représente bien plus qu’un simple concert. Le rappeur se souvient avoir découvert le festival en 2019, en tant que spectateur. Quelques années plus tard, il y joue à son tour.
« Ça fait plaisir. Déjà, Jazzablanca, je l’ai découvert en 2019 quand j’ai vu la première scène du festival. Du coup, ça fait plaisir d’être reconnu à Jazzablanca et d’y jouer. Même si on espérait une plus grande scène, sincèrement », confie-t-il avec franchise.
Au-delà de sa satisfaction personnelle, l’artiste y voit un symbole pour toute une génération de musiciens. « Ça fait plaisir d’être l’un des premiers rappeurs marocains à jouer à Jazzablanca ».
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Pour lui, cette présence envoie un message fort au public. « Le rap a toujours été une musique de musiciens. Il a toujours été un art à respecter. On est là pour prouver que le rap est un art qui se vaut. C’est la musique des jeunes aujourd’hui ».
Cette reconnaissance dans un festival historiquement tourné vers le jazz et les musiques du monde témoigne, selon lui, de l’évolution du regard porté sur le hip-hop marocain.
Un nouvel album en préparation
Impossible d’évoquer Tchubi sans parler de Diary of a Dead Man, son précédent projet qui a marqué son public.
Interrogé sur ce titre énigmatique, il rappelle qu’il s’agissait avant tout d’une métaphore.
« Diary of a Dead Man, c’était l’histoire de quelqu’un qui mourait. C’est métaphorique. C’était une phase. Mais aujourd’hui, ce qui est le plus important, c’est que le prochain album arrive. C’est un tout nouveau projet ».
L’artiste préfère d’ailleurs regarder vers l’avenir plutôt que vers son précédent opus. Ce nouvel album, encore gardé secret, devrait ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière.
Autre évolution annoncée : la place grandissante de la darija dans ses textes.
« J’ai commencé à écrire en français. J’écrivais des articles, des nouvelles. Le français est venu naturellement. Mais au cours des quatre dernières années, j’ai décidé d’écrire davantage en darija. Je trouve que je fais un bon travail en alliant les deux. Mais ce que je peux promettre, c’est que dans le prochain album, il y aura plus de darija que de français ».
Un choix artistique qui traduit sa volonté de rester fidèle à ses racines tout en conservant une écriture personnelle.
Écrire pour partager ses blessures
Si les morceaux de Tchubi séduisent autant, c’est aussi parce qu’ils abordent des thèmes intimes. L’artiste revendique une musique qui dépasse le simple divertissement.
« La musique, ce n’est pas seulement fait pour faire la fête. Des fois, elle te fait réfléchir. Des fois, elle te permet de te sentir écouté ».
Le rappeur explique être particulièrement touché lorsque son public se reconnaît dans ses chansons.
« Ça me fait plaisir que tellement de gens comprennent mon message. À la limite, ils partagent les mêmes expériences. Dans We Meet Again, par exemple, je parle beaucoup d’amour et d’une rupture amoureuse. Ça fait chaud au cœur de voir que des gens vivent les mêmes choses ».
Son objectif est de donner une voix à ceux qui peinent parfois à exprimer leurs émotions.
« J’aimerais que les personnes qui m’écoutent aient l’impression que je parle à leur place. Comme j’écris, notamment sur We Meet Again, ce sont des choses que tu ne peux pas forcément dire à quelqu’un. Ça fait tellement plaisir de partager mes traumas avec d’autres ».
Une démarche qu’il décrit presque comme une forme de catharsis.
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Le choix du live et la discrétion assumée
À Jazzablanca, Tchubi a également souhaité proposer un spectacle enrichi par de vrais musiciens.
« Aujourd’hui, ce n’est pas un orchestre, mais on a ajouté deux musiciens : Guillaume à la trompette et Simon aux percussions. Il y aura une nouvelle version de Off My Mind, une version salsa qu’on a spécialement travaillée ».
Selon lui, cette approche est née naturellement.
« L’idée de la live session est venue très naturellement parce que l’album était très inspiré du jazz réel et du sampling. Ramener des musiciens, c’était logique pour moi ».
Pour autant, il refuse d’opposer cette formule aux performances plus classiques des rappeurs.
« Je n’ai rien contre les rappeurs qui jouent en playback. Si tu ramènes de l’énergie au public, pourquoi pas ? ».
En dehors de la scène, Tchubi reste un artiste discret. Peu actif sur les réseaux sociaux, il reconnaît avoir consacré les deux dernières années presque exclusivement à son prochain projet.
« Je travaillais sur mon album. C’est pour ça que je n’étais pas vraiment dans les médias et que je ne faisais pas beaucoup de stories. Je n’ai pas la force de faire de belles stories, mais je travaille sur mon album ».
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Enfin, interrogé sur ce que penserait le Hamza de 14 ans, âge auquel il produisait déjà ses premières instrumentales, en le voyant aujourd’hui partager l’affiche avec des artistes internationaux, il répond avec humour : « Comment tu as fait ça, bâtard ? ».
Puis il retrouve son sérieux.
« Tu apprends beaucoup de choses sur ton parcours. Tu changes, tu perds des gens, tu en gagnes d’autres. Tu apprends sur la musique. Je pense que le Hamza de 14 ans serait fier. Mais il sera encore plus fier quand le prochain album sortira ».
Une conclusion qui résume parfaitement l’état d’esprit de Tchubi : savourer le chemin parcouru, sans jamais perdre de vue l’étape suivante.
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