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Hafid El Jaï Publié le 22/06/26 à 12:19
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Le silence vote

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La semaine dernière, la Chambre des conseillers a rejeté deux propositions de loi portées par l’opposition syndicale. Il s’agit de deux textes en gestation depuis 2022, portant sur le plafonnement des prix des carburants et sur la nationalisation de la Samir. Personne n’était vraiment surpris du vote.

Le gouvernement sortant a sa ligne. Libérale, assumée, constante depuis l’installation de la coalition. Même si la libéralisation des carburants date de 2015 quand le PJD était aux commandes. Mais c’est l’exécutif actuel qui en gère l’héritage, à la pompe comme au Parlement. Mardi dernier, la 2e Chambre n’a pas inventé une doctrine. Elle l’a confirmée.

Passons à ce qui, lui, mérite qu’on s’y attarde. La Samir, la raffinerie de Mohammedia tourne en rond depuis dix ans dans les prétoires. Contentieux, procédures, dossiers qui grossissent sans se résoudre. La nationalisation revient périodiquement – soulevée, ajournée, enterrée, ressuscitée – comme une question à laquelle le pays n’a jamais décidé de répondre vraiment.

L’USFP a surpris par une position étonnante. Le parti de la rose n’a pas voté « non ». Il s’est abstenu. Et il s’en explique, longuement, dans un texte publié sur son site officiel : l’abstention ne serait ni neutralité ni acquiescement tacite, mais « position politique à part entière ». Selon les socialistes, leur abstention témoigne de leur refus de cautionner une mise en scène dont l’issue était connue d’avance, refus d’offrir à la majorité le bénéfice d’une opposition qui viendrait habiller un débat déjà tranché.

Argument recevable. Les USFPéistes ont même raison sur un point central : cette majorité gouvernementale est écrasante avec une concentration inédite des centres de décision. Ce que les deux textes sur la Samir et les carburants ont illustré, une fois de plus, c’est que le résultat d’un vote parlementaire est souvent écrit avant que la séance s’ouvre.

Mais les autres composantes de l’opposition attendaient un vote solidaire. Elles ont eu une chaise vide. Et la fracture discrète, sans éclat, entre des partis qui partagent le même banc est là, visible pour qui veut la voir. On peut comprendre la logique de l’USFP. On peut aussi se demander si refuser de participer à un théâtre suffit à en sortir. Voter « non » en sachant qu’on perdra, c’est parfois la seule façon de laisser une trace dans le compte rendu. Pas pour changer le résultat. Pour qu’il soit noté. Surtout, que l’historique du parti socialiste n’est pas reluisant pendant l’actuelle législature avec la douloureuse séquence de la motion de censure avortée.

29 voix contre 10. La raffinerie reste à l’arrêt. Les prix des carburants restent déplafonnés. Et la Chambre des conseillers, chambre de réflexion, de contrepoids institutionnel et de représentation des forces vives de la Nation de par sa composition socio-économique, a rendu son verdict avec la sobriété mathématique des verdicts sans appel. Le reste appartient au silence.

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